L'essai de J.-L. Evard propose de placer l'?uvre d'Ernst Jünger - les récits, les essais de la période militante, les Journaux, la correspondance - sous l'éclairage de la philosophie politique. Une question guide toute l'enquête : comment l'idéal de la " mobilisation totale " et celui du Léviathan-Travailleur de l'âge totalitaire parviennent-ils, chez Jünger - mais aussi chez d'autres auteurs de la révolution conservatrice allemande -, à puiser une partie considérable de leurs motifs dans un discours révolutionnaire appuyé sur les dates symboliques de 1789 et de 1917 ? Pour étayer cette problématique, trois champs sont explorés : celui du nihilisme, celui de l'antisémitisme et celui des rapports historiques noués par la guerre et la révolution. Se construit ainsi une phénoménologie de la révolte contre le Bourgeois, révolte dont la révolution conservatrice allemande et une partie de l'hitlérisme captent les affects, les topoi et les équivoques. Jünger est par excellence l'auteur qui permet de saisir comment la guerre civile allemande a été prise dans une véritable crise mimétique, qui l'oppose à d'autres phases antérieures ou contemporaines du drame de la guerre et de la révolution, en Allemagne, mais aussi à l'échelle du continent européen. Pour faire entendre comment cette ?uvre donne une image en miniature des transformations de la guerre et de la révolution entre le commencement et la fin du vingtième siècle, J.-L. Evard campe en Jünger le personnage d'un transfuge de la révolution conservatrice. Du " cas Jünger " on passe ainsi à la question générale des modes de conversion de l'idéologie, dont les effets se font sentir aujourd'hui dans les lectures contemporaines d'un Carl Schmitt, pour ne citer qu'un exemple.
Nombre de pages
350
Date de parution
27/08/2004
Poids
492g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782841620906
Titre
Ernst Jünger. Autorité et domination
Auteur
Evard Jean-Luc
Editeur
ECLAT
Largeur
150
Poids
492
Date de parution
20040827
Nombre de pages
350,00 €
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Biographie de l'auteur Né en 1949, Jean-Luc Evard signe régulièrement des traductions d'auteurs philosophiques du vingtième siècle allemand et publie des essais de sociologie politique. Depuis une douzaine d'années, il enquête sur les formes contemporaines de la panique de l'autorité. Autre thème de ses recherches : l'histoire du judaïsme weimarien et l'écriture de l'histoire de la Shoah.
Depuis que les sociologues ont adopté la notion de "charisme", on est souvent tenté d'oublier les origines théologiques du mot, et de la relation qu'il évoque. Et d'oublier aussi le genre singulier d'allégeance et d'obédience qu'il désigne depuis les commencements de l'époque totalitaire et de la manipulation idolâtrique des émotions religieuses et esthétiques. Partant du cas particulier de l'Allemagne des années 1920-1930, on a donc cherché à décrire ce moment et ses conséquences sur l'économie du pouvoir absolu en ces temps de guerres et de révolutions en chaîne. Le charisme y passe en effet par des dispositifs différents, selon qu'un homme de guerre, un homme de lettres ou un homme de foi en prend l'initiative. Si les passions charismatiques concourent toutes à l'instauration de religions politiques, elles n'en respectent pas moins la différence première de ces trois ordres. Pour décrire cette constellation tripartite des pouvoirs du guerrier, du poète et du penseur, on s'est donc penché sur trois cas de figure et sur leurs trajets dans la révolution conservatrice allemande: Ernst Kantorowicz, le disciple de Stefan George; Martin Heidegger, lecteur de Hölderlin; Joseph Goebbels, avant le passage au national-socialisme. La démarche est celle de l'enquête historique, mais la question posée est philosophique: la domination charismatique répond à une demande de servitude. Cette demande a-t-elle un avenir
On se propose de prolonger par ce livre les premières analyses présentées en 2013 dans Métaphonies. Essai sur la rumeur (éditions Conférence). Le discrédit attaché aux phénomènes des rumeurs n'est intelligible que relié aux prises de la perception, autant dire au pli le plus grec de la pensée : au privilège inconditionnel donné au vu, et à l'optique, au détriment non moins massif de l'entendu, de l'ouï et de l'acoustique. Le logos hésite encore entre ses deux destins. Or, qu'advient-il au philosophe qui se risque au pari inverse ?
On oppose souvent Max Weber (1864-1920) à son aîné Karl Marx (1818-1883), qui ont tous deux marqué durablement et diversement la culture allemande du I9' siècle. Si tous deux sont critiques à l'égard de la société, seul Marx propose de la transformer quand Weber s'attache à la comprendre, en fondant une sociologie dite compréhensive. Il ne fait pas de doute que l'on retrouve cette double influence imbriquée dans les oeuvres d'Ernst Bloch, de Walter Benjamin ou d'Erich Fromm, mais aussi chez les auteurs de l'Ecole de Francfort ou chez des penseurs aussi divers que Georg Lukács et Maurice Merleau-Ponty. Certes, Weber était un penseur libéral, hostile au communisme. Mais c'était aussi, comme le rappelle Michael Löwy, un analyste très critique du capitalisme et de sa course effrénée au profit. Ce qu'il appelle la cage d'acier n'est autre que la civilisation capitaliste, fondée sur le calcul égoiste et la toute-puissance des marchés, qui enferme l'humanité dans un système implacable. Reprenant le fil de cette riche postérité, Michael Löwy montre à quel point est encore actuel ce courant critique du marxisme wébérien dans un monde désormais globalisé, qui ne peut être transformé qu'en le comprenant. Ce livre, paru aux éditions Stock en 2013, reparaît dans L'éclat/poche, enrichi de deux essais de Michael Löwy et Eleni Varikas sur "Weber et l'anarchisme", et "MaxWeber et l'anthropologie".
Flüsser David ; Petitdemange Guy ; Pinto Lasry Vér
L'oeuvre de David Flusser a marqué durablement les relations entre le judaïsme et le christianisme, et son ouvrage sur le Jésus historique, à la suite des travaux de Joseph Klausner, a si considérablement modifié la figure du Christ que les nouveaux exégètes en mal de compromis ont vite fait de l'ignorer. "Flusser ouvre une voie, comme peut-être personne, par le savoir indubitablement, mais aussi par une sorte d'illumination intérieure délivrante, en enracinant le christianisme dans l'histoire du judaïsme de l'époque. Ce n'est évidemment pas une explication ; c'est un éclairage sans pareil, éclairage qui est aussi un réveil, le regard sur un autre paysage ", écrit Guy Petitdemange dans sa préface à ce petit livre, devenu un 'classique' secret et qui résume l'oeuvre de toute une vie.