La connaissance qu'ont les chercheurs français des travaux récents conduits en Chine dans les sciences humaines et sociales reste très lacunaire. Pour combler, partiellement ces lacunes, un programme de conférences organisées par l'université Fudan à Shanghai, une des principales universités chinoises pour ces disciplines, et l'Ecole normale supérieure vise à diffuser les recherches récentes conduites en Chine dans des domaines tels que l'histoire globale, l'histoire littéraire, l'histoire de l'art, la science des religions, l'histoire du livre, la linguistique, la phénoménologie, l'anthropologie. Les approches proposées privilégient naturellement les points de convergence et de recouvrement d'une tradition chinoise et française. Toutefois il ne s'agit pas de parler prioritairement de la Chine mais plutôt de voir ce qu'un point de vue chinois, acceptant pleinement l'héritage des classiques peut apporter à la compréhension d'un éventail de sujets aussi large que la phénoménologie heideggérienne, l'Islam ou la pensée politique américaines. Ces éclairages aident à ouvrir des horizons nouveaux, une compréhension nouvelle et plus large de ce qui, à tort, par manque de déplacement des perspectives, semblait trop évident.
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Nombre de pages
598
Date de parution
16/09/2022
Poids
728g
Largeur
146mm
Plus d'informations
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EAN
9782380720778
Titre
Conférences chinoises de la rue d'Ulm 2019-2021
Auteur
Espagne Michel ; Huang Bei ; Lévy Florence ; Xiao
Editeur
KIME
Largeur
146
Poids
728
Date de parution
20220916
Nombre de pages
598,00 €
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Résumé : Tout regard attentif porté sur les textes fondateurs d'une tradition culturelle les fait apparaître dans un halo de formulations divergentes, de variantes, de phases de rédaction antérieures, de corrections après édition, qui facilitent aux lecteurs puis aux exégètes la remise en cause du sens, son déplacement. Au-delà des représentations techniques des variantes, la recherche sur le devenir des textes fait vite intervenir des phénomènes de longue durée concernant la conception de la langue, de l'historicité des formes linguistiques et de leur relation avec les définitions de la raison. Arrivé à ce stade, on doit s'apercevoir que ces phénomènes culturels se distinguent selon les ancrages nationaux. Non que les représentations française et allemande des textes et de leur genèse, pour prendre les deux principaux cas de figure, soient complètement hétérogènes. Au contraire, les importations, les croisements de méthodes jalonnent l'histoire de la relation critique au manuscrit. Les systèmes concurrents ne s'épuisent pas dans des techniques de présentation mais font entrer en ligne de compte le conflit des mémoires nationales avec leurs taxinomies archivistiques incompatibles, le conflit des conceptions de la langue et des rituels d'appropriation des ?uvres. En utilisant au passage les thématisations littéraires de la philologie, on parviendra à cerner la vertu des imbrications franco-allemandes (reconnues ou refoulées) dans la mise en place d'une réflexion sur le devenir des textes.
L'objet de ce livre est d'aborder les frères Humboldt comme une fratrie, de souligner leur complémentarité et de mettre en évidence leur insertion dans une sociabilité savante européenne. On attribue à Wilhelm la fondation de l'Université de Berlin, à Alexander la promotion d'un système de recherche scientifique qui se perpétue dans les actions de la fondation qui porte son nom. Le domaine de Wilhelm est la linguistique et la philosophie du langage : ayant écrit en allemand une oeuvre composée de textes brefs, il a joui d'une notoriété qui, dans un premier temps au moins, est restée cantonnée à l'Allemagne avant de féconder à travers le monde la pensée des anthropologues. Alexander, qui a largement fait usage de la langue française, et dont le long séjour à Paris est lié à la rédaction de son grand oeuvre, s'inscrit d'emblée dans une histoire internationale des savoirs. Ils sont au centre de toute l'histoire des sciences humaines en Europe.
On découvre progressivement en France toute la place occupée dans les pays de langue allemande par l'histoire de l'art, qui se situe au confluent de l'esthétique, de la philologie, de la philosophie et de l'histoire. Déchirés entre le genre de la narration historique et la description minutieuse des ?uvres et de leur genèse, entre le genre du catalogue d'exposition et celui du manuel, entre l'hagiographie et l'essai critique, les historiens d'art allemands, instigateurs et héritiers à la fois de courants européens, ont largement contribué à la construction de cette nouvelle discipline. Tchèque assimilé, Anton Springer (1825-1891) occupa à Bonn la première chaire allemande de professeur ordinaire d'histoire de l'art; il fonda ensuite les instituts de Strasbourg et de Leipzig. Ses nombreux élèves marquèrent de leur empreinte cette discipline jusqu'au milieu du XXe siècle. Aussi Springer est-il l'un des meilleurs guides pour définir la place de l'Allemagne par rapport à l'Italie de la Renaissance, à l'Antiquité gréco-latine, à la tradition médiévale ou au réalisme de la peinture française, et ce dans l'exploration d'une pensée de l'art en ses contextes, pensée toujours attachée à révéler des passages et réappropriations, selon des axes synchroniques ou diachroniques, ouvrant ainsi des voies fondamentales aux réflexions sur les transferts culturels.
Résumé : Ce livre est une méditation sur la condition juive et le destin du sionisme à travers trois pensées philosophiques. Celle de Buber, qui illustre l'engagement sioniste à partir d'un renouveau spirituel ; celle de Levinas, qui représente la vitalité du judaïsme de la diaspora en France ; celle de Simone Weil, qui est l'une des figures les plus paradoxales d'un judaïsme apparemment assimilé. Quelle lumière une étude comparée de ces trois oeuvres peut-elle jeter sur l'impasse où se trouve aujourd'hui Israël, condamné à une guerre sans fin, incompatible avec les valeurs autour desquelles le sionisme s'est construit ? A travers ces trois situations historiques bien distinctes où le judaïsme du vingtième siècle s'est trouvé et à travers les contradictions des philosophies qu'il a inspirées, l'ouvrage dégage les problèmes que posent à toutes les civilisations la confusion entre les lieux et les territoires, le recours à la guerre, l'ordre géopolitique des Etats-nations, les maléfices de la politique et, par-dessus tout, les apories de l'identité, qu'elle soit personnelle ou collective.