Tuer un concitoyen serait l'équivalent de tuer sa mère dans une société imaginaire, une cité où les seuls liens sociaux seraient ceux de la famille : voilà la tragédie d'Oreste. Chaque poète tragique explore de façon différente cette utopie et donne une définition sociale du lien civique mis en cause lors du meurtre d'un citoyen par un autre citoyen : dans l'Orestie d'Eschyle, chaque citoyen est la nourrice des autres citoyens, dans l'Electre d'Euripide, il assiste les jeunes lors de leur passage à l'âge adulte, dans l'Electre de Sophocle, chaque citoyen est le père des autres citoyens. Cette étude de trois tragédies propose une lecture anthropologique du théâtre grec ; elle le définit comme un rituel célébrant les valeurs communes des Athéniens et la permanence d'un monde sans fissure et sans crise, un monde qui n'est pas tragique. Ainsi la tragédie grecque ne s'interroge-t-elle pas sur la cité et ce qui la fonde : la justice, la loi, le pouvoir, la liberté, la famille, les dieux qui sont des données de la vie pratique. Ce que propose ce théâtre est d'explorer par la fiction ces fondements, non pour les remettre en question mais afin d'en faire apparaître les corrélations invisibles. Seule la fiction tragique ébranle et fissure le monde présenté au théâtre - et cela, pour le seul temps de la représentation et du rituel.
Nombre de pages
225
Date de parution
28/03/2001
Poids
295g
Largeur
130mm
Plus d'informations
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EAN
9782070755530
Titre
L'insignifiance tragique
Auteur
Dupont Florence
Editeur
GALLIMARD
Largeur
130
Poids
295
Date de parution
20010328
Nombre de pages
225,00 €
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Ce livre invite à déconstruire l'idée contemporaine d'identité nationale à partir de l'Antiquitéromaine. Pourquoi revenir à l'Antiquité? L'Antiquité sert à conforter les penseurscontemporains qui s'y projettent, ayant le sentiment confortable que leurs idées ont toujours été là. L'anthropologie historique vise à bousculer ce confort intellectuel grâce au fameux « regard éloigné ». Pourquoi Rome et non Athènes? Athènes était une cité refermée sur elle-même. L'Athénien était citoyen de père et de mère, en fils; le peuple d'Athènes n'accordait que rarement la citoyenneté à des étrangers. Rome appliquait une politique contraire. Dès les premiers temps, elle donnait largement la citoyenneté aux ennemis vaincus et aux affranchis qui, intégrés, lui ont fourni des armées innombrables et une élite sans cesse renouvelée. A partir de là, il était tentant d'aller voir quelle conception de la citoyenneté et de l'identité romaine avaient permis cette société ouverte (multiculturelle ou métissée?) qui était celle de « nos ancêtres les Romains ». Or non seulement la citoyenneté romaine était un statut juridique sans contenu racial, ethnique ou culturel mais encore elle reposait sur l'origo, notion juridique complexe qui impliquait que tout citoyen romain d'une façon ou d'une autre venait d'ailleurs. Tous des étrangers: ce qu'illustre l'Enéide, poème de l'origo qui célèbre Énée, le « père » des Romains et figure de l'altérité: le héros venu d'ailleurs et qui n'a pas fondé Rome.
Résumé : Le théâtre romain est le continent noir de notre mémoire culturelle. Longtemps refoulé, était-il si gênant ? Parce qu'il était un théâtre du jeu, ce qui choque notre goût pour les théâtres du sens et de la représentation ? Notre désir d'un théâtre antique qui pourtant nous parlerait de nous ? Parce qu'il exigeait des acteurs-parias, sans identité civique ou sexuelle, flexibles et relâchés, ce qui choque notre conscience humaniste et normative ? Ou bien, et la faute serait plus grave, parce que le théâtre romain remettrait en cause notre conception de la théorie comme " discours sur " ? En effet, les spectacles scéniques romains pourraient bien avoir servi à fonder théoriquement l'éloquence politique sur laquelle reposait toute la conception romaine d'un pouvoir politique libre et élitaire. Etrange façon de philosopher par une pratique ludique mais qui S'explique par le fait que Rome est une culture des corps présents, où le discours ne s'objective pas en un logos autonome mais se confond toujours avec l'homