Les politiques de l emploi constituent un objet complexe. Leur définition n est pas claire, et leur légitimité même est souvent mise en cause: elles ne constituent pas une priorité dans une perspective keynésienne, où l objectif de plein emploi est principalement du ressort des politiques macroéconomiques, et elles n ont pas d autre fonction que la correction des imperfections de marché dans le cadre des approches néo-classiques. Ce défaut de légitimité peut en partie expliquer les critiques permanentes dont elles font l objet, et qui ont un caractère paradoxal, puisque ces interventions sont largement installées parmi les outils des politiques publiques: indemnisation du chômage, agences pour l emploi, dispositifs de formation et de reconversion depuis les années 1950, préretraites, aides à l emploi pour les publics en difficulté depuis la fin des années 1970...La multiplication des réformes depuis les années 1990 appelle deux questions complémentaires: celle de l efficacité et de l évaluation des innovations politiques et institutionnelles; celle de la dynamique des politiques nationales, marquée par une tension entre le maintien de spécificités héritées du passé et l adhésion à des tendances communes, largement partagées et diffusées notamment par l Union Européenne ou l OCDE.