Voici une traduction, revue et considérablement augmentée, du premier recueil (1932) de Gunnar Ekelöf, reconnu universellement comme le poète suédois le plus original de ce siècle. En 1953, du vivant du poète (Ekelöf est mort en 1968), Jean-Clarence Lambert avait donné une première traduction de Tard sur la terre (Ed. Seghers). Au cours des années, Ekelöf n'a cessé d'enrichir et de modifier son livre, jusqu'à sa version définitive de 1962. Celle-ci comporte un important ensemble de poèmes demeurés inédits, Une nuit à l'horizon, dont on trouvera ici la traduction intégrale. Tard sur la terre a été composé au cours d'un séjour en France qui fut, pour le poète, une période de crise intellectuelle et morale, ascèse vers le néant, aspiration à une sacralité qui trouvera, finalement, à se déployer avec la trilogie du Diwan. Ekelöf fait confluer dans sa poésie, par-delà un certain romantisme nordique, la spiritualité orientale d'Ibn 'Arabi et le courant de la poésie française qu'il considérait comme "celui de mystiques s'aventurant dans les terres vierges où la pensée et les cinq sens n'avaient encore jamais conduit l'homme" : Rimbaud, Mallarmé, Reverdy, Desnos. "J'étais en quête, dira-t-il de Tard sur la terre, d'une sorte d'alchimie du verbe. Tel mot a son sens et tel autre le sien ; mais quand ils sont assemblés, il leur arrive quelque chose d'étrange : une relation est établie sans qu'ils perdent pour autant leur signification de départ. La poésie est cette relation riche de tensions entre les mots, entre les lignes, entre les significations".
Nombre de pages
112
Date de parution
03/05/1988
Poids
160g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070713134
Titre
Tard sur la Terre Une
Auteur
Ekelöf Gunnar
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
160
Date de parution
19880503
Nombre de pages
112,00 €
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Guide pour les enfers est construit en forme d'arche et culmine dans le dialogue entre l'Ange déchu et la jeune novice de Spalato, où l'échange des regards marque à la fois l'union et la distance entre les êtres. Sous les couleurs violentes d'un Orient à la fois païen, chrétien et musulman, le poète pose toutes les questions désespérées de l'angoisse moderne, rêve d'un salut nouveau, inouï, et imagine une sacralité terrible, mais plus vraie que les anciennes et plus efficace.
Ekelöf, le plus original poète suédois de ce siècle, est mort en 1968. Son premier recueil, "Tard sur la terre", publié en 1932 (et traduit en français par les soins de Jean-Clarence Lambert), porte l'empreinte du Mallarmé d'"Igitur", de Rimbaud et des grands précurseurs du surréalisme, dont il est alors proche. Mais l'on peut dire que son oeuvre, patiemment tissée et sans cesse reprise pendant les trente années qui suivent, s'accomplit peu avant sa mort avec la trilogie dont le premier volet est ce "Diwan sur le prince d'Emgion", qui lui fut littéralement dicté une nuit de mars 1965 à Istanbul. Le Diwan est un cycle de poèmes inspiré des romanceros populaires grecs, transmis par tradition orale depuis le Moyen Age et enrichis, au cours des siècles, de commentaires et rajouts divers. Son héros est un personnage imaginaire de l'histoire de Byzance, un prince et "acrite" d'origine probablement arménienne, chargé de la défense des marches de l'empire. Fait prisonnier par les Turcs à la bataille de Mantzikert en 1017, ainsi que l'empereur Romain IV Diogène, il a été livré, avec lui, aux nouveaux maîtres de Byzance qui l'ont fait aveugler et jeter dans la prison des Blachernes. Vingt-neuf poèmes sont attribués au prisonnier, aveuglé par ses ennemis, vingt-neuf autres sont présentés comme des légendes ou des thrènes dus à diverses mains ou rajoutés au cours des siècles, et ayant trait à la tragique destinée du prince, qui finira par être relâché et par rentrer aveugle dans son pays, guidé par une femme, apparemment sa fille. Dans sa prison, le prince invoque une Vierge qui n'est pas la Vierge chrétienne mais bien plutôt la Grande Déesse ou Grande Mère Vierge du Proche-Orient - "Vierge de Feu et de Néant" - qui, n'ayant donné naissance à aucun enfant, a pour enfants tous les hommes. L'art remarquable avec lequel Ekelöf se garde aussi bien de l'entraînement par la musique que des images fulgurantes le conduit dans le "Diwan" à réduire sa parole au monde des grandes passions: l'amour, la cruauté, l'honneur, et à ce qui est sans doute pour lui la plus haute de toutes: une piété sauvage et tendre pour le Rien, le manque de sens.
Ekelöf Gunnar ; Bjurström Carl Gustav ; Mathieu An
La Légende Fatumeh est composée comme un chapelet oriental, avec deux suites de poèmes encadrées par des "têtes de serpent". À l'histoire d'amour entre Fatumeh, vendue par sa mère et sauvée par un prince, succède celle de l'abandon, de la vieillesse et de la solitude. Mais Fatumeh, c'est aussi une incarnation du destin, fatum, où se rejoignent les thèmes du double, de l'âme, de l'humilité et de l'effacement. Il s'agit donc, dans cette aventure sacrée, où nous retrouvons l'image de la Vierge du Diwan, mère de tous les hommes, de l'énonciation liturgique (à la fois orientale ancienne et occidentale moderne) d'un rôle érotique et mystique, cruel et salvateur.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.