
ENSEIGNER L'ESPRIT D'ENTREPRISE A L'ECOLE - LE TOURNANT POLITIQUE DES ANNEES 1980-2000 EN FRANCE
L'école est aujourd'hui accusée dans un contexte de montée du chômage des jeunes, d'inadaptation au contexte économique et culturel et sommée de remédier aux difficultés d'insertion professionnelles des jeunes. A sa mission originelle, enseigner et éduquer, s'ajoute celle de contribuer à la compétitivité économique. parmi les propositions avancées pour résoudre ces problèmes celles émanant du monde des entreprises s'affirment avec force. Elles s'emploient à montrer que l'Etat qui a, de longue date, incarné l'intérêt général, n'est plus en mesure de le faire. Les entreprises interviennent fans le système éducatif de différentes manières au niveau de son statut, des orientations à donner aux réformes comme à celui des contenus de l'enseignement. Le retour de l'apprentissage en entreprise, promu comme mode de formation privilégié, participe du même mouvement : déplacer la formation professionnelle de l'institution scolaire vers les entreprises afin de socialiser une fraction de la jeunesse à l'organisation du travail. Ce processus de pénétration des entreprises dans le système éducative se déroule d'autant plus facilement et rapidement que , parallèlement et d'une manière concomitant, l'Etat transfère un certain nombre de ses compétences aux conseils régionaux et impulse une "autonomisation" des établissements/ bien qu'ignorée ou perçue d'une manière floue, cette étude montre également que l'emprise des politiques européennes sur l'évolution du système éducatif est décisive. Les propositions émises par de puissants groupes de pression organisés en réseaux, relayées par des instances comme le Comité des Régions donnent lieu à une intense production d'avis et de recommandations par la Commission Européenne.
| Nombre de pages | 221 |
|---|---|
| Date de parution | 17/03/2016 |
| Poids | 250g |
| Largeur | 125mm |
| EAN | 9782843032660 |
|---|---|
| Auteur | TANGUY LUCIE |
| Editeur | SNEDIT LA DISPU |
| Largeur | 125 |
| Date de parution | 20160317 |
| Nombre de pages | 221,00 € |
| Disponibilité | Sur commande en 4-6 jours |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

L'enseignement professionnel en France. Des ouvriers aux techniciens
Tanguy LucieEpuiséVOIR PRODUIT18,77 € -

Les Instituts du travail. La formation syndicale à l'université de 1955 à nos jours
Tanguy LucieBiographie de l'auteur Lucie TANGUY est Directrice de recherche au CNRS, attachée au laboratoire Genre, Travail et Mobilités. Elle enseigne la sociologie du travail à l'université Paris X-Nanterre. Ses travaux de recherche portent sur les relations entre l'éducation et le travail et plus spécifiquement, ces dernières années, sur la formation permanente.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER20,00 € -

La sociologie du travail en France. Enquête sur le travail des sociologues (1950-1990)
Tanguy LucieDiscipline aujourd'hui très présente dans le monde académique, la sociologie du travail a également pénétré le monde de l'entreprise. Mais, pour mieux comprendre la nature des apports et le rôle des sociologues du travail, il est important de connaître leur histoire. C'est ce que propose ici Lucie Tanguy: mobilisant un vaste corpus d'archives, elle replace l'histoire, en France, de cette jeune discipline dans son contexte social et intellectuel, évoque ses déterminants et les luttes de courants qui l'ont traversée. Elle retrace les actions des chercheurs pour définir un modèle scientifique, le faire reconnaître, s'organiser en communauté, débattre des perspectives érigées en théories et faire admettre des normes de scientificité à destination des générations suivantes. Elle analyse les politiques et programmes de recherches impulsés par la gauche dans les années 198o, les inflexions de style et d'orientation de recherches, ainsi que la conception même du métier de sociologue qui en a découlé: les sociologues peuvent-ils conjuguer autonomie de la pensée et engagement dans la société de leur temps? Comment concilier pluralité d'approches, déplacements d'objets et cumulativité des connaissances? Le métier de sociologue, et plus largement celui de chercheur scientifique, peut-il encore se définir au singulier...EpuiséVOIR PRODUIT20,30 € -

