Ce nouveau livre de poésie de Serge Meurant se décline en six suites formant un tout cohérent. Sous ce titre, Empreintes, nous pouvons aussi bien lire, dès l'ouverture, les moulages de la vie, déceler leurs lignes de forces, celles des résistances ouvertes sur cette confrontation manifeste aux angles morts du vivant, en évitant de s'enfermer dans quelque nostalgie. Ces suites, tout en délicatesse, témoignent aussi bien de ce qui, du monde, affleure, comme de ce qui, de l'autre rencontré et tenu au plus près de soi, peu à peu s'écarte, tout en retenant cependant la trace, tel le froissement de l'invisible pareil à un drap qu'on déplie, pour reprendre les vers de l'un de ses poèmes. Ainsi se rattache-t-il à la mémoire comme à la conscience de temps qu'elle rappelle à chaque instant. Les mots sont ajustés les uns aux autres avec une extrême précision, selon une langue magnifiquement maîtrisée, à la fois simple et complexe. L'auteur nous offre chaque fois un miroir à plusieurs faces où les figures évoquées relancent la subjectivité qui les porte. Dès lors, cette poésie n'hésite pas à afficher un caractère personnel. Soutenue par une puissance d'évocation singulière, originale, elle condense des moments d'existence dans lesquels le lecteur peut parfaitement s'introduire afin de partager l'expérience saisie et ravivée par une langue poétique, dépouillée, elle attrape et retient jusqu'à bouleverser.
Date de parution
01/09/2021
Poids
410g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782875980281
Auteur
MEURANT SERGE
Editeur
CORMIER
Largeur
160
Date de parution
20210901
Nombre de pages
0,00 €
Disponibilité
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Dans ce livre de poèmes et de photographies deux univers entrent en résonance en un subtil jeu d'échanges. Serge Meurant et Jacques Vilet ont recherché une lumière commune, un accord entre les mots et les images. Leur dialogue s'articule autour de cinq moments : Les enfants, les portraits intitulés Silences, les natures mortes ou Paysages domestiques, les paysages titrés Traversées et Panorama. Un va-et-vient fécond s'installe entre mots et images. La pensée du lecteur chemine de l'un à l'autre. Un mur, surface marquée par le temps, introduit le livre. Il pose un temps d'arrêt et invite le lecteur à s'interroger sur le présent qui donne à voir, sur le chemin qui est rarement en ligne droite, sur l'éternité des instants quotidiens.
La parole n'est promessede rien?:elle naît.On ne peut rienen dire.Elle éloignela tristesse de mourir. Ce poème, qui introduit Une saison en éclats, donne toute la mesure des textes qui vont suivre et de l'écriture de Serge Meurant.?Dépouillés et méditatifs, les vers suggèrent la fugacité du temps qui passe et la vie qui l'accompagne. Les images de Kikie Crêvec?ur égrènent les saisons et en suggèrent le cycle. Saturées de couleurs, elles font à la fois écho au foisonnement et à la générosité de la nature. Linéaires et cycliques, les instants d?Une saison en éclats invitent à la retenue, à la transparence et à la méditation. Une saison en éclats est le centième titre des éditions Esperluète.
Ce livre s'ancre dans la poésie en s'ouvrant sur la rencontre entre deux univers, l'univers musical et mental de Serge Gainsbourg, et l'univers secret de Bambou. Il s'agit d'une fiction poétique autour de ce tandem Serge Gainsbourg-Bambou qui entend moins apporter une pierre de plus au mythe Gainsbourg qu'interroger de façon intimiste les zones de résonance entre deux êtres tendus vers l'extrême. Il n'est point question d'une traversée de l??uvre de Gainsbourg mais d'une traversée de son rapport au verbe, aux femmes, à la mort. Le second volet de ce livre offre une suite poétique où l'auteure explore des contraintes de diverses natures ? phonétique, syntaxique, stylistique? ?, la règle de base importe moins que le bougé qu'elle produit dans l'ensemble du texte. C'est dès lors l'écart qu'elle catalyse à l'intérieur même du récit, les mouvements centrifuges et les effets déstabilisateurs qu'elle induit. Toucher aux conventions par l'inoculation d'une règle altère le poids d'évidence que nous conférons aux premières et dégage le geste constructiviste dont elles sont les retombées. C'est ainsi que l'adoption d'une contrainte déséquilibre le corpus de règles instituées, que l'adjonction d'une loi libère l'aléatoire. Le recours au lipogramme, à l'homophonie? vaut par la redistribution des paysages qu'il provoque. Les opérations de soustraction ou de prolifération de lettres, le transfert de procédés extra-littéraires dans le champ de l'écrit que ce recueil met en ?uvre ne ressortissent donc pas à l'esprit de formalisation, à son seul souci d'explorer les instruments dont il dispose. Il n'est, en effet, de jeu sur la structure qui ne soit un jeu sur l'événement. Il n'est d'intervention sur les codes de base qui ne soit ébranlement de l'agencement en son ensemble. Il se dégage de cet ensemble une sensualité peut commune et qui ne s'enferme pas dans des formules : nous controns l'avancée des souffles de l'enfance / par une danse nuptiale / sexe contre sexe.
Ce recueil tente de marquer une certaine inadéquation de l'être au monde. Inadaptés au lieu, inaptes à l'autre et séquestrés dans la parole qui est le bruissement de notre espèce. C'est aller nus dans le noir. Reste le poème. Pas le vent de ce qu'on voulait dire, mais la nécessité des failles que les mots maintiennent béantes et du silence auquel ils exhortent.