Rhétorique de La Bruyère : ce deuxième essai sur Les Caractères fait l'hypothèse que les énoncés d'un texte discontinu requièrent une interprétation qui se fonde sur leur discontinuité même. Le "mouvement" de l'oeuvre, dans ses neuf éditions successives, invite à considérer les additions comme une caractéristique de la composition, et permet d'appréhender à partir d'elles les différents niveaux où se décide la cohérence textuelle : l'alinéa, la remarque, la série, le chapitre. Une méthode de lecture peut être ainsi élaborée qui autorise en retour une définition du discours discontinu. En faisant l'économie du métalangage explicite de la dispositio, cette rhétorique du discontinu conditionne le lecteur à produire effets de contexte et effets de série, cohérences locales et séries de séries, mais l'amène aussi bien à éprouver l'instabilité du jugement. Ainsi se donne peut-être à comprendre l'accointance du discours moral avec cette nouvelle rhétorique ; la "rencontre" n'est pas seulement historique, que consacre dès le tout début du XVIIIe siècle l'institution d'un corpus des "moralistes classiques", mais pragmatique : la discontinuité du discours autorise l'émancipation d'une instance d'énonciation qui cherche à s'affranchir des déterminations sociales et idéologiques, pour parvenir en retour à confronter son lecteur à l'instabilité d'une interprétation éthique des comportements. Le discours des "moralistes classiques" peut donc se définir non pas tant par un corps doctrinal commun, que comme le lieu d'une mise en scène de la question herméneutique elle-même. Et c'est peut-être pourquoi les textes des "moralistes" peuvent être reçus comme "littéraires".
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Date de parution
01/01/2001
Poids
715g
Largeur
150mm
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EAN
9782745304599
Titre
LA BRUYERE. TII. RHETORIQUE DU DISCONTINU.
ISBN
2745304593
Auteur
ESCOLA MARC
Editeur
CHAMPION
Largeur
150
Poids
715
Date de parution
20010101
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Cet ouvrage vous propose une étudie approfondie d'un grand texte classique ou contemporain par un spécialiste de l'oeuvre: approche critique originale des multiples facettes du texte dans une présentation claire et rigoureuse. Il comprend un dossier avec une bibliographie, une chronologie, des variantes, des témoignages, des extraits de presse. Mais aussi des éclaircissements historiques et contextuels, des commentaires et critique récents. Un ouvrage efficace, élégant. Une nouvelle manière de lire.
Résumé : Un corpus littéraire sur le tragique, la naissance du genre, son histoire, sa syntaxe particulière, les formes qu'il a prises au XXe siècle, accompagné d'analyses, de définitions, et illustré d'extraits d'oeuvres de nombreux auteurs, de toutes époques : Aristote, Corneille, Nietzsche, Schelling, Shakespeare, Rousseau, Büchner, Sarraute, etc.
Résumé : Le cinéma est l'invention des Lumières, il semble qu'on l'ait toujours su. Mais on aura peut-être eu tort de dater sa naissance de 1895, et d'écrire Lumière au singulier. Car il n'était pas impossible de se rendre au cinéma à la fin des années 1750 déjà, et Diderot fut l'un des premiers à installer "comme devant une toile" les spectateurs de son Fils naturel. Il faut en croire Eisenstein : "Diderot a parlé de cinéma" , et prendre le temps de méditer ce mot abyssal du réalisateur russe : le cinéma est le fils naturel du théâtre.
Les dix essais ici réunis visent à informer puis à mettre à l'épreuve une poétique du caractère. De Théophraste à La Bruyère, la pratique de l'éthopée connaît un infléchissement décisif : en renonçant aux définitions pour attendre de la seule description la révélation dynamique d'une logique du comportement, La Bruyère amène son lecteur à parcourir un trajet proprement herméneutique. C'est peut-être cette irréductibilité de la description éthique à toute définition qui fonde la possibilité d'instituer le caractère en genre littéraire et la représentation des moeurs en discours moral. La Bruyère est ainsi le premier à reconnaître que l'on ne peut atteindre la vérité des comportements que comme représentation : les "caractères" ne sont désormais visibles que s'ils sont reconstitués mimétiquement en caractères. L'ouvrage lui-même viserait dès lors moins à dire les "moeurs du siècle" qu'à formuler les grandes lois de l'interprétation des comportements - et c'est en quoi il nous demeure aujourd'hui encore lisible ; le caractère se donne comme leçon ou comme brève question d'herméneutique, parce que chaque "caractère" est à interpréter en retour comme un texte : le texte du comportement.
Avant-propos, Geneviève Haroche Bouzinac. - Quarante numéros d'épistolaire. Entretiens sur les correspondances. Présentaiton, Brigitte Diaz. LE MONDE SENSIBLE : Anne Chamayou, Regrets sur un vieux fauteuil, le discours du repos dans la correspondance de Diderot. - Marc Buffat, Ville et campagne dans la correspondance de Diderot. - Brigitte Weltman-Aron, Le rapport au temps dans la correspondance de Diderot. - Béatrice Fink, Quoi ? ne plus manger et me taire ?, démonter le comestible dans la correspondance de Diderot. - Nadège LAngbour, L'Histoire des maladies dans la correspondance de Diderot, les enjeux de l'exhibition du corps souffrant. - Hélène Cussac, Les lettres de Diderot à Sophie Volland à l'épreuve de la sympathie. ESTHETIQUE ET POETIQUE : Cécile Alvarez, Seigneur Michel dans les lettres à Falconet. - Berenika Palus, La palette du poète selon Diderot épistolier. - Geneviève Haroche-Bouzinac, Forme et fonction de l'anecdote dans la correspondance de Diderot. - Nermin Vucelj, L'Esthétique dans la correspondance de Diderot. - Marianne Charrier-Vozel, Diderot, lettres de conseil aux comédiennes Riccoboni et Jodin. - Franck Salaün, Les pièces du puzzle, Le Neveu de Rameau dans la correspondance de Diderot. - Odile Richard-Pauchet, Diderot et les dames Volland lecteurs de Richardson, échanges de vue, vers une poétique (du roman) épistolaire. L'EPISTOLARITE POLITIQUE : Lucia Bergamasco, Affectivité amicale, ou conjugale, un ressort pour l'épistolarité politique. - Jean-Marc Serme, ‘I shall withold nothing', la correspondance politique et militaire d'Andrew Jackson et James Monroe, 1814-1819. - Hélène Quanquin, William Lloyd Garrison par ses enfants, une correspondance familiale politique. - Pierre Allorant, Une si belle ordonnance, l'épistolarité politique au sein d'une famille de médecins français, de Bonaparte à Clemenceau. - Walter Badier, La correspondance d'Alexandre Ribot en Amérique (1886-1887), entre impressions de voyage et réflexions politiques. CHRONIQUES : Antony Mc Kenna, Etudier l'épistolaire : le cas de Pierre Bayle. - Agnés Cousson (dir.), Bibliographie - Benoît Melançon, Curiosité. - Marianne Charrier-Vozel, Vie de l'Épistolaire.