De la vie sociale à la vie politique, de la psychiatrie à l'agriculture, la normalisation décide de la forme de la pomme, de la psyché et du monde à travers l'imposition de ses modèles et de ses normes. Ce faisant, elle dessine les contours de la marge et de l'anormalité, monde sublunaire et dégradé. Car si les normes, explicites ou tacites, forment et conforment les êtres, les choses et les mots, c'est toujours accompagnée de son contraire que la norme constitue ses objets. La plupart du temps en effet, les normes s'ordonnent à la logique des oppositions binaires qui déclinent leurs valeurs antagonistes, à commencer par celles du normal et de l'anormal. Nous sommes ainsi constitués par des normes qui, infiltrant tout, commandent notre être au monde, c'est-à-dire comment vivre, travailler, penser ou aimer pour participer à la normalisation générale, être normé, normatif et normal. Vagabondant à la marge, l'anomalie a ainsi très mauvaise réputation. Or, si l'anomalie n'est synonyme d'anormalité, voire de monstruosité que du fait d'une erreur étymologique, ce détournement du sens est le symptôme d'une provenance métaphysique plus profonde, selon laquelle hors des normes, théologiques, ontologiques ou logiques, il n'y a rien qui vaille. Il n'empêche que pour Georges Canguilhem, les anomalies biologiques peuvent correspondre à des mutations réussies, lesquelles instaurent alors une nouvelle normativité, tandis que pour Thomas S. Kuhn, les anomalies scientifiques (apparentées aux changements d'aspects étudiés par Ludwig Wittgenstein) sont à l'origine de réformes ou de révolutions. Avec Michel Foucault enfin, ce sont les anomalies littéraires, actes transgressifs, solitaires et précurseurs, qui anticipent le passage d'une épistèmê à une autre. Pluridisciplinaire, indisciplinée, à l'écart des normes mais aussi entre le normal et l'anormal, la puissance de transformation qui caractérise l'anomalie est donc telle qu'il devenait nécessaire et urgent de forger le concept d'anomalie créatrice. S'il est évident qu'il existe des anomalies esthétiques créatrices, cet ouvrage a ici pris un autre point de départ, cherchant à mettre au jour mais aussi à libérer et activer un concept dont on puisse, tôt ou tard, faire également un usage éthique et politique.
Nombre de pages
144
Date de parution
13/09/2012
Poids
195g
Largeur
144mm
Plus d'informations
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EAN
9782841745982
Titre
L'anomalie créatrice
Auteur
Fallen Camille ; Nancy Jean-Luc
Editeur
KIME
Largeur
144
Poids
195
Date de parution
20120913
Nombre de pages
144,00 €
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Un album pour découvrir comment le petit Yves est devenu l'un des plus grands créateurs de vêtements. La collection "Petit & GRAND" propose de découvrir des hommes qui n'étaient pas destinés à entrer dans l'Histoire mais qui ont accompli des choses extraordinaires en écoutant leur c'ur et en suivant leur rêve d'enfant. Qu'ils aient été artistes, scientifiques ou bien aventuriers, tous étaient des petits garçons rêveurs avant de devenir les grands hommes courageux et inspirants que l'on connaît. Découvre ici comment le petit Yves, qui était moqué par les autres enfants, est devenu une icône de la mode et l'un des plus grands créateurs de vêtements.
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Nouvelle approche du système de propagande de l'appareil nazi Tout le monde croit connaitre la propagande nazie, par la voix bruyante de Hitler, mais presque personne n'arrive à la reconnaitre dans ses formes les plus performantes : la boisson Fanta, les costumes Hugo Boss, les entreprises Ford, Porsche, Volkswagen, IBM ou Tesla, la série télé Inspecteur Derrick, Les trois petits cochons de Disney, les écrits des prix Nobel Heisenburg ou Lorenz, sans parler de quelques bestsellers, romans et livres de philosophie. La propagande nazie fut et reste si efficace - au milieu de l'extrême droite mondiale - parce qu'elle se drape dans des formes divertissantes, innovantes et en apparence innocentes. Percer à jour le projet historique de la propagande nazie permet de comprendre toutes ses ramifications contemporaines. Pour y parvenir, le livre d'Alexander Neumann reprend des enquêtes que l'Ecole de Francfort n'avait pas poussées jusqu'au bout, tout en exposant l'état de l'art international, introduisant ici ses propres recherches. Il montre que le noyau dur de la propagande nazie réside dans son organisation médiatique, institutionnelle, industrielle et scientifique, davantage que dans son discours politique grossier. L'exemple Elon Musk permet d'actualiser et de détailler cette approche critique. Le livre permet de cerner le problème, de le rendre visible et invite les lecteurs à désintégrer la propagande nazie.
