Né en 1910 au Caire, mort en 1994, Michel Fardoulis-Lagrange a toujours été, pour reprendre les termes de Patrick Kéchichian dans Le Monde, un écrivain secret : "Loin d'être l'expression d'une coquetterie, d'une pose sociale ou psychologique, le secret était le coeur de son oeuvre et sans doute de sa vocation. Il le portait aussi, avec une singulière intensité, sur son visage et dans son regard." Salué par de grands contemporains, Artaud, Bataille, Eluard, Henein, Jacob ou Leiris, Fardoulis-Lagrange publiera entre 1942 et 1992 une quinzaine de livres. Robert Lebel, dans la première édition (Soleil Noir, 1969), présentait en ces termes ce témoignage si curieux de la rencontre de Georges Bataille et de la profonde amitié et complicité qui lia les deux écrivains à partir de 1942 : "Quelques rares personnages hors mesure ont eu si fortement le goût du secret qu'on peut difficilement se permettre de prononcer leur nom et encore moins d'en faire le titre d'un livre. Ainsi s'explique et se justifie la discrétion de Prosper Mérimée lorsqu'il publia son "H. B." après la mort de Stendhal, ou de Baudelaire qui, dans "Le peintre de la Vie Moderne", se borne à désigner Constantin Guys d'un énigmatique M. G., ou de Jean Paulhan qui intitula son étude sur Félix Fénéon "E E. ou le critique". Qui mérite mieux que Georges Bataille le droit d'accéder à cette galerie de portraits anonymes ? Mais Michel Fardoulis-Lagrange, tout en se montrant plus allusif encore que les auteurs précités, réussit néanmoins à rendre son modèle physiquement reconnaissable et à restituer le climat de conjuration qu'il imposait autour de lui". A la fin du volume figure une brève chronologie (1936-1951) des événements qui entourèrent cette rencontre.
Nombre de pages
97
Date de parution
30/03/1996
Poids
85g
Largeur
120mm
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EAN
9782714305787
Titre
G.B. ou un ami présomptueux
Auteur
Fardoulis-Lagrange Michel
Editeur
CORTI
Largeur
120
Poids
85
Date de parution
19960330
Nombre de pages
97,00 €
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Chaque grand écrivain, disait Marcel Proust, écrit dans une langue étrangère. Dans la postérité du Texte inconnu (Editions de Minuit, 1948) et de L'Observance du Même, (Puyraimond, 1978), Michel Fardoulis-Lagrange poursuit avec L'Inachèvement, une expérience de la factualité ontologique du Logos menant à l'évidence sensible autant qu'à l'abstraction, au sens kandinskien. Il y a dans cette oeuvre en suspens indéfini, ouverte à maint éclairage ainsi qu'aux ombres de l'élucidation, un enjeu insondable : quand le Neutre, signe troué de l'être, appelle l'effacement de la lumière du grand midi à travers les hauts faits de l'apparence en son clair-obscur légendaire. Hubert Haddad.
Né en 1910 au Caire, mort en 1994, Michel Fardoulis-Lagrange a toujours été, pour reprendre les termes de Patrick Kéchichian dans Le Monde, un écrivain secret : "Loin d'être l'expression d'une coquetterie, d'une pose sociale ou psychologique, le secret était le coeur de son oeuvre et sans doute de sa vocation. Il le portait aussi, avec une singulière intensité, sur son visage et dans son regard." Salué par de grands contemporains, Artaud, Bataille, Eluard, Henein, Jacob ou Leiris, Fardoulis-Lagrange publiera entre 1942 et 1992 une quinzaine de livres. A l'instar du Texte inconnu (Minuit, 1948), Michel Fardoulis-Lagrange prévoyait dès 1986 la publication des Enfants d'Edom. Aussi ce recueil réunit-il diverses nouvelles parues entre 1943 et 1993, en revues ou en plaquettes à tirage restreint, auxquelles cinq textes inédits sont adjoints. Pour Michel Fardoulis-Lagrange, le travail sur un texte s'achevait avec sa publication, sans quoi celui-ci était souvent repris, même à des années d'intervalle, s'épurant, tout en s'enrichissant de considérations atemporelles, "jusqu'à ce que le récit éclate et nous recouvre tous", les textes prenant alors, au cours des ans, des dimensions cosmiques. Dès Péristyle, qui ouvre le recueil, le ton est donné : "Pendant quelque temps la génisse qui fut aussi une aïeule flotta sur le fleuve ; puis des années passèrent sans qu'elle regagnât la surface, sensible parfois dans la profondeur de l'eau aux yeux amnésiques de son gardien." Nous avons passé le pont et reconnaissons instantanément l'étrangeté et la singularité du style de Fardoulis-Lagrange. Chant biblique ou mythique, hors du temps, son écriture tient du prodige. Comme pour L'inachèvement, son précédent livre, elle seule détient le mystère qui parcourt l'ouvrage. Aucune des nouvelles ne peut se résumer ; pour reprendre le mot de Michel Leiris, seul leur convient d'ailleurs le terme de nouvelle poétique, où la part de la contemplation est toujours primordiale. Les images parfois très abstraites, parfois très concrètes sont toujours surprenantes comme si, pour Fardoulis-Lagrange, l'écriture avait d'abord cette première vertu de proposer une nouvelle vision du monde par la seule puissance du style.
