Commentaires Pauvre monsieur Jean ! Cette fois, rien ne va plus Dans lalbum précédent, Comme sil en pleuvait, on lavait quitté jeune père de famille accompli. On le retrouve ici en proie à des doutes existentiels. "Comme dhabitude", penserez-vous. Sauf que là, cest du sérieux ! Quon en juge. Dabord, il narrive pas à se faire à lidée davoir fait cadeau de son vieux lit à son copain Félix. La raison ? Cest un lit qui a appartenu à ses grands-parents. Du coup, il voit sans arrêt son grand-père et sa grand-mère (surtout elle, dailleurs) tourner autour de lui en train de le turlupiner et de lui casser les pieds. "Ce lit était dans la famille depuis au moins cinquante générations !", râle le spectre du grand-père tandis que le pauvre Jean fait ses courses avec Cathy au magasin dameublement. Ensuite, il ne peut se résoudre à se débarrasser dune vieille caisse ayant appartenu au précédent locataire de son nouvel appartement. Lequel locataire, apprend-il en tentant de retrouver sa trace, est décédé. Cette hésitation commence à énerver Cathy, qui se demande bien pourquoi cest si compliqué de jeter ces vieilleries à la poubelle. Mais Jean, lui, ça le contrarie. Il aurait limpression de rompre le seul lien qui rattache encore feu son propriétaire à la vie Dailleurs, il est pas mal question de la mort dans cet album. Eugène est obsédé à lidée que nous allons tous mourir. Quant à Félix, il développe de grandes et fumeuses théories (comme toujours) sur le pourquoi de linvasion des crottes de chien sur le trottoir. Bref, tout ce petit monde ne tourne pas très rond. Et pendant ce temps, Jean rêve Il rêve que son immeuble se déplace ou quil se retrouve en slip allongé dans la Seine il sest transformé en géant et occupe toute la largeur du fleuve. Il rêve aussi quune ouverture pratiquée dans le mur de son appart lui permet de retrouver le fameux précédent locataire, lequel ne va pas fort : à larticle de la mort, il explique à Jean quune partie du cerveau recèle tous les souvenirs quon veut oublier Au fur et à mesure des albums de monsieur Jean, Dupuy et Berberian gagnent en profondeur, en intensité et en liberté. Leur personnage évolue en même temps queux avec un léger retard, ce qui leur permet de lui faire porter des angoisses queux-mêmes ont dépassées depuis un certain temps. Leur trait possède toujours cette espèce de grâce et dévidence qui donne toute sa fluidité au récit. La légèreté se mêle à la gravité du propos, qui tourne ici autour des thèmes de la mort, de la transmission et de linquiétude face au grand vide qui se profile devant nous, le jour où tout sera fini. Le lecteur, lui, se dit que monsieur Jean existe peut-être pour de vrai. Quil habite peut-être dans sa ville, tout près de chez lui, et quil aura la chance de le croiser un jour. Si vous tombez sur un vieux lit à deux places abandonné sur le trottoir, ouvrez lil : si ça se trouve, monsieur Jean nest pas loin --Philippe Actère
C'est la seule femme que je puisse aimer comme ça, et jamais personne saura l'aimer comme je l'aime. Et ça, ça fait peur. Ça fait peur de réussir quelque chose avec quelqu'un comme moi...
Trois ans après «Les Femmes et les enfants d'abord», Dupuy et Berberian renouent avec Monsieur Jean et marquent un tournant dans la série. Abandonnant les chapitres courts, ils se lancent en effet dans une histoire longue qui leur permet d'approfondir les sentiments de Monsieur Jean. A travers Jean, ils épinglent nos propres doutes face aux étapes importantes de notre vie : l'arrivée de la maturité, la fin des rêves d'adolescent, l'engagement amoureux ou la paternité. Avec humour et tendresse, ils nous renvoient à nos petites lâchetés mais aussi à nos victoires quotidiennes qui nous permettent, sans en avoir l'air, d'être heureux...A peine la crise de la trentaine passée, de nouvelles échéances cruciales perturbent l'existence de Monsieur Jean. Félix, qui squatte toujours chez Jean avec Eugène, le fils de son ex-copine, lui confie la garde de l'enfant pour mieux se consacrer à la recherche d'un boulot. Côté coeur, Jean n'arrive pas à s'engager sentimentalement avec Cathy, son amour de jeunesse retrouvé par hasard en Bretagne. Cathy lui donne alors un ultimatum de deux mois pour se décider. Voilà notre héros en fâcheuse posture, d'autant que son nouveau roman est au point mort !.
On m'appelle SODA, mais mon vrai nom, c'est Solomon. David Elliot Hanneth Solomon. Si elle savait, ma mère vous dirait sans doute que je suis policier, mais à New York, il n'y a pas de policiers, juste des flics. De toute façon, elle ne sait pas, ça l'inquiéterait, elle m'a toujours cru pasteur. Depuis l'an dernier, elle habite avec moi; elle ne sort jamais et ne lit pas les journaux qui sont pleins de violence. C'est pas plus mal: les types que j'arrête sont parfois un peu morts."
