Dans Le Fond et la Forme qui est une sorte de dictionnaire de mes idées et de mes goûts, il ne figure pas de chapitre Stendhal. J'en avais prévu un, cependant. Je voulais le composer de la façon suivante : prendre quelques passages significatifs du petit livre de Mérimée : H.B par un des Quarante, et les paraphraser avec amour. J'isolai donc une demi-douzaine de paragraphes et me mis à les développer à ma façon. Très vite, ce travail m'enchanta. Les gloses fleurirent, foisonnèrent, changèrent de ton et d'allure. J'étais parti pour écrire quinze pages de critique sentimentale, et voilà qu'il naissait un roman. Au lieu de me limiter aux six paragraphes que j'avais initialement choisis, je traitai à fond les cinquante-quatre qui composent la plaquette entière. Le présent volume a donc cinquante-quatre chapitres. Il y est question principalement de Stendhal, mais aussi de bien d'autres choses : de la France en 1796, 1830 et 1958, de Napoléon, de la vie et de la mort, de l'art, de la guerre, de l'amour et, s'il m'est permis de le dire, de moi. L'étincelle qui enflamme l'inspiration, et donne naissance à un livre, jaillit toujours inopinément. Je n'imaginais guère, en commençant mon chapitre "Stendhal", qu'il deviendrait L'âme sensible, et que je mettrais dans ce livre toute mon expérience d'homme et d'écrivain. Comme quoi le sujet ne compte guère, ni même le genre. L'âme sensible se range dans la catégorie des essais. Cela tient aussi de la biographie, des mémoires, de la philosophie historique, du pamphlet, de l'étude psychologique, du traité d'esthétique et de morale, de l'éducation sentimentale, enfin. Stendhal y est présent à chaque page. Mais cet homme admirable ne m'a pas seulement servi de héros de roman, il a été pour moi la mesure de beaucoup de sentiments essentiels dont, en contemplant sa vie, j'ai pris une plus vive conscience. Il me semble que la meilleure qualification, pour L'âme sensible, serait encore : "roman d 'amour", Jean Dutourd.
Nombre de pages
268
Date de parution
23/03/1959
Poids
268g
Largeur
141mm
Plus d'informations
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EAN
9782070221288
Titre
AME SENSIBLE
Auteur
Dutourd Jean
Editeur
GALLIMARD
Largeur
141
Poids
268
Date de parution
19590323
Nombre de pages
268,00 €
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Au mois d'août 1964, pour commémorer la Libération de Paris, France-Soir me demanda un récit de cet épisode auquel j'avais pris part. J'étais ennuyé par les récits officiels en style lyrique qu'on lisait un peu partout. J'écrivis par réaction l'histoire de la Libération telle que je l'avais vécue. Ce petit morceau de littérature réaliste me mit en appétit, et je pensai qu'il serait intéressant de raconter la suite. La paix est bien dure pour un jeune homme qui n'a connu que la guerre, ses violences et ses distractions. C'est l'expérience que je fis, du moins pendant les deux premières années qui suivirent. J'étais marié, j'avais deux bébés, je n'avais pas le sou, je ne connaissais rien du monde. Un caractère ridicule par-dessus le marché, mélange de vanité, de présomption et d'indépendance. Je crois que dans ce livre je me suis montré sans complaisance pour moi et pour mes aventures. Mais peut-être que mon récit intéressera quelques personnes par le tableau qu'il peint des erreurs de la jeunesse". Jean Dutourd.
Résumé : "Le déjeuner du lundi est un livre qui a toujours eu ses amateurs. Il fut plusieurs fois réédité. Les gens qui le connaissent sont curieusement sensibles au charme qu'il peut avoir. On me dit quelquefois qu'avec dix ans d'avance j'ai inventé le nouveau roman. En effet, il y a dans Le déjeuner du lundi quelques ingrédients qui ont, par la suite, fait la fortune de cette école littéraire. Voilà bien ma chance ! J'ai fabriqué un "nouveau roman" alors que personne n'était prêt à le lire ! C'est tout moi, cela. Je ne suis jamais à l'heure."Jean Dutourd.
J'ai toujours soupçonné que le péché originel avait d'autres causes qu'une misérable curiosité de femme. Pour moi, la vraie cause du courroux de Dieu c'est la pensée de l'homme". Tel est le sujet du drame en trois journées de Jean Dutourd. Adam pense. Il s' interroge sur Dieu. Sa pensée donne naissance à un arbre dont les racines culbutent les rochers sous lesquels Ie Serpent demeurait cloué depuis sa révolte. Dieu met Adam en garde. Il lui défend de penser et n'exige que l'Amour. Mais Adam trouve dans la pensée, non la révolte contre Dieu que lui suggère le Serpent, mais la liberté. Il refuse en conséquence le pardon de Dieu, tandis qu'Eve, à son côté, se pénètre peu à peu d'amour humain jusqu'à préférer le malheur avec Adam au bonheur sans lui. A la fin, Adam, seul vainqueur, s'avance triomphant, Eve près de lui, entre le principe de la création et celui de la destruction, sans plus se soucier d'eux que l'homme, faisant sa vie, ne songe à la naissance et à la mort.
Paris, en 2024. La tour Eiffel est encerclée par des immeubles en aluminium, on ne trouve plus de papeteries, le bois de Boulogne est une jungle, les pigeons ont envahi les gratte-ciel déserts, mais surtout, les femmes ayant cessé de procréer, la «planète des jeunes» est devenue la planète des vieux. Même la Chine ne compte plus que quelques millions d'habitants.Le narrateur, âgé de soixante-dix ans, rencontre dans la rue - spectacle extraordinaire ! - un homme de trente ans, Frédéric Poinsot, père de trois enfants. Il l'aborde et confronte avec lui le présent au passé. Il avait vingt ans en 1974.Dans ce roman visionnaire, on retrouve le Dutourd drôle et féroce du Bon Beurre, minutieux des Horreurs de l'amour, et on découvre un Dutourd inattendu, curieusement attendri par la jeunesse et l'enfance.
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.