Petit texte important de Benjamin mais difficile. Le commentaire d'André Hirt permet d'accéder avec plaisir à cette thématique. Nouvelle traduction d'André Hirt Dans son essai Sur le langage en général et sur le langage humain (1916), Benjamin expose une métaphysique du langage en vérité très déroutante pour nous aujourd'hui. Sa thèse fondamentale repose sur l'idée que l'être est langage dans la mesure où tout ce qui existe a part au langage. Le langage n'est pas exclusivement propre à l'homme parce qu'il n'est aucunement le seul à participer à l'être. Plus exactement, tout ce qui existe tend au langage en ce sens que toute chose « tend à la communication de contenus spirituels ». Il est vrai, toutefois, que le langage est ce par quoi l'homme participe « à la plus haute essence spirituelle », étant donné que cette dernière, « telle qu'elle se manifeste dans la religion, repose exclusivement sur l'homme et en lui sur le langage. » Il faut noter d'emblée, à la suite de Benjamin, l'identification essence linguistique/essence spirituelle qui conduit à une « métaphysique du langage », soit à la métaphysique comme langage. Autrement dit, la métaphysique n'est pas essentiellement connaissance au sens de théorie supérieure du connaissable parce qu'elle doit être préalablement et entièrement fondée sur et articulée par le langage. Celui-ci forme l'objet ou le contenu vrai de la métaphysique tout comme il constitue le sujet opérateur de sa pensée. C'est ce qui distingue cette théorie de la conception kantienne. La reformulation de la métaphysique par le biais du langage forme la part décisive de sa reconsidération dans l'optique d'un « Programme de la philosophie qui vient ». Plus avant, philosophie du langage et métaphysique se lient à la religion dans le « concept de révélation. »
L'auteur embrasse tous les génocides du XXe siècle et analyse les tentatives de préventions. On peut repérer des analogies ou des processus similaires dans les génocides?: une violence endémique, des discours de haine, des formes d'ethno-nationalisme ou de marginalisation et relégations progressives de certains groupes, des discriminations grandissantes et des formes d'épuration, des attentats contre des personnes ciblées, en particulier des intellectuels, des déplacements forcés de population, des mises en place de stratégie d'élimination, un crescendo dans l'horreur, une passivité de la communauté internationale, un déni des massacres par des stratégies révisionnistes ou négationnistes, des possibilités de réitération. Cet ouvrage donne à entendre en creux les voix de Hannah Arendt, Viktor Frankl ou Tzvetan Todorov, et de tant d'autres rescapés et oubliés victimes des génocides. Nous portons tous une part de responsabilité dans la tolérance ou dans le reflux des formes extrêmes de déshumanisation, dans la réévaluation du passé - dans le cas notamment de génocides « oubliés » ou « masqués » - mais aussi en étant capables de protéger efficacement les personnes et les groupes de pareils crimes. À chaque nouveau génocide reviennent les questions centrales de la recherche d'Hannah Arendt?: que s'est-il passé?? Pourquoi cela s'est-il passé?? Comment cela a-t-il été possible?? Ainsi l'étude des génocides fait bien plus que décrire une façon de se situer face à la violence. Elle permet d'appréhender les réponses personnelles et collectives données face à l'impensable et l'innommable. Elle nécessite aujourd'hui l'invention d'outils, de catégories d'analyses, dont la mise en oeuvre doit sans cesse être ajustée. Elle oblige à se séparer des simplismes et à consentir à la diversité des angles d'approche, en approfondissant sans cesse notre connaissance, autant pour réparer que pour prévenir. Jean-François Petit, assomptionniste, est maître de conférences habilité en philosophie à l'Institut catholique de Paris, directeur du Réseau de philosophie interculturelle, co-fondateur de l'Académie catholique du Val de Seine. Spécialiste reconnu d'Emmanuel Mounier, conférencier, prédicateur, il travaille en anthropologie et en histoire de la philosophie.