LA-BAS COMME ICI. Le paradoxe de la représentation
Enaudeau Corinne
GALLIMARD
15,20 €
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EAN :9782070752393
D'abord Diderot, car le théâtre concentre sur sa scène le paradoxe de la représentation. Représenter, en effet, c'est se substituer à un absent, vouloir lui assurer une présence effective. Transparence : la représentation s'efface devant ce qu'elle montre,, c'est comme si la chose était là. Mais opacité aussi bien : en supplantant et en éclipsant la chose, la représentation en redouble l'absence. Alors, déception de lâcher la proie pour l'ombre, de substituer des fantômes à la chair, ou jubilation d'avoir gagné au change ? À moins que l'illusion ne soit inverse et que nous ne soyons victimes de la croyance en la chose même, en une présence sans médiation qui pourrait se passer de mots, d'images, d'idées. Le paradoxe de la représentation n'a cessé de tourmenter la philosophie, de Platon à Wittgenstein. Freud, en différenciant représentation de mot et représentation de chose, en affirmant l'existence de représentations inconscientes, accentue l'écart entre absence et présence. Avec lui c'est l'âme des hommes qui est scindée, vacance de soi et exil en l'autre. Serions-nous voués, comme cet enfant qu'il a su observer, jouant à faire disparaître et réapparaître une bobine tenue par un fil, à tenter que là-bas soit comme ici? La représentation, la pensée, le langage seraient-ils notre inlassable Fort-Da ?
Nombre de pages
234
Date de parution
15/09/1998
Poids
225g
Largeur
118mm
Plus d'informations
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EAN
9782070752393
Titre
LA-BAS COMME ICI. Le paradoxe de la représentation
Auteur
Enaudeau Corinne
Editeur
GALLIMARD
Largeur
118
Poids
225
Date de parution
19980915
Nombre de pages
234,00 €
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Résumé : Procédé exceptionnel qu'on s'autorise dans une situation embarrassante, l'expédient a certes une efficacité potentielle, mais une faible consistance théorique. Impuissant à se justifier, illégitime en son principe, c'est pourtant lui qui pallie les défaillances de la démarche régulière, lui qui atteste que la pratique est toujours plus et autre que ce qu'en a décidé la théorie. Corinne Enaudeau et Patrice Loraux ont imaginé de réunir des représentants de différentes disciplines (mathématiques, philosophie, psychanalyse, droit, sociologie, anthropologie, traduction) pour réfléchir sur le statut théorique de l'expédient, ce parent pauvre de la rationalité. Par-delà la diversité des domaines concernés, l'exercice de tout métier - intellectuel aussi bien - remet de fait en chantier les règles de la méthode constituée. La nécessité de poursuivre en dépit des incertitudes conduit à user de ressources improvisées mais indispensables. Parce qu'il est le ressort de la démarche effective, l'expédient demande à la méthode de prendre acte de son premier ennemi : l'impasse où nous immobilise l'obstacle imprévu. L'art de suppléer inopinément au déficit pratique serait cette paradoxale "méthode de l'expédient" que les textes ici rassemblés interrogent.
Gilles Deleuze et Jean-François Lyotard sont deux figures centrales de la pensée française contemporaine. Leur connivence, née dans les années 1970 alors qu'ils enseignent à l'Université expérimentale de Vincennes, procède d'une critique partagée de l'humanisme classique, d'une distance comparable à l'égard du structuralisme, enfin d'une thématisation commune du désir et de la sensibilité. La publication, à deux ans d'intervalle, de L'Anti-Oedipe et d'Economie libidinale confirme cette proximité : les auteurs y soutiennent des positions éthiques et politiques tout aussi intempestives. On aurait pourtant tort de croire que leurs idées relèvent d'une même "philosophie de la différence", expression qui caractérise la seule entreprise de Deleuze. Dès les années 1980, Lyotard et Deleuze ont en effet divergé sur le sens à accorder à la psychanalyse, à l'oeuvre de Wittgenstein ou encore à l'obligation morale. Le propos du présent volume est de mettre à profit quarante années de recul pour confronter à nouveaux frais ces deux représentants de la philosophie française, en restituant l'héritage, l'évolution et le prolongement de leurs pensées respectives. Les contributions ici réunies déploient le large éventail des disciplines que Deleuze et Lyotard ont explorées et discutées. Elles s'intéressent aussi bien à la période de leur plus grande proximité théorique qu'à l'apparition des différends les opposant, au moment même de l'avènement, chez Lyotard, du concept de "différend".
Par la multiplicité des champs explorés et l'ampleur de ses déplacements, l'?uvre de Lyotard reste d'un usage malaise. Sa pensée est trop souvent confondue avec celle de ses voisins de "la pensée française", Deleuze et Derrida, ou réduite a une acception sommaire de l'un de ses concepts marquants: le "postmoderne". On oublie ainsi l'enjeu singulier de cette réflexion, aux prises avec la décision qu'exigent le jugement d'une part et l'intensité anonyme ou se donne "l'événement" d'autre part. Dix ans après la mort de Lyotard, il nous manque une compréhension plus ample de la voix qui fut la sienne dans les débats philosophiques de la fin du siècle dernier. Les textes de ce volume ouvrent la boîte des "transormateurs Lyotard", ils expérimentent la puissance opératoire de cette pensée.
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.