Il est né un mercredi, jour des grandes gueules et des destinées bruyantes. Il a grandi entre la poussière rouge de Kita, les silences d'un père cheminot, et les sacrifices muets d'une mère debout à l'aube pour tresser des femmes et nourrir une fratrie sans jamais courber l'échine. Voici l'histoire de Djimé Kanté, le plus jeune père de toute une ville, enfant de la rue, faiseur de miracles, faiseur de rires, faiseur de justice. Celui qui, sans jamais porter de costume, a redonné du panache aux oubliés du train de Kita. Celui qui, à coups de punchlines et de coups de sang, est devenu une voix - une de celles qu'on ne peut plus étouffer. Ce livre n'est pas un hommage. C'est un cri vivant, drôle, bouleversant, parfois rageur, souvent tendre, toujours vrai. Il retrace le parcours hors normes d'un homme forgé par la débrouille, nourri par les proverbes du Mandé, et rendu indomptable par la misère et l'humour. C'est l'histoire d'un forgeron sans enclume, d'un enfant qu'on disait perdu, mais que la rue a fini par adopter, élever et forger. C'est aussi le récit d'une mère, Bakadia, plus forte que les palabres, plus digne que les prières de façade. Raconté avec ferveur et tendresse par Etienne Fakaba Sissoko, ce livre est une biographie vivante, imprévisible, poignante - à l'image de celui qu'elle raconte : Djimé Kanté. "Un homme passe, mais sa punchline reste. "
Le Sahel est aujourd'hui l'un des principaux foyers mondiaux de l'extrémisme violent, au croisement de l'effondrement des Etats, de la manipulation idéologique et de la désespérance sociale. Le présent ouvrage propose une lecture lucide des dynamiques jihadistes au Mali, au Burkina Faso, au Niger, ainsi que de leur progression vers les pays côtiers d'Afrique de l'Ouest. Il montre comment la propagande extrémiste s'impose comme une arme de conquête politique, pendant que les Etats, prisonniers d'une communication sécuritaire défaillante, peinent à maintenir la confiance des populations. En articulant économie politique des conflits, communication publique et analyse de la résilience, l'auteur met en évidence les mécanismes concrets d'ancrage territorial des groupes armés et les responsabilités institutionnelles souvent éludées. Il identifie des leviers crédibles de résilience et appelle à une refondation urgente des stratégies de stabilisation au Sahel.
Et si le silence était devenu une arme aux mains du pouvoir ? A travers la voix de Sabu, narrateur lucide d'un pays fictif - Gayma -, Le carnet de Sabu dévoile, dans une prose perçante, les mécanismes d'un pouvoir autoritaire qui étouffe les voix, maquille les chiffres, enterre les vérités. Né de l'expérience d'un emprisonnement politique, il allie récit littéraire, engagement civique et résilience spirituelle, donnant corps à une résistance ordinaire : celle des mères, des enseignants, des journalistes et des oubliés. Chaque mot exprime un acte de foi, chaque page un refus de plier. Loin d'être une fiction, ce carnet est un miroir tendu aux peuples qu'on veut faire taire.