Voici l'histoire d'un homme qui renonce : à son métier de professeur, à sa femme, à sa maison. Il quitte l'ordre voulu par les hommes, il tourne le dos à la société et à ses règles, attiré par quelque chose de fort et de mystérieux qu'il sent vibrer tout autour de lui dans la splendeur solaire de la Provence. Amour de la nature, sans doute, mais qui recouvre une profonde insatisfaction. A la suite de Lawrence et de quelques autres, Faraggi dénonce l'étroitesse d'un certain humanisme qui limite l'homme à ce qu'il pense, en le coupant des innombrables racines qui pourraient l'unir paniquement au monde de la terre et des plantes. Cet homme donc s'en va, impatient de renouer les liens que l'éducation a brisés. Compagnons de sa quête seront des êtres en marge de la société, en marge de l'humanisme : un berger algérien sans feu ni lieu, un assassin qui se cache dans le maquis, une jeune folle, enfin, qui inspire au héros une tendresse mêlée de crainte sacrée. Compagnons aussi le vent, le mouvement des saisons, le sang qui court dans les veines des collines. On retrouve dans Le Fou du jour le même lyrisme, à la fois violent et mesuré, qui faisait le prix du premier roman de Faraggi, Les Dieux de sable. Ecoutons cette voix qui s'élève pour chanter les promesses cosmiques du voyageur éperdu sur la terre.
Nombre de pages
220
Date de parution
28/09/1967
Poids
245g
Largeur
127mm
Plus d'informations
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EAN
9782246849964
Titre
Le fou du jour
Auteur
Faraggi Claude
Editeur
GRASSET
Largeur
127
Poids
245
Date de parution
19670928
Nombre de pages
220,00 €
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Si la littérature est le lieu où la réalité se révèle de la manière la plus saisissante et la plus dérangeante, alors ce roman est un grand livre de littérature ! Un juge du régime des mollahs, condamné à perpétuité, écrit en prison : " Je sais que seuls mes crimes importent, mais mon récit pourrait vous aider à comprendre la fabrique des criminels. " Il raconte son enfance misérable, partageant la chambre d'un grand-père moribond dont il est le " garçon-pipi " , puis l'amour de sa vie, incestueux mais merveilleux, de la perte duquel il ne se remettra jamais. Pour épuiser sa douleur et sa haine, il s'enrôle à la guerre. " J'étais en guerre contre mon destin, et on me donnait une arme et un champ de bataille". Adolescent en quête de martyr, il est envoyé dans une école religieuse pour devenir juge et se prend pour le " Talleyrand iranien " . Il décrit les ressorts d'un régime de terreur, de tortures, de trafic d'organes, d'espionnage généralisé... Un incident va l'inciter à rendre visite à une adolescente en prison, puis, en catimini, à 117 autres jeunes et belles détenues. " Le viol me révulsait, me rebutait, vous comprenez ? J'avais besoin d'être admiré. Je leur apportais des plaisirs à hauteur de liberté. Je les traitais comme des femmes courtisées. Je rendais hommage à leur féminité bafouée. " Alors, ce " violeur attentionné et délicat " , qui reconnaît avoir condamné à mort des innocents, est-il un bouc-émissaire qui paie pour les crimes d'un régime dont les vrais puissants sont exonérés, ou un monstre manipulateur dont la bonne conscience dénonce encore plus la profonde perversion ? Au lecteur de juger. Peut-on être à la fois victime et bourreau ? On se sent mal à l'aise à ressentir de l'empathie pour ce criminel, voire à s'identifier à lui.
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