Le Corps militaire. Politique et pédagogie en démocratie
Ehrenberg Alain
AUBIER
12,10 €
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EAN :9782700703153
Si la tradition républicaine voit dans l'armée une école de démocratie, l'armée fait aussi partie de ces institutions closes où la démocratie est en suspens : le soldat n'est-il pas avant tout le modèle de l'obéissance absolue ? Dans une société de liberté, ne représente-t-il pas le symbole de la servitude ? Telle est la contradiction apparente - contradiction essentielle pour notre compréhension du fonctionnement politique moderne, et qui permet de s'interroger sur la notion, aujourd'hui fondamentale, d'autonomie - que l'auteur se propose d'analyser. En associant quatre niveaux de réalité - les conjonctures politiques, les représentations médicales du corps et de la puissance physique, les tactiques de combat et les méthodes pédagogiques -, essentiellement à partir de la fin du XVIIIe siècle puis entre la Restauration et 1918, Alain Ehrenberg montre comment les plus brillantes victoires militaires ne se conquièrent pas seulement sur les champs de bataille, mais tout autant dans la constitution d'un art politique de la relation humaine où, de l'apprentissage du pas cadencé à la maîtrise physique du combat, se dessine une sociabilité de l'affrontement qui n'est pas autre chose que le parcours du citoyen. Le dressage du soldat permet ainsi de comprendre une relation de pouvoir où - paradoxe de la pédagogie militaire, et peut-être de toute pédagogie - la soumission de l'individu n'est pas nettement dissemblable de son affranchissement, où tente de se fonder une économie concrète de la liberté.
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Nombre de pages
220
Date de parution
08/01/1992
Poids
252g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782700703153
Titre
Le Corps militaire. Politique et pédagogie en démocratie
Auteur
Ehrenberg Alain
Editeur
AUBIER
Largeur
135
Poids
252
Date de parution
19920108
Nombre de pages
220,00 €
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Qu'est-ce qui inquiète dans l'enfant qui inquiète ? " interroge Alain Ehrenberg. Dans nos sociétés, l'enfant est compris comme un individu avec des spécificités propres. Et, s'il inquiète, c'est parce que son trouble empêche le processus de socialisation et l'accession à l'autonomie individuelle, notre valeur suprême. Dans ce contexte, des incertitudes se sont installées à travers débats et polémiques quant aux façons dont l'enfant doit être éduqué ou soigné. Car cette autonomie, si prégnante dans les projets éducatifs et thérapeutiques, n'est jamais questionnée. Avec ce nouveau livre, Alain Ehrenberg nous propose une histoire éclairante des pratiques et des représentations autour de l'enfant qui va mal. Cette histoire se déroule en trois temps : de l'enfant déficient qui doit être corrigé (éducation correctionnelle), à l'enfant expressif qu'il faut écouter et soigner (psychanalyse), jusqu'à l'enfant handicapé mais acteur, dont on renforcera le pouvoir d'agir (neurosciences). A chaque étape, Alain Ehrenberg montre qu'il s'agit certes de soutenir et d'aider l'enfant, mais aussi de réguler socialement ses comportements. Une réflexion à la fois accessible et d'une grande profondeur sur les non-dits de notre société concernant ses normes, l'éducation et la santé mentale.
On apprend beaucoup sur les gens sains en étudiant les mal-portants. Les médecins le savent depuis longtemps, la sociologie le découvre. Il y a ainsi beaucoup à découvrir sur l'homme moderne par l'analyse de sa grande pathologie : la dépression. Nouvelle maladie ? Plutôt un mal-être diffus qui dépasse de loin les lumières de la médecine. Aucun psychiatre ne peut l'expliquer, ni même la définir. On sait seulement la "traiter" aujourd'hui à coup de Prozac. Troisième volet d'une enquête visant à cerner les contours de l'individu contemporain, l'essai d'Alain Ehrenberg propose d'envisager le phénomène dépressif comme l'expression d'une nouvelle figure de la subjectivité. Dans une société démocratique, libérée des modèles autoritaires reproduisant des antagonismes de classe ou de sexe, l'individu n'a plus d'autre objectif que de se promouvoir lui-même. Initiative, projet, motivation, responsabilité...: le catéchisme d'aujourd'hui n'engendre plus le sentiment de la faute mais celui de l'insuffisance. Le déprimé se sent incapable, impuissant, comme fatigué d'avoir à n'être que lui-même. L'analyse est séduisante. Il reviendrait au psychologue ou au psychanalyste de la confirmer pour la rendre pleinement convaincante. --Émilio Balturi
De nouvelles sciences du comportement humain ne cessent de prendre de l'ampleur et de susciter l'engouement depuis le début des années 1990 : il s'agit des neurosciences cognitives. Leur ambition est de faire de l'exploration du cerveau le moyen de traiter les pathologies mentales (comme la dépression ou la schizophrénie) mais aussi de nombreux problèmes sociaux et éducatifs, comme l'apprentissage ou la maîtrise de ses émotions. Ces sciences sont-elles devenues le baromètre de nos conduites et de nos vies, prenant la place autrefois occupée par la psychanalyse ? L'homme "neuronal" est-il en passe de remplacer l'homme "social" ? Alain Ehrenberg montre que l'autorité morale acquise par les neurosciences cognitives tient autant à leurs résultats scientifiques ou médicaux qu'à leur inscription dans un idéal social majeur : celui d'un individu capable de convertir ses handicaps en atouts en exploitant son "potentiel caché" . Elles sont la chambre d'écho de nos idéaux d'autonomie.