Savoirs et compétences. De l'usage de ces notions dans l'école et l'entreprise
Ropé Françoise ; Tanguy LucieLe terme de compétences tend aujourd'hui à s'imposer dans les discours tenus sur l'Ecole ou sur les entreprises. La fréquence d'usage de ce terme, éminemment polysémique, obéit-elle à un simple mouvement de mode ou traduit-elle des changements significatifs dans ces différents lieux ? C'est à l'examen de ces questions qu'est consacré cet ouvrage réalisé par un collectif de chercheurs à partir d'approches différentes. Sociologues de l'éducation et du travail, didacticiens, tentent ici d'identifier le sens des changements qui s'opèrent en matière d'élaboration des contenus d'enseignement mais aussi de codification du travail dans les entreprises.Sur commande en 6-8 joursCOMMANDER26,00 €
Du même éditeur
-

Communisme et salaire chez Bernard Friot. Petit manuel critique et politique
Laumaillé Pierre ; Friot BernardDepuis 15 ans, les livres de Bernard Friot (vendus à des dizaines de milliers d'exemplaires) jouent un rôle moteur pour remettre le communisme à l'ordre du jour. Pourtant, nombreux sont les lecteurs à éprouver des difficultés pour entrer dans son système, tant les renversements qu'il suggère sont révolutionnaires : il manquait jusqu'alors un manuel pour introduire à sa pensée. Voyage illustré dans le communisme de Friot, ce livre éclaire, dans un propos pédagogique et documenté, ses principes théoriques, ses institutions et ses perspectives pour poursuivre les déjà-là communistes. Il passe en revue les principales objections qui lui sont faites et offre des pistes pour approfondir ces débats.Sur commande en 4-6 joursCOMMANDER20,00 € -

Manifeste pour une démocratie du travail
COLLECTIFAlors que le capitalisme devient toujours plus autoritaire et productiviste, pouvons-nous prendre collectivement le pouvoir sur notre travail ? Et comment ? Un collectif de chercheur.es syndicalistes et professionnel·les raconte des enquêtes, luttes et alternatives qui montrent que c'est possible et analyse les manières dont s'y prennent concrètement les travailleur-ses pour donner du sens à leurs activités, prendre soin des collectifs et conquérir de l'autonomie au travail. Leur Manifeste prend position dans les débats en cours sur le renouvellement du syndicalisme et avance des propositions politiques pour mettre le travail au service de la démocratie, de l'émancipation et de la défense du vivant.En stockCOMMANDER13,00 € -

Le travail du care. Edition 2020
Molinier Pascale ; Arango Gaviria Luz GabrielaLe care ou le souci des autres est une zone de conflits, de tiraillements et de dominations. Celle, notamment, du travail salarié des professionnels du soin et de l'assistance, constitué essentiellement d'un salariat féminin subalterne, surexploité et stigmatisé par son "manque de qualification", et parfois sa couleur de peau ; celle, aussi, du travail domestique toujours inégalement distribué. Or on ne pourra jamais évacuer complètement le "sale boulot", il est urgent de penser une transformation politique du travail et de la société en plaçant le care au centre de la réflexion sur le travail. Cet ouvrage défend une position singulière, sensible et forte, au sein des débats contemporains autour du care et propose de changer de regard sur le travail, sur le soin et sur la société. C'est cette position que, d'entrée de jeu, la préface de cette nouvelle édition renforce en répondant et en désarmant avec brio les polémiques sur le care, polémiques parfois induites par la précédente édition, publiée en 2013. Ce qui conduit l'auteure à mettre la focale sur ce qu'est vraiment la "perspective du care" et à montrer l'inédit de cette posture théorique.Sur commande en 4-6 joursCOMMANDER16,00 € -

