L'école des filles. Quelle formation pour quels rôles sociaux? Edition revue et corrigée
Duru-Bellat Marie
L'HARMATTAN
30,00 €
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EAN :9782747573092
Aujourd'hui l'égalité entre garçons et filles à l'école constitue-t-elle un réel problème? Certes, affleure de temps à autre la question de l'échec ou de la violence des garçons, des orientations conventionnelles ou du chômage élevé des filles, ou encore des difficultés qu'ils et elles ont à vivre la mixité... Mais les problèmes les plus préoccupants de l'école ne semblent pas là. Et si après tout, filles et garçons font des scolarités différentes, n'est-ce pas, in fine parce qu'ils sont différents, comme le sont les femmes et les hommes? Pourtant, les recherches accumulées sur ces questions depuis trente ans convainquent de ce qu'on fait face, souvent, non pas à de simples différences, mais bien à de véritables inégalités. Car à l'école, au jour le jour, ce sont des jeunes appelés à occuper des places non seulement différentes mais à maints égards inégales que l'on forme. Et les jeunes eux-mêmes anticipent dans leurs "choix" ces "destins sociaux" différenciés selon leur sexe. Mais l'école elle-même, par ses contenus et ses modes de fonctionnement pédagogique, participe activement à la reproduction de futurs hommes et femmes. Certes des évolutions prennent place, notamment dans la société, qui se répercutent dans l'école, tant celle-ci est articulée à l'ensemble de la vie sociale. Il fallait donc actualiser "L'école des filles" (dont la première édition est parue en 1990), et présenter à la fois un bilan actuel de ces inégalités indissociablement scolaires et sociales, et dessiner les tendances qui augurent des évolutions à venir.
Nombre de pages
276
Date de parution
02/11/2004
Poids
295g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782747573092
Titre
L'école des filles. Quelle formation pour quels rôles sociaux? Edition revue et corrigée
ISBN
2747573095
Auteur
Duru-Bellat Marie
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
295
Date de parution
20041102
Nombre de pages
276,00 €
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Les inégalités sociales à l'école sont un sujet récurrent de débats, un objet tout aussi récurrent de politiques éducatives, tout en étant néanmoins, dans notre pays, perçues avec un certain fatalisme. Ne dit on pas volontiers que " tout se joue avant 6 ans ", que l'école est bien impuissante face aux déterminismes familiaux, que la réussite scolaire est biaisée par des inégalités sociales désespérément persistantes ? Pour autant, les diplômes et leurs sanctions sociales (conséquentes) ne sont guère contestés et la méritocratie (ou " l'élitisme républicain ") constitue une idéologie respectée et consensuelle. Ce livre démonte minutieusement, sur la base de recherches contemporaines, les rouages des inégalités sociales face à l'école et en son sein. Ce faisant, il redresse des idées reçues et questionne un certain nombre de mythes. Il interpelle aussi les diverses théories sociologiques qui ont prétendu, dans les années 1970, donner une vision intégratrice des inégalités. Enfin, en dégageant les processus qui engendrent et reproduisent les inégalités sociales à l'école, il permet d'entrevoir des pistes pour briser le cercle de la reproduction de ces inégalités, en donnant sa place, rien que sa place mais toute sa place, à l'institution scolaire.
Un déguisement de princesse et un aspirateur pour les filles, un château fort et une voiture radiocommandée pour les garçons... On pourrait penser qu'un choix de jouets aussi stéréotypé appartiendrait au passé. Il n'en est rien. Une sexualisation de plus en plus marquée s'observe dans l'éducation comme dans tous les domaines de la vie sociale. Ces traitements différenciés ne sont pas systématiquement perçus comme des inégalités. Ils sont justifiés par des croyances en des distinctions essentielles, d'ordre "naturel", entre femmes et hommes. Un ensemble de discours psychologisants, de normes et de symboles en découle, qui a des conséquences multiformes sur les rôles assignés à chacun et chacune. Alors que la notion de genre a été promue par les sociologues pour révéler les rapports de domination, l'invoquer à tout propos, qu'il s'agisse de féminiser la langue ou de prôner la parité, instille l'idée que femmes et hommes sont toujours, partout et avant tout, non des personnes uniques mais des prototypes de leur groupe de sexe.
Le mérite a la cote. Avec lui, l'idée que chacun est responsable de ce qui lui arrive, de ses succès comme de ses échecs, et l'espérance qu'en récompensant talents et efforts, on produira une société juste et efficace. La mise en exergue constante du mérite, sans tenir compte des inégalités (sociales, de genre, d'origine, etc.), est pourtant tout sauf anodine. Elle engendre de nombreux effets pervers : à l'école, où l'idéal de la formation de tous s'efface devant la sélection des plus "méritants" ; dans le monde du travail, quand se caler sur la réussite scolaire et le diplôme amène à négliger bien d'autres talents et à créer une concurrence délétère. Sans ôter tout mérite au mérite, ce livre invite à débattre de la place à lui accorder. Une société purement méritocratique, obsédée par l'égalité des chances, ne serait-elle pas source d'injustice, voire invivable ?