Le paysage imaginaire français s'est profondément remodelé en une dizaine d'années avec l'arrivée massive des héros de la performance : battants, entrepreneurs, aventuriers, sportifs, chômeurs créant leur propre entreprise ont fait une telle percée sur la scène publique qu'il n'est pas incongru de parler d'un véritable culte de la performance. Les mouvements sociaux n'ont-ils pas laissé la place aux gagneurs, le confort à la suractivité et les anciennes passions politiques aux charmes rudes de la concurrence ? Trois déplacements caractérisent ce culte. Les champions sportifs sont des symboles d'excellence sociale alors qu'ils étaient signe de l'arriération populaire. La consommation est un vecteur de réalisation personnelle alors qu'elle connotait auparavant aliénation et passivité. Le chef d'entreprise est devenu un modèle de conduite pour chacun alors qu'il était l'emblème de la domination des gros sur les petits. L'entreprise a désormais le premier rôle : elle est le nouveau réservoir des fictions françaises. Chaque individu doit conduire sa vie comme un vrai professionnel de la performance. L'entreprise serait la voie royale pour conquérir son autonomie, se repérer dans l'existence et définir son identité sociale. On nous enjoint de devenir les entrepreneurs de nos propres vies. L'auteur explore les mutations de sensibilité à l'oeuvre dans ces nouvelles mythologies françaises. Il décrit comment se modifient les moeurs d'une société quand ses modèles politiques institués ne fournissent plus de solutions crédibles aux problèmes majeurs auxquels elle est confrontée et quand les utopies de la société idéale ont disparu.
En 1943, alors que la Hongrie n'est encore qu'au bord de la guerre, quatre jeunes gens - Hanna, Lili, Joseph et Gitta - décident d'installer leur atelier de décoration dans un petit village, pour y vivre une vie plus attentive à l'essentiel. Si une même faim spirituelle les rapproche, aucun d'entre eux, pourtant, n'a jamais pratiqué sa religion. Le jour où ils entreprennent de faire le point par écrit sur leurs problèmes personnels, Gitta se dérobe, se réfugie derrière des banalités. Hanna tout d'abord s'en irrite, puis a juste le temps de prévenir son amie - "Attention, ce n'est plus moi qui parle !" - avant de prononcer, en toute conscience, des paroles qui manifestement ne peuvent lui appartenir. Pendant dix-sept mois, des forces de Lumière - que les quatre amis appelleront "Anges" ou "Maîtres intérieurs" - s'exprimeront par la bouche de Hanna. Dix-sept mois qui deviendront de plus en plus dramatiques : juifs tous trois, Joseph, Lili et Hanna partiront pour les camps de la mort. Seize ans plus tard Gitta, la seule survivante, pourra enfin emporter en France les petits cahiers où avait été consigné mot par mot, lors de chaque rencontre, ce véritable "reportage sur une expérience spirituelle". L'intégralité des Dialogues est ici présentée pour la première fois, dans une traduction revue et augmentée de nombreux commentaires par Gitta Mallasz.
Petits dialogues familiers, naturels, presque à bâtons rompus - on les dirait parfois tenus au coin du feu : ces entretiens d'hier et d'aujourd'hui sont ceux de Gitta avec son Ange. Pour la première fois, celle qui fut le scribe des quatre Messagers avoue une intimité qu'elle n'avait jamais révélée jusqu'ici ; après avoir voulu, pendant des années, transmettre l'Enseignement d'une façon aussi rigoureuse et structurée que possible, elle nous raconte enfin à visage découvert comment elle vit, quotidiennement, la présence de son Maître intérieur. Ici se joue une pièce à deux personnages, où il n'est question que de l'essentiel ; tragique par moment, mais avec des pauses, des moments de repos souriant, des face à face tranquilles : " Je lis justement un article scientifique, et je te sens prêt à entamer une petite conversation à ce sujet... " Les grands thèmes des Entretiens s'y retrouvent, bien sûr : l'amour et la joie, la culpabilité et la peur, la naissance de l'homme de demain, la nécessité vitale du don de soi ; mais sous un éclairage différent, qui nous permet d'aller plus loin, d'y découvrir une autre nourriture. Gitta n'a jamais prétendu avoir tout saisi consciemment des paroles de vie qu'elle avait entendues : même si elle sait les Dialogues par c?ur, elle n'en comprend, comme tous les lecteurs, que ce qu'elle est capable d'intégrer, de faire sien. Avec ce nouveau livre, elle vient aujourd'hui nous faire partager ses dernières découvertes.