Mon grand-père, il a toujours voulu qu'on disperse ses cendres au stade Bollaert, il disait : "Ca fera de l'engrais." Donc, à sa mort, on s'est pointés avec l'urne, mais le vigile nous a pas laissés entrer avec la boîte. Du coup, on s'est partagé mon grand-père en mettant ses cendres dans nos écharpes. Et au moment de disperser les cendres, une bourrasque les a entraînées vers les toilettes du stade. Mon grand-père, qui passait son temps à crier "Aux chiottes l'arbitre !", a fini par les rejoindre... Je l'ai jamais dit à ma mère qui croit que son père repose juste derrière les buts. Les stades de football sont de formidables laboratoires politiques et poétiques. On y côtoie le pire et le meilleur. C'est le dernier endroit de mixité sociale, le dernier espace où, pendant 90 minutes, vont se côtoyer classes laborieuses et bourgeoisie. Même l'école a perdu cette vocation. Stadium tente de comprendre comment cette passion structure des vies entières à l'échelle d'un territoire en réunissant plus de cinquante supporters du Racing Club de Lens pour une expérience esthétique inédite. Mohamed El Khatib donne directement à entendre des personnes qui consacrent une part importante de leur vie à l'amour de leur club, tordant le cou à une certaine condescendance à l'égard des amateurs de football, sans alimenter pour autant la mythologie ouvriériste. Trajectoires et témoignages à l'appui, au travers des comportements hyper-codifiés des gradins d'un stade, il agence une partition pour classes populaires qui rend compte de la complexité des valeurs, du lien social et de l'imaginaire que porte cette cérémonie contemporaine du match.
Nombre de pages
80
Date de parution
11/09/2017
Poids
288g
Largeur
210mm
Plus d'informations
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EAN
9782846815338
Titre
Stadium
Auteur
El Khatib Mohamed ; Lamoulère Yohanne
Editeur
SOLITAIRES INT
Largeur
210
Poids
288
Date de parution
20170911
Nombre de pages
80,00 €
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J'ai réuni l'ensemble du "matériau-vie" à ma disposition entre mai 2010 et août 2013. Je n'ai pas toujours demandé les autorisations utiles. Je ne me suis pas posé la question de la limite, de la décence, de la pudeur. J'ai rassemblé ce que j'ai pu et j'ai reconstruit. Tout est allé très vite et sans préméditation. Cette fiction documentaire est restituée ici arbitrairement sous la forme d'un livre, de façon chronologique, à peu près linéaire. Il n'y a aucun suspense, à la fin on sait qu'elle meurt et que son fils est très très triste. On sait également que si c'était à refaire, j'agirais sans doute différemment. J'aurais été un fils irréprochable. Les parents se demandent toujours s'ils ont été de bons parents. Mais nous, est-ce qu'on a été de bons enfants ? On a été des enfants au niveau, nous ? On a été des enfants olympiques, nous ?
Alors voilà, j'aimerais vous inviter à participer à un travail, qui n'a rien de psychanalytique, qui n'aura aucune vertu apaisante - j'en ai conscience -, à nous revoir pour réfléchir à la notion suspecte de "deuil". Je ne connaissais pas vos enfants, je ne crois pas les avoir croisés, en tout cas je ne m'en souviens pas. J'aimerais que vous puissiez me parler d'eux, de leur disparition de votre vie.
Moi, mes parents, ils se sont séparés quand j'étais petit. J'avais environ 5 ou 7 ans par là. Et ils m'ont demandé si je voulais habiter avec papa ou avec maman. Je leur ai dit que je voulais réfléchir avant de choisir. Je voulais peser le pour et le contre. Avec mon père, je peux manger des hamburgers tous les jours, on peut regarder la télé le soir, je suis pas obligé de prendre ma douche et je fais mes devoirs que le mercredi. Avec ma mère, on est obligé de manger des poireaux, de se coucher à 20 heures, on est obligé de se laver tous les jours et elle a pas beaucoup d'humour. Donc. J'ai choisi ma mère.
Mes parents est une proposition performative qui s'aventure dans le regard tendre et cruel que les enfants portent sur leurs parents, ce qu'ils savent et ne savent pas sur eux. Grande inconnue : la sexualité des adultes. Un angle mort qu'a exploré l'auteur metteur en scène avec, comme toujours chez l'artiste, un flou savant sur scène entre le jeu et la réalité. Des conversations à bâtons rompus initiées par Mohamed El Khatib avec les étudiants durant le confinement, via les écrans de leurs ordinateurs, durant lesquelles ils évoquent leurs vies et celles de leurs parents. Ces échanges sont devenus le prétexte d'un temps de théâtre d'autant plus percutant qu'il est porté au plateau par celles et ceux qui ont pris la parole.
Le Coeur d'Ester. Au xixe siècle fut retrouvé dans la campagne anglaise un mystérieux manuscrit composé d'extraits d'un journal intime et de poèmes d'amour écrits par une certaine Ester. Elle y décrit comment, à force de s'abandonner corps et âme aux autres, elle disparaît peu à peu. Alberto Cortés met en miroir l'abandon à l'être aimé et son propre abandon face au public : il dessine les contours de cette relation définie par le fait de regarder et d'être regardé, et en conclut qu'à force d'être regardé, on finit par disparaître. Les Garçons de la plage Adoro. Sur la plage Adoro, deux corps d'hommes, l'un portugais, l'autre espagnol, s'unissent pour se fondre l'un dans l'autre dans l'intimité des recoins naturels offerts par les lieux de cruising. Ils s'unissent pour se reconnaître, ont des relations sexuelles pour tenter d'effacer par cet acte intime toutes les dettes qui demeurent entre deux pays qui se tournent le dos. Ils imaginent d'autres façons d'envisager le sexe entre hommes, peut-être par nécessité d'en faire une action curative.
C'est l'heure de la vengeance du règlement de comptes c'est l'heure où marchant sur mes pas tu viens me faire payer d'avoir été la plus aimée c'est ça ? et toi celle qui soi-disant n'a pas été désirée ? c'est ça ?