Dans la mémoire universitaire, la Troisième République est l'âge d'or de la philosophie des professeurs : l'hagiographie continue d'y trouver ses héros et ses modèles (Lagneau, Alain, Bergson, etc.). La représentation commune et le discours savant s'accordent pour voir dans ce moment une identification parfaite entre la philosophie et l'institution. Mais l'humeur anti-institutionnelle qui domine aujourd'hui conduit à faire de ces hommes des maîtres dévoués à leur classe plutôt que des héros de la raison. A travers l'analyse des transformations qui affectent le corps professoral entre 1880 et 1914 et l'étude d'un répertoire philosophique matérialisé dans des programmes, une langue commune, des façons de faire et des normes de présentation de soi, ce livre donne les moyens de reconstruire l'espace des possibles au sein duquel se développent les grandes oeuvres aussi bien que celles qui tournent court. En s'attachant à l'émergence de la notion de crise de la philosophie au tournant du siècle, on peut comprendre les métamorphoses qui conduisent la discipline du couronnement du sommet vers les marges. Les philosophes de la République sont à la fois lointains et proches : alors que tout semble les opposer aux universitaires d'aujourd'hui (style de vie, choix des objets de connaissance), on constate que la situation de la philosophie française contemporaine dans l'espace des disciplines ne peut être expliquée qu'en référence au moment fondateur de la Troisième République. Substituant à la piété du discours commémoratif un travail d'objectivation, ce livre veut contribuer au développement d'une histoire de la philosophie qui ne se contenterait pas de décrire et de dénombrer la "suite des nobles esprit " qu'évoquait Hegel.
Nombre de pages
177
Date de parution
01/03/1988
Poids
200g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782707311627
Titre
Les philosophes de la République
Auteur
Fabiani Jean-Louis
Editeur
MINUIT
Largeur
135
Poids
200
Date de parution
19880301
Nombre de pages
177,00 €
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Malgré une carrière courte, brutalement interrompue par une mort accidentelle, Coluche (1944-1986) est resté présent dans la mémoire collective. Ce livre s'efforce de restituer le " moment Coluche ". Le comique apparaît dans une période de crise de l'autorité politique, syndicale, familiale. Il porte sur la société un regard décapant, notamment sur la publicité ou la télévision, sans pour autant dédaigner le succès commercial. Il s'attaque aussi au monde politique, en se risquant à une candidature, mi-parodique mi-sérieuse, à l'élection présidentielle. Cet ouvrage est construit sur un constant va-et-vient entre une analyse sociologique de la France du dernier quart du XXe siècle et une présentation de l'oeuvre de Coluche, qui a décidé, au début des " années d'hiver ", de s'éloigner de l'humour pour l'action caritative et les Restaurants du Coeur.
Le philosophe constitue l'une des figures les plus remarquables de la vie intellectuelle française. De Bergson à Foucault en passant par Sartre, il est l'ambassadeur à l'étranger d'une forme de "francité", paradoxale pour celui qui s'est installé d'emblée dans une perspective universelle. Au cours du XXe siècle, la discipline qui venait couronner l'enseignement secondaire classique a connu à la fois le succès mondial d'un style de pensée et les affres du déclassement institutionnel en France. Ce récit vivant décrit au plus près ce qu'est la philosophie française: une construction conceptuelle, dont toutes les lectures et réceptions sont à prendre en compte, une institution et des pratiques sociales, de la salle de classe à la scène médiatique. Ce livre est aussi un hommage, ironique et quelquefois impertinent, à ceux qui ont fait une bonne part de notre histoire culturelle.
De Bourdieu à Latour Quelles sont les transformations les plus significatives intervenues dans les sciences sociales depuis vingt-cinq ans ? A partir de comptes rendus d'ouvrages qui ont fait date, ce livre propose un récit cohérent de la trajectoire de la discipline en France et aux Etats-Unis. Bourdieu, Foucault, Abbott, Passeron, Boltanski et Latour sont parmi les grands noms qui font l'objet de ces textes incisifs. Pour l'auteur, la lecture est une pratique sociologique à part entière. L'analyse des notions majeures à l'oeuvre en sociologie témoigne de l'entrelacs permanent de la structure - le macrologique - et de l'événement - le micrologique - aussi bien que des conditionnements durables et des coalitions éphémères. Qu'en est-il alors des promesses d'une théorie générale dans cette discipline redevenue centrale en sciences sociales ? Ce livre dresse un bilan provisoire et dessine l'espace de discussion dans lequel évolue la sociologie contemporaine.
