Alors que tout va plutôt bien pour Alain Conlang, polémiste télévisuel bénin dûment assermenté par l'État et vastement apprécié par la jeunesse, le voilà qui, lors d'un dîner sans relief, lâche une sotte et gratuite réflexion sexiste. L'ennui ? L'alcool ? Le mauvais goût ? Aucune excuse ne tient. Dans un monde passé à la javel idéologique, le dérapage est de nature à précipiter notre Bartleby du XXIe siècle chez un Kafka décidément inoxydable. Drôle et inquiétant, le nouveau roman d'Ilan Duran Cohen est une farce tendre aux effets secondaires coriaces.4e de couverture : Tout va bien pour Alain Conlang, polémiste télévisuel à la notoriété confortable. Jusqu'à ce dîner où - ennui ? ivresse ? provocation ? - il lâche une remarque sottement sexiste très mal prise. Le système bien éprouvé de délation citoyenne s'enclenche. Dénoncé, Conlang va devoir répondre de son "humour" mal ajusté devant la justice qui ne plaisante pas avec la notation sociale.En attendant son procès, voilà Conlang comme "au coin", traversant une période de quasi-bannissement, rythmée par les mises en demeure et les démarches administratives. Une cavale immobile et absurde contre la détérioration de sa situation qu'il affronte flanqué de sa famille en mutation, de son avocate au surpoids non réglementaire, de son stagiaire handicapé léger des sentiments et de sa nièce en détresse.Dans cette France de très bientôt, les enjeux ont un peu glissé : l'avenir de la planète globalement sauvegardé, la santé du citoyen et l'équité multilatérale érigées en gouvernails, les relations humaines mobilisent désormais toutes les régulations.Satiriste récalcitrant et tendre, Ilan Duran Cohen envoie son Bartleby du XXIe siècle chez Kafka. Désinvolte et gaiement désespéré, Le Petit Polémiste est le roman d'un avenir radieux. Ou du moins, à hautes radiations.Notes Biographiques : Écrivain, Ilan Duran Cohen est également l'auteur et le réalisateur de trois films : La Confusion des genres (2000), Les Petits Fils, qui a reçu le prix Horizons de la Mostra de Venise 2004 et Le Plaisir de chanter (2008).Tous ses romans sont publiés chez Actes Sud : Chronique alicienne (1997), Le Fils de la sardine (1999 ; Babel n° 503), Mon cas personnel (2002 ; Babel n°631), Face aux masses (2008 ; Babel n°1682) et L'Homme à débattre (2014).
En épousant la fille du tout-puissant patron de l'usine de carrelage locale, convoitée depuis la maternelle, Clément a réussi sa vie au-delà de ses espérances: il a sécurisé sa "zone de confort", s'est mis à l'abri du mauvais goût, du besoin matériel et de la médiocrité ambiante. Mais un tragique accident de voiture, qui laisse sa jeune épouse dans un état critique, menace cet équilibre douillet et met au jour la sombre mécanique des interdépendances. L'avenir se trouble et la géographie familiale vacille. Entre lutte et complexe de classes, une comédie mordante qui explore le règne de la peur sur l'ultralibérale solitude de nos contemporains.
Résumé : Dans un monde oscillant entre règne du libéralisme effréné et menace terroriste universelle, Jonquille, enfant du "Flower Power", stagiaire impavide idéal, entre dans une agence marketing tenue par un frère et une soeur. Entre l'implacable efficacité de l'une et l'ineffable génie visionnaire de l'autre, entre leurs deux dérives, Jonquille devient insensiblement le garant improbable de l'équilibre de l'agence mais aussi, peut-être, de l'équilibre du monde.
Nicolas Mathieu ouvre pour nous une fenêtre sur le ciel avec ce roman qui n’est constitué que de déclarations d’amour. Son entrelacs de textes composent un hymne à la vie et à ses moments forts. Magnifié par les illustrations d’Aline Zalko.