Faire face au vieillissement, c'est aussi affronter d'une part le regard social et d'autre part observer son corps usé qui altère jour après jour l'autonomie. Et pourtant, l'amour demeure. Et plus encore, le désir qui s'accompagne d'une sexualité revisitée. Réinventée car elle ne se conforme plus ni à la performance, ni à la pression sociale, mais elle développe son propre rythme, son propre temps, sa propre intimité fragile parfois tout aussi intense. Il sera donc question, à travers des rencontres retranscrites avec nos vieilles et nos vieux, de savoir comment se vit l'amour et comment on fait encore l'amour. Pour mener ce travail documentaire, Mohamed El Khatib a recueilli la parole de personnes âgées de tous horizons sociaux afin de tisser un récit témoignant d'une pluralité d'expériences amoureuses. Ce paysage amoureux du troisième âge constituera le tableau nostalgique de nos bilans amoureux, mais sera aussi une promesse : celle que le désir peut se nicher jusqu'aux derniers instants dans la fragilité de nos vies.
Nombre de pages
80
Date de parution
27/06/2024
Poids
77g
Largeur
125mm
Plus d'informations
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EAN
9782846817417
Titre
La vie secrète des vieux
Auteur
El Khatib Mohamed
Editeur
SOLITAIRES INT
Largeur
125
Poids
77
Date de parution
20240627
Nombre de pages
80,00 €
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J'ai réuni l'ensemble du "matériau-vie" à ma disposition entre mai 2010 et août 2013. Je n'ai pas toujours demandé les autorisations utiles. Je ne me suis pas posé la question de la limite, de la décence, de la pudeur. J'ai rassemblé ce que j'ai pu et j'ai reconstruit. Tout est allé très vite et sans préméditation. Cette fiction documentaire est restituée ici arbitrairement sous la forme d'un livre, de façon chronologique, à peu près linéaire. Il n'y a aucun suspense, à la fin on sait qu'elle meurt et que son fils est très très triste. On sait également que si c'était à refaire, j'agirais sans doute différemment. J'aurais été un fils irréprochable. Les parents se demandent toujours s'ils ont été de bons parents. Mais nous, est-ce qu'on a été de bons enfants ? On a été des enfants au niveau, nous ? On a été des enfants olympiques, nous ?
Moi, mes parents, ils se sont séparés quand j'étais petit. J'avais environ 5 ou 7 ans par là. Et ils m'ont demandé si je voulais habiter avec papa ou avec maman. Je leur ai dit que je voulais réfléchir avant de choisir. Je voulais peser le pour et le contre. Avec mon père, je peux manger des hamburgers tous les jours, on peut regarder la télé le soir, je suis pas obligé de prendre ma douche et je fais mes devoirs que le mercredi. Avec ma mère, on est obligé de manger des poireaux, de se coucher à 20 heures, on est obligé de se laver tous les jours et elle a pas beaucoup d'humour. Donc. J'ai choisi ma mère.
Mes parents est une proposition performative qui s'aventure dans le regard tendre et cruel que les enfants portent sur leurs parents, ce qu'ils savent et ne savent pas sur eux. Grande inconnue : la sexualité des adultes. Un angle mort qu'a exploré l'auteur metteur en scène avec, comme toujours chez l'artiste, un flou savant sur scène entre le jeu et la réalité. Des conversations à bâtons rompus initiées par Mohamed El Khatib avec les étudiants durant le confinement, via les écrans de leurs ordinateurs, durant lesquelles ils évoquent leurs vies et celles de leurs parents. Ces échanges sont devenus le prétexte d'un temps de théâtre d'autant plus percutant qu'il est porté au plateau par celles et ceux qui ont pris la parole.
C'est l'heure de la vengeance du règlement de comptes c'est l'heure où marchant sur mes pas tu viens me faire payer d'avoir été la plus aimée c'est ça ? et toi celle qui soi-disant n'a pas été désirée ? c'est ça ?
Lorsque le père de Tiago Rodrigues était à l'hôpital, il recevait régulièrement la visite d'une femme appelée Teresa. Elle travaillait comme bénévole à l'hôpital et prenait le temps de parler aux patients pour rompre leur solitude. Plus tard, Tiago Rodrigues a découvert que Teresa était une actrice qu'il connaissait bien.Depuis son lit de malade, son père, réalisant qu'il allait mourir, a commencé à écrire un livre. Selon Teresa, il voulait mélanger ses expériences de patient en phase terminale à l'hôpital avec des souvenirs de sa vie, en particulier des histoires liées à son travail de journaliste. Par exemple, il a pensé à l'histoire d'une autre Teresa, Teresa Torga, une obscure actrice et chanteuse de fado, souffrant de troubles mentaux, qui s'est déshabillée et s'est promenée nue, récitant des poèmes et chantant dans l'une des rues les plus animées de Lisbonne, lors d'une manifestation.Après la mort de son père, Tiago Rodrigues a ouvert le carnet. Il ne contenait que quelques lignes et points, quelques gribouillis, comme les dessins abstraits d'un enfant en bas âge.Dans Pas de yaourt pour les morts (No Yogurt for the Dead), Tiago Rodrigues crée une pièce de théâtre pour imaginer ce que son père aurait pu souhaiter écrire dans les derniers jours de sa vie.