Si les prémices de toute initiation consistaient à s'imprégner de l'esprit des lieux, il faudrait se laisser dériver dans L'Observance du même jusqu'aux abords de la grande année. Certes, l'exploration du labyrinthe dont elle forme la voûte ne cessera jamais, mais toute approche de l'oeuvre de Michel Fardoulis-Lagrange en serait soudain d'autant plus aisée.Dégagés de l'emprise de la mémoire, les signes nous parlent et se jumellent, les paradoxes et contraires se conjuguent - puisqu'abordés dans l'indifférenciation comme s'il s'agissait de tracer de nouvelles lignes de fuite dans la transparence. Nous assistons ici aux commencements du Texte lorsque se comblent les failles du langage. Cette traversée s'apparente à celle du temps, un temps toujours vacant : même parcours non inscrit, en perpétuel retour sur lui-même, et que les «corps de soupçon» régénèrent ; sorte de mouvement rotatoire allant toujours s'élargissant, où rien ne se perd au coeur des répétitions.Chez Fardoulis les livres se répondent (L'Inachèvement n'est-il pas une variante de L'Observance ?), et l'approche des grands déchiffrements s'inscrit dans une écriture sans cesse tournée sur elle-même. Mais que pourrait-on déchiffrer qui ne se corrompe déjà ? Empreinte sur empreinte provoque un recouvrement et un corps de résistance. En sondant toujours plus avant les détails, des correspondances fulgurent et se succèdent, les unes taisant les autres, tandis que l'affranchissement de l'être l'expose aux transpositions.De L'Observance du même, Fardoulis tenterait-il d'accéder au sacré, fusion des êtres et de l'univers, où toute identité s'épuise ? Plus de hiérarchie donc, mais un chemin sans balise ni limitation, l'être tenu disponible au seuil de l'insouciance. Les cycles vont se dérouler infiniment et les événements feront sens à travers simulacres et divertissements. C'est peut-être aussi le règne de l'hypnose, où lumière et ténèbre s'égalisent. Les inondations du reste vont effacer l'ultime trace, si devait encore subsister ici ou là le poids des siècles...
Michel Fardoulis-Lagrange reprend les mythes à leur naissance, dans le palais dédalique du langage, pour leur insuffler toute la nuit du sens que les grands écrivains complotent loin d'un jour pauvre. Médée la magicienne aux passions dévorantes tient des dieux le pouvoir de sonder les Mystères. Elle est femme et prêtresse du destin, cette tragique consumation entre lumières et ténèbres, Hélios et les puissances chthoniennes. Son chant incendiaire illumine d'un feu sombre le labyrinthe quelque peu obstrué du mythe de la Toison d'or. Michel Fardoulis-Lagrange une fois de plus, retrouve la grande voix perdue des anciens Grecs. La splendeur incantatoire d'un pareil texte, comme embarrassé de sa propre force, procède toute entière d'un drame poétique majeur : la dualité, l'ambivalence opposant le langage humain et la parole divine créatrice des mythes. Hubert Haddad
« Dans le vol onirique, si nous revenons au sol, une impulsion nouvelle nous rend aussitôt notre liberté aérienne. Nous n'avons à cet égard aucune anxiété. Nous le sentons bien, une force est en nous et nous connaissons le secret qui la déclenche. Le retour vers la terre n'est pas une chute, car nous avons la certitude de l'élasticité. Tout rêveur du vol onirique possède cette connaissance de l'élasticité. Il a aussi l'impression du bond pur, sans finalité, sans but à atteindre. En revenant vers la terre, le rêveur, nouvel Antée, retrouve une énergie facile, certaine, enivrante. » (Gaston Bachelard)
« Si le regard des choses est un peu doux, un peu grave, un peu pensif, c'est un regard de l'eau. L'examen de l'imagination nous conduit à ce paradoxe : dans l'imagination de la vision généralisée, l'eau joue un rôle inattendu. L??il véritable de la terre, c'est l'eau. Dans nos yeux, c'est l'eau qui rêve. Nos yeux ne sont-ils pas ?cette flaque inexplorée de lumière liquide que Dieu a mise au fond de nous-mêmes? ? Dans la nature, c'est encore l'eau qui voit, c'est encore l'eau qui rêve. » (Gaston Bachelard)
Chaque grand écrivain, disait Marcel Proust, écrit dans une langue étrangère. Dans la postérité du Texte inconnu (Editions de Minuit, 1948) et de L'Observance du Même, (Puyraimond, 1978), Michel Fardoulis-Lagrange poursuit avec L'Inachèvement, une expérience de la factualité ontologique du Logos menant à l'évidence sensible autant qu'à l'abstraction, au sens kandinskien. Il y a dans cette oeuvre en suspens indéfini, ouverte à maint éclairage ainsi qu'aux ombres de l'élucidation, un enjeu insondable : quand le Neutre, signe troué de l'être, appelle l'effacement de la lumière du grand midi à travers les hauts faits de l'apparence en son clair-obscur légendaire. Hubert Haddad.
À la suite d'un chagrin d'amour, Aldo se fait affecter par le gouvernement de la principauté d'Orsenna dans une forteresse sur le front des Syrtes. Il est là pour observer l'ennemi de toujours, replié sur le rivage d'en face, le Farghestan. Aldo rêve de franchir la frontière, y parvient, aidé par une patricienne, Vanessa Aldobrandi dont la famille est liée au pays ennemi. Cette aide inattendue provoquera les hostilités... Dans ce paysage de torpeur, fin d'un monde où des ennemis imaginaires se massacrent, le temps et le lieu de l'histoire restent délibérément incertains dans un récit à la première personne qui semble se situer après la chute d'Orsenna. Julien Gracq entraîne son lecteur dans un univers intemporel qui réinvente l'Histoire et donne lieu à une écriture qui s'impose avec majesté, s'enflamme au contact de l'imagination. Pour Le Rivage des Syrtes Julien Gracq obtint en 1951 le prix Goncourt, qu'il refusa.