En 1945, pendant l'été de ses 10 ans, Annie Ernaux apprend l'existence d'une soeur, Ginette, morte avant qu'elle-même ne soit née. En 2011, Annie Ernaux adresse une lettre à cette soeur qu'elle n'a jamais connue mais dont la disparition a jalonné son histoire de l'enfant à l'adulte. Entre des morceaux de vie racontée et des décharges poétiques, la romancière interroge la relation ambiguë entretenue avec celles et ceux qui hantent les vivants. Semblables à des souvenirs hantés, les silhouettes d'une femme et d'une petite fille émergent d'entre les pages. Elles se croisent, se répondent, s'opposent. Elles incarnent ce qui a été, ce qui est et ce qui aurait pu être. Les images de Nadège Fagoo distillent des détails aux contours flous, des mouvements incertains, comme les débris d'une mémoire qui cherche à se rappeler. En témoin invisible, la photographe fait renaître les oubliées et fait s'éclipser les vivantes. Qui est cette autre fille ? Celle qui a disparu ou celle qui reste ? Tenant lieu autant du carnet intime que du journal de recherche, cet ouvrage parle de l'invisible d'un non-dit qui prend tout espace et occupe tout esprit, celui de la lutte "contre la longue vie des morts" .
Nombre de pages
96
Date de parution
20/04/2023
Poids
200g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9791095118244
Titre
L'autre fille
Auteur
Ernaux Annie ; Fagoo Nadège
Editeur
LIGHT MOTIV
Largeur
145
Poids
200
Date de parution
20230420
Nombre de pages
96,00 €
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Tous les livres que j'ai écrits ont été précédés d'une phase, souvent très longue, de réflexion et d'interrogations, d'incertitudes et de directions abandonnées. A partir de 1982, j'ai pris l'habitude de noter ce travail d'exploration sur des feuilles avec des dates, et j'ai continué de le faire jusqu'à présent. C'est un journal de peine, de perpétuelle irrésolution entre des projets, entre des désirs. Une sorte d'atelier sans lumière et sans issue, dans lequel je tourne en rond, à la recherche des outils, et des seuls, qui conviennent au livre que j'entrevois, au loin, dans la clarté. Il y a quelque chose de dangereux, voire d'impudique, à dévoiler ainsi les traces d'un corps à corps. avec l'écriture. Mais, en publiant ces pages, j'ai voulu porter témoignage de celle-ci, telle qu'elle se vit au jour le jour, dans la solitude" - Annie Ernaux.
Car il a bien fallu que je me débrouille avec cette mystérieuse incohérence : toi la bonne fille, la petite sainte, tu n'as pas été sauvée, moi le démon j'étais vivante. Plus que vivante, miraculée. Il fallait donc que tu meures à six ans pour que je vienne au monde et que je sois sauvée. "
J'ai voulu l'oublier cette fille. L'oublier vraiment, c'est-à-dire ne plus avoir envie d'écrire sur elle. Ne plus penser que je dois écrire sur elle, son désir, sa folie, son idiotie et son orgueil, sa faim et son sang tari. Je n'y suis jamais parvenue." Annie Ernaux replonge dans l'été 1958, celui de sa première nuit avec un homme, à la colonie de S dans l'Orne. Nuit dont l'onde de choc s'est propagée violemment dans son corps et sur son existence durant deux années. S'appuyant sur des images indélébiles de sa mémoire, des photos et des lettres écrites à ses amies, elle interroge cette fille qu'elle a été dans un va-et-vient entre hier et aujourd'hui.
« Depuis des années, je tourne autour de cet événement de ma vie. Lire dans un roman le récit d'un avortement me plonge dans un saisissement sans images ni pensées, comme si les mots se changeaient instantanément en sensation violente. De la même façon, entendre par hasard La javanaise, J'ai la mémoire qui flanche, n'importe quelle chanson qui m'a accompagnée durant cette période, me bouleverse. »
Mieux qu'un el équilibre, une osmose naturelle, "une contamination" se créent naturellement entre les textes et les photographies --L'Avenir de l'artois
Tourcoing est une ville de caractères. Pour Alain Fleischer, qui signe la préface, la ville est riche de ses habitants. De ceux qui l habitent, l ont habitée, l habiteront, auraient pu l habiter. Tout le contraire d un cliché vite fait, d une carte postale glacée. Riche d une histoire qui plonge ses racines jusqu au Moyen Âge, la ville fut profondément marquée par la Révolution industrielle. Touché ensuite de plein fouet par la crise du textile, Tourcoing a su préserver son âme. Une vie culturelle de haute tenue, une vie économique axée sur les nouvelles technologies et les textiles innovants, une vie associative qui est comme une marque de fabrique... La discrète a toujours fait preuve d audace. Patchwork d actions longuement tissées dans les quartiers, la ville sort de sa chrysalide, croit en son avenir. Photographes, passionnés d architecture et curieux des coulisses, Jean-Pierre Duplan et Éric Le Brun interrogent l identité de la ville, de ses habitants, de ses artistes. Hervé Leroy, journaliste et écrivain, dresse un portrait sensible. Les auteurs s imprègnent de la mémoire et de l histoire pour mieux situer les défis d aujourd hui. Le regard est acéré, surprenant.