Qu'est-ce que la culture légitime aujourd'hui ? Existe-t-il encore des formes culturelles consacrées dont l'autorité s'imposerait dans la société ? La situation dominante semble au contraire être marquée par une joyeuse anarchie des goûts et des couleurs. Les études récentes sur les pratiques culturelles montrent à la fois la stabilité des inégalités d'accès aux arts les plus reconnus (opéra, théâtre, art contemporain) et le foisonnement de nouvelles attitudes qui ne s'embarrassent pas des critères de distinction habituellement retenus par les sociologues. Les essais réunis dans ce volume tentent de faire le point sur la question en réexaminant l'efficacité des conceptualisations majeures qui ont marqué récemment la sociologie de la culture (Howard Becker, Pierre Bourdieu, Michel de Certeau, Richard Peterson), en s'appuyant sur les ressources de l'enquête localisée et en analysant les figures de la légitimité culturelle à partir de configurations d'objets spécifiques ou de dynamiques processuelles.. . . Jean-Louis Fabiani est directeur d'études à l'EHESS. Il tente de renouveler les problématiques de la sociologie de la culture en leur donnant une meilleure assise ethnographique (Lire en prison, 1995, Beautés du Sud, 2005, Le Public en acte, 2007). Il mène aussi, conjointement avec des artistes, une réflexion sur l'espace et le territoire (L'Europe du Sud contemporaine, avec Bernard Plossu, 2000, La petite mer des oubliés, avec Franck Pourcel, 2006).
Le temps d'un séjour de quelques semaines dans sa maison d'enfance, la narratrice raconte ses retrouvailles avec sa famille, où, depuis trois générations, hommes et femmes ont choisi le métier de pasteur. Mais quand elle arrive, quelque chose de cet ordre ancien s'est profondément déréglé. De ses proches, elle raconte les rires, les chutes, les chants. De toutes ses forces, elle les soutient, quand leur vie ne semble plus tenir qu'à un fil.
Rencontrer une fille tatouée au Japon, sauver la vie d'un homme sur un paquebot en mer du Nord, nager avec les dauphins aux Bahamas, faire l'amour à Moscou, travailler à Dubaï, chasser les lions en Tanzanie, s'offrir une escapade amoureuse à Rome, croiser des pirates dans le golfe d'Aden, tenter sa chance au casino en Slovénie, se perdre dans la jungle de Thaïlande, faire du stop jusqu'en Floride. Le seul lien entre les personnages est l'événement vers lequel tous les regards convergent en mars 2011 : le tsunami au Japon, feuilleton médiatique donnant à tous le sentiment et l'illusion de partager le même monde. Mais si tout se fond dans la vitesse de cette globalisation où nous sommes enchaînés les uns aux autres, si chacun peut partir très loin, il reste d'abord rivé à lui-même et à ses propres histoires, dans l'anonymat.
Dionysos est là. Il arrive depuis toujours. Il vient d'ailleurs, mais il est partout; c'est qu'il est le dieu du théâtre. La tragédie qu'il met en place sera plus tragique qu'une autre, puisqu'il s'agit de lui. Il lui faut un homme qui lui résiste, à qui il puisse faire la chasse pour le prendre dans les filets du délire. Les Bacchantes sont la pièce du délire qui finit mal. Ce n'est pas l'auteur et ce qu'il a pensé qu'on cherchera, ni en deçà de lui, la langue et son rythme. L'athée s'est-il converti? Peu nous chaut. Au théâtre le poète est masqué, sous les masques de ses personnages. La vigueur de la mise en perspective dépend de sa discrétion. Telle est la règle de l'objectivité scénique. L'auteur ne délivre pas de message. La victime n'apporte pas de salut. La fête n'en répand pas moins ses lumières et ses fastes, ses fantasmagories, ses jeux de cirque, ses bouffonneries et ses horreurs. L'initiation cultuelle des mystères dionysiaques s'y est faite initiation théâtrale. La gloire est toujours douce, dira-t-on, même pour le dieu. Toute arme est bonne pour gagner, surtout celle de la dévotion.