Pour lutter contre la domination coloniale anglaise dont souffraient les Indes, Mohandas Gandhi a choisi la voie de la non-violence. Durant toute son existence, jusqu'en 1948, et au péril de sa vie, il a mené un combat pacifique qui a conduit le peuple indien à l'indépendance.
Lancé sur les flots en 1912, le Titanic est le plus grand, le plus luxueux et le plus sûr des navires de son époque. Pourtant, lors de son premier voyage, il sombre après avoir heurté un iceberg. Cet incident restera longtemps le plus dramatique de l'histoire maritime.
Mathis est en terminale et est complètement perdu : une mère presque absente, un beau-père qui le pousse sans cesse au conflit, une fin d'année difficile entre réussir son bac et entrer dans cette école d'animation qui lui importe tant. Et au-delà de tout ça, un père porté disparu depuis des mois... Un jour, poussé par ses amis, il fait le pari de "pécho" Léa, dont il est secrètement amoureux. Car oui, Mathis aspire à une forme de virilité au point d'en oublier que Léa n'est pas un objet à posséder. Le retour de flamme est violent et les maladresses s'enchaînent. Que faire ? Qui devenir ? Léa va-t-elle lui pardonner ? Mathis va-t-il intégrer cette école rêvée ? Et surtout, comment réagir quand une lettre de son père lui parvient enfin ...
Le chat du Rabbin", c'est Alger et le quartier Juif au début du siècle. Celui qui regarde ce monde et qui raconte, c'est "le chat du Rabbin". Tout de suite, il explique pourquoi le Rabbin n'a pas plutôt un chien : "... Ca fait tellement longtemps que les Juifs se font mordre, courir après ou aboyer dessus que, finalement, ils préfèrent les chats". Le chat mange le perroquet de Zlabya, la fille du Rabbin, et du coup, le voilà doté de la parole et exigeant de faire sa bar-mitsva. Les discussions vont être longues tant avec le Rabbin lui-même qu'avec le Rabbin du Rabbin. Ce chat, qui a une allure graphique à pleurer de rire, tantôt matou tendre amoureux de sa maîtresse, tantôt sournois filou, tient tête à tout le monde et ergote à n'en plus finir. Il ne se calme que dans la douceur des bras de sa maîtresse. Mais il lui est interdit de lui parler, alors il nous confie : "c'est la condition, si je veux rester avec elle. Ca vaut le coup de fermer sa gueule pour être heureux". Ceci ne l'empêchera pas de se mettre sur la piste des étudiants qui fréquentent l'école du Rabbin, car l'un d'entre eux a le désir d'épouser la jolie Zlabya...
Ce chat qui parle, pense et critique des idées religieuses fait couler beaucoup d'encre. Le premier tome, Le Chat du rabbin était une excellente surprise, ce second ne devrait pas vous décevoir. C'est un véritable conte initiatique d'une grande beauté, où l'on apprend bien des choses sur l'usage de la parole, de la vérité et du mensonge. Une merveille de subtilité, d'émotion et d'ironie.
Dans la plus belle ville du plus beau pays, princes et princesses d'Europe sont en quête d'émerveillement, de salut et de gloire.Les néons de Brecht Evens se fondent dans les illusions de ses héros. Ils sont dans la fleur de l'âge... et c'est une nuit d'été.Notes Biographiques : Brecht Evens a vingt-deux ans quand il sort de l'école Saint-Luc de Gand (Belgique) avec, sous le bras, Les Noceurs, son projet de fin d'études. Son style inimitable, qui se caractérise par une maîtrise remarquable de la couleur et des transparences, l'éclatement des perspectives et le goût du détail, suscite immédiatement l'enthousiasme. Publié en 2010, Les Noceurs obtient le prix de l'Audace au Festival international de la Bande Dessinée d'Angoulême. Avec la parution des Amateurs (2011) et de Panthère (2014), la notoriété de Brecht Evens n'a cessé de croître, en France, où il vit désormais, comme à l'étranger, et dépasse aujourd'hui largement les frontières du monde de la bande dessinée. En 2018, il publie Les Rigoles chez Actes Sud BD, impressionnant roman graphique de plus de 300 pages, qui raconte les errances de trois noctambules dans une ville chimérique et sublime. Pour cette bande dessinée, Brecht Evens reçoit le Fauve - Prix Spécial du Jury au Festival international de la Bande Dessinée d'Angoulême 2019. Entre deux livres, Brecht Evens travaille pour la presse, la mode, et est représenté par la galerie Martel à Paris. Ses romans graphiques sont publiés par Actes Sud BD.