Troubles en psychiatrie. Enquête dans une unité pour adolescents
Coutant IsabelleExtrait de l'introductionJuin 2007. Une unité psychiatrique pour adolescents située dans un secteur défavorisé de la banlieue parisienne. J'y viens régulièrement en tant que sociologue depuis neuf mois, en moyenne trois jours par semaine. Ce jour-là, les professionnels sont réunis en présence du cadre et du chef de service, afin de faire le bilan de l'année. Yasmina, psychiatre chargée des évaluations concernant les adolescents hospitalisés en pédiatrie, exprime sa fatigue et son désarroi: «Je rêve d'avoir une vraie bouffée délirante», soupire-t-elle. J'ai tout d'abord cru à une boutade, avant qu'elle ne précise le sens de son intervention, décrivant le déroulement de ses journées, en grande partie consacrées à résoudre des questions sociales. Nombre d'adolescents souffrent tout autant (voire davantage) de leurs conditions de vie que d'une pathologie avérée. «On a une position compliquée de refuge», commente l'un de ses collègues, avant qu'Alain, infirmier originaire du Congo, n'ajoute: «La psychiatrie regorge des difficultés des cités. Comme le social ne marche pas, ça entraîne des troubles du comportement.» A contrario, accueillir un patient délirant («avoir une bouffée délirante»), c'est être au coeur du métier de psychiatre, se rapprocher de son aspect spécifiquement médical: un symptôme précis, un diagnostic évident, un protocole simple, autour notamment de la prescription d'un médicament.Régulièrement, les professionnels, quel que soit leur grade, s'interrogent ainsi sur les limites de leur fonction. Ils questionnent la catégorisation des troubles qu'ils ont à traiter. Cela tient aux caractéristiques sociales de la population du secteur tout autant qu'à la mission assignée à l'unité lors de sa création autour de l'accueil des jeunes «difficiles», aux «pathologies limites», «rejetés de toutes les institutions». Dans ces cas-là, ce sont les «troubles du comportement» ou les «troubles des conduites» qui sont invoqués comme motifs d'hospitalisation. «Notre service a souvent à prendre en charge ce qui a pu être considéré comme une "pathologie nouvelle", à la limite entre la psychose et la névrose», écrivait le psychiatre responsable pour présenter la structure dans la revue du centre hospitalier en janvier 1999: «Il s'agit de troubles graves de la structuration de la personnalité, avec une désorganisation du comportement qui ne s'accompagne pas de désorganisation de la pensée. Ces troubles sont particulièrement fréquents parmi les jeunes de nos banlieues (alors que d'autres, plus classiques, comme l'anorexie mentale, y sont rares) et s'expriment souvent sur le mode de la violence, de la délinquance et de la toxicomanie.» Les jeunes qui fréquentent l'unité y ont été orientés soit après une hospitalisation en pédiatrie, soit à la demande d'un psychiatre extérieur, soit à la demande d'un service éducatif ou d'un magistrat. D'après un rapport d'activité, parmi les jeunes pris en charge de 1991 à 1994, 21 % disposaient d'un suivi éducatif sous mandat du juge des enfants.Souvent, il s'agit d'intervenir pour évaluer l'état psychique d'un adolescent, d'agir de manière préventive pour éviter que la situation ne se dégrade. Les psychiatres hésitent cependant à poser un diagnostic dans la plupart des cas, la structure psychique étant supposée labile à l'adolescence, susceptible d'évolution. Le flou qui entoure les troubles ainsi que leur caractère socialement situé amènent ici les psychiatres à prendre des distances vis-à-vis d'une demande sociale qui les réduirait à de simples agents de contrôle de l'ordre public. Un an après les émeutes qui ont touché des communes avoisinantes, ils se méfient des politiques publiques qui s'inquiètent de la souffrance adolescente à partir du moment où les jeunes deviennent violents. «On n'est pas là pour les empêcher de brûler des voitures», dit l'un; «on n'est pas là pour empêcher qu'ils se fassent agresser, c'est à la police de faire ça», dit une autre. Face aux éducateurs qui les sollicitent pour des jeunes qu'ils ne parviennent pas à gérer, les psychiatres peuvent répondre: «Qu'est-ce qui vous dit qu'on va faire ça mieux que vous?» Dans nombre de situations, en effet, tout se passe comme si la psychiatrie était amenée à jouer un rôle de soupape face aux autres institutions d'encadrement de la jeunesse en difficulté, qu'il s'agisse de la Protection judiciaire de la jeunesse, de l'Aide sociale à l'enfance, de l'Éducation nationale, des instituts médico-éducatifs.Sur commande en 4-6 joursCOMMANDER22,00 €
