L'Ange Gabriel, travesti en grosse dame enveloppant de ses chairs abondantes un frêle soldat en goguette, deux ânes en train de copuler, inspirant le même désir à deux êtres célestes, un sexe exhibé devant une grosse femme ravie, de torrides corridas où se mêlent furieusement les sexes du torero, des picadors et des taureaux, de sulfureuses odalisques excitées sur une croix, des nonnes ébahies pénétrées par un chandelier à huit verges, Socrate arc-bouté sur un éphèbe en extase. Des fellations acrobatiques, des compositions renversantes, de formidables fesses en goutte d'huile, des croupes gigantesques, des sexes animés... Voilà les Dessins secrets "explosifs" d'Eisenstein, au crayon de couleur et à l'encre, réalisés de 1931 à 1948, exhumés des archives soigneusement cachées par le chef opérateur du cinéaste. À la fois exceptionnel et inattendu, cet ouvrage présente 152 dessins dans un ordre chronologique regroupant thèmes et styles. Considéré comme le plus grand cinéaste de la première partie du XXe siècle, Eisenstein a laissé nombre de chefs-d'oeuvre tels le Cuirassé Potemkine, Alexandre Nevski ou Ivan le Terrible. Cinéaste mais aussi peintre, architecte, décorateur, théoricien et dessinateur, donc. Mais l'artiste se gardait bien de tenir sa vie privée au secret, comme ses dessins où s'affichent au crayon l'obsession homosexuelle et une fascination pour les travestis, dans une vision du monde grotesque, féroce et iconoclaste. --Céline Darner
Nombre de pages
190
Date de parution
24/03/2001
Poids
801g
Largeur
1mm
Plus d'informations
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EAN
9782020336123
Titre
Dessins secrets
ISBN
202033612X
Auteur
Eisenstein Sergueï
Editeur
SEUIL
Largeur
1
Poids
801
Date de parution
20010324
Nombre de pages
190,00 €
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Le thème commun à ces écrits, inédits en français et récemment exhumés des archives d'Eisenstein, est celui qu'il avait coutume de désigner sous le nom MLB, Mutterleib(versenkung), [plongée dans le sein maternel]. Dès les années trente, Eisenstein a tenté de retrouver cet archétype universel aussi bien dans ses propres films que dans la littérature et dans la peinture. Comme ici à travers le parallélisme qu'il établit entre Ivan le Terrible et L'Idiot de Dostoïevski, un parcours des collections de la galerie de Dresde et un " démontage " enthousiaste et savant des " baigneuses " de Degas.
Parmi les caractéristiques étranges des habitants de ce continent - l'Amérique du Nord -, il en est une qui veut que chacun se choisisse des étoiles déterminées et vive en fonction d'elles. Ces étoiles ne sont pas célestes, mais cinématographiques, ce qui ne change rien à l'affaire. En revanche, cela permet d'augmenter sensiblement le fonds de roulement du ministère des P. et T. grâce au flot continu de lettres adressées aux dites étoiles bien-aimées. Raillant quelque peu cette bizarrerie et cette passion, le New-yorker fit paraître un jour une caricature: une très vieille lady de la plus haute société, - avec diadème en diamants dans ses cheveux blancs et laquais obséquieusement courbé à l'écart, - se livre à la même occupation qu'une quelconque jeune modiste ou n'importe quel office-boy: elle écrit à la star de son coeur. Mais le noeud de l'affaire n'est pas dans l'acte même d'écrire. Il est dans le destinataire. La lettre commence par:" Dear Mickey Mouse... "Là est l'essentiel..."
Un jour d'hiver, dans une cité de Rennes, un nouveau-né est découvert au fond d'un container à ordures. Vivant. Quelques étages plus haut, une jeune fille se vide de son sang. Elle s'appelle Monroe, elle a dix-sept ans. Dans cette chambre où sa mère l'a enfermée, Monroe revit les mois passés sur la colline, chez sa grand-mère Madeleine. Là-haut, le vent, le labeur et le silence façonnent les corps. Auprès de cette vieille femme solitaire aux mains guérisseuses, Monroe, enceinte, a découvert une paix inespérée. Et puis tout s'est écroulé. Monroe s'affaiblit, les policiers enquêtent, les soignants espèrent, les pompiers s'interrogent, la famille se désintègre : durant ces quelques heures d'une intensité foudroyante, chacun mesurera ce qu'il a perdu - ou sauvé - de son humanité.
Lola est une enfant de 12 ans, tuée dans d'atroces circonstances le 14 octobre 2022. Placée en garde à vue, la principale suspecte, D. B., est mise en examen pour meurtre, précédé, accompagné ou suivi d'actes de tortures ou de barbaries, et pour viol. En quelques heures à peine, ce terrible fait-divers bouleverse l'opinion publique, faisant l'objet d'un emballement médiatique inédit. La cynique récupération politique qui s'ensuit entraîne la remise en question de grands principes démocratiques, avec notamment des appels à une justice expéditive et un rétablissement de la peine de mort. Ce livre, écrit par les avocats de D. B., première femme condamnée à la perpétuité incompressible, raconte de l'intérieur les contours de cette affaire hors norme, depuis ses premiers instants jusqu'à la plaidoirie finale, en passant par le récit d'une reconstitution exceptionnelle ou la description d'une Unité pour Malades Difficiles. A partir du point de vue trop peu entendu des avocats "du Mal., La Sinistre Comédie dépeint surtout une effroyable traversée des enfers, caractérisée par l'inquiétant basculement populiste des élites médiatiques et politiques dans leur rapport à la justice et au crime. "S'il faut savoir se taire dans le respect du Droit, il ne faut pas avoir peur de parler pour le défendre. C'est la raison de ce livre."
On n'est pas en Alabama, on n'est pas en 1963. On est Philadelphie, "ville de l'amour fraternel "et de Rocky Balboa, en 1985. Une bombe fournie par le FBI est larguée depuis un hélicoptère policier sur une maison abritant des militants de MOVE, un mouvement écologiste radical essentiellement composé d'Afro-Américains. Dans la maison, 13 personnes sont réunies, dont le leader du mouvement, le "prophète" John Africa. Bilan de l'opération policière : 11 morts dont 5 enfants. L'incendie qui démarre, incontrôlé à dessein par le commandant de police, détruit aussi une soixantaine de maisons du quartier noir de Cobbs Creek, laissant 250 personnes sans abri. Au croisement des enjeux de racisme, d'environnement, de gentrification et de mémoire, ce livre raconte tous les aspects de cette incroyable tragédie, largement oubliée aux Etats-Unis et totalement inconnue en France. Un implacable récit à quatre mains, qui convoque l'enquête journalistique et les sciences humaines mais qui se lit comme un roman.
L'an dernier nous avons rencontré une de mes amies, Berthe. Ma fille, Mathilde, qui avait alors treize ans, connaissait Berthe, n'ignorait pas qu'elle avait été à Auschwitz. Pourtant, cet été-là, elle eut un choc en voyant son numéro sur son avant-bras gauche, tatoué d'une encre bleue un peu délavée. Ce qui m'a frappée, quand j'ai tenté de répondre à Mathilde pour lui expliquer ce qu'était Auschwitz, c'est que ses questions étaient les mêmes que celles que je me posais moi-même indéfiniment, ou qui traversent depuis plus d'un demi-siècle la réflexion des historiens et des philosophes et auxquelles il est si difficile de répondre. Car s'il m'est facile comme historienne d'expliquer comment s'est déroulé le génocide des Juifs, il reste un noyau proprement incompréhensible : pourquoi les nazis ont-ils voulu supprimer les Juifs de la planète ?