La recherche africaine face au défi de l'excellence scientifique. Livre 3
Ela Jean-Marc
L'HARMATTAN
19,00 €
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EAN :9782296027077
Grâce aux nouvelles technologies de l'information et de la communication, la production et la circulation des savoirs s'effectue à un rythme vertigineux et sans précédent dans l'histoire de l'humanité. La maîtrise et l'appropriation des connaissances sont au premier rang des facteurs qui déterminent la place des Etats et des peuples dans l'ordre actuel des relations internationales. Dans cette émulation planétaire de l'excellence et de la puissance, l'Afrique, tant bien que mal, essaie de ne pas rester à la traîne d'une compétition dont l'issue conditionne en partie le destin de ses populations. Pour les pouvoirs politiques qui doivent inscrire cette nouvelle donne au cœur de leurs priorités, pour l'élite intellectuelle africaine, il s'agit selon l'auteur de bâtir un corps de recherche à la hauteur des urgences du continent, et construire au besoin, en partenariat avec des chercheurs du Nord, des paradigmes nouveaux affranchis des tutelles qui s'approprient la recherche de pointe pour la satisfaction exclusive des logiques de profit et de pouvoir. A une époque où ne cesse de s'amplifier, dans l'univers des sciences, le débat sur les implications éthiques de la rationalité scientifique, la recherche africaine doit se vouloir performante et prendre toute sa place dans cette confrontation dialectique sur les contenus de l'humanisme moderne.
Nombre de pages
201
Date de parution
26/02/2007
Poids
228g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782296027077
Titre
La recherche africaine face au défi de l'excellence scientifique. Livre 3
Auteur
Ela Jean-Marc
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
228
Date de parution
20070226
Nombre de pages
201,00 €
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Face aux problèmes de fond que pose la production des connaissances dans le contexte africain, le chercheur indigène ne peut ignorer l'histoire et les théories, les modèles et les méthodes de la science auxquelles il est confronté depuis sa formation. Il lui faut prendre position par rapport à l'héritage reçu au moment même où il doit s'efforcer d'avancer comme à tâtons sans savoir où il va en essayant de pénétrer toujours davantage dans un domaine complexe et difficile où, en dépit des discours d'école, il n' y a ni règles a priori ni codes établis. Car il est demandé à chacun de faire preuve d'imagination pour inventer sa propre voie. Cette exigence implique la violation d'un certain ordre de choses dans les manières de penser et de faire en vue de s'inscrire dans un champ d'initiatives qui portent la marque de son aventure scientifique. Pour mieux saisir les enjeux de l'intelligence qui s'imposent à l'Afrique dans la dynamique actuelle des savoirs, il convient de cerner les crises de la rationalité dans l'évolution historique: Dans ce but, l'auteur attire l'attention sur les attitudes et les comportements, les mythes et les croyances par lesquelles la société entoure la science alors qu'ils sont incompatibles avec les exigences et les contraintes de l'activité scientifique.
Dans la mesure où l'humanité est en quête des savoirs de toutes les cultures, il faut s'interroger sur le modèle de mondialisation des savoirs à construire en faisant place aux acteurs de la science situés dans les contextes culturels différents. En même temps, il convient de montrer les risques auxquels l'humanité s'expose lorsque la science qui tend à se globaliser, c'est une science en crise et, en fin de compte, des paradigmes dont la pertinence est remise en question dans l'espace de leur apparition. Les savants et les philosophes qui s'interrogent aujourd'hui sur la science en Occident montrent bien que la manière dont la science se développe ne répond pas aux attentes de l'Occident lui-même. La quête d'une "science ouverte", d'une "raison plus totale" ou d'une "complémentarité des savoirs" met en cause la pratique d'une rationalité particulière, dominante et tronquée. Rien ne justifie l'absurde prétention de cette science à s'identifier à "la raison universelle". Au moment où l'Occident est hanté par les exigences d'une rationalité qu'il s'est fait le devoir d'oublier depuis la séparation de la science et des grands systèmes philosophiques, une sorte de vigilance épistémologique s'impose à l'Afrique. Dès lors, insiste l'auteur, dans tout rapport au savoir, il s'agit de prendre en compte la négation de ce qui, à travers l'invasion des paradigmes d'Occident, donne sens et valeur à la vie. Le scientifique africain doit veiller à construire une nouvelle cohérence. Dans ce but, des choix fondamentaux s'imposent au sujet de la nature de la science elle-même. Ces choix obligent à établir de nouveaux liens entre la science et le reste de la culture, en particulier la philosophie, l'éthique et l'art. Ils imposent une autre orientation à la pensée.
La Raison est née chez les noirs : tel est le " scandalt " qui est au centre de l'oeuvre de Ch. A. Diop. Si cette oeuvre fascine les uns, elle perturbe et dérange les autres. Pour en saisir l'enjeu, il faut revenir au long débat ouvert sur l'Afrique à partir du regard de l'Occident depuis la Renaissance. Avec une puissance de travail rare et une vaste culture, le célèbre auteur de Nations nègres et Culture affronte une génération de potentats de la science. Il en vient à semer l'épouvante chez les gardiens du temple et à remettre en question quelques mythes imposés par le pouvoir colonial. Un seul problème habite ce chercheur aux savoirs multiples : faire la lumière sur le rôle civilisateur des Africains dans l'histoire. Car, montrer que le continent noir est le berceau de l'humanité et que l'Egypte nègre est celle qui a inventé les sciences et les techniques, les mathématiques et la philosophie, l'écriture et la religion, c'est rétablir la vérité trop longtemps masquée par le " mythe du Nègre ". Pour Ch. A. Diop, Ie " miracle grec " à proprement parler n'existe pas. Tout Ie problème est là. L'égyptologue indigène est un hérétique du savoir institué. S'il rend à l'homme noir sa mémoire, il annonce la fin des certitudes et ouvre des voies nouvelles à la recherche sur l'Afrique, au-delà des apports de l'Africanisme. Pour gérer l'héritage de cet homme de science, il faut retrouver cette capacité de créer qu'il a voulu faire naître en chaque Africain. Les maîtres de vérité sont tentés d'occulter l'apport de Ch. A. Diop à l'histoire des sciences. C'est pourquoi Jean-Marc Ela invite les jeunes Africains à relire sans passion une oeuvre incontournable qui démeure un défi à l'intelligence de notre temps.
L'Afrique a suscité de nombreuses recherches depuis la fin du XIXe siècle. Mais peu d'enquêtes de terrain ont porté sur les transformations des sociétés africaines. Si l'on veut sortir le Continent noir du musée des connaissances européennes, il faut promouvoir au sein des universités africaines l'enseignement des sciences sociales qui assument le poids du présent, avec les tensions et conflits, les crises et mutations qui s'imposent à l'observation. Qu'ils soient sociologues, anthropologues, historiens ou politistes, etc... les analystes indigènes ont un grand rôle à jouer pour la redéfinition de l'Afrique dans le système-monde. En rejoignant leur peuple dans ses lieux d'invention, ils aident à restituer l'Histoire aux Africains. A travers l'étude du quotidien et de l'actuel, ils lui permettent de "se penser" et de progresser. Au moment où l'Afrique est un enjeu de la connaissance, l'auteur plaide pour une mise en cause et un renouvellement des savoirs. Il trace un projet d'implantation concrète des structures pédagogiques à partir du matériau humain et des réalités socio-économiques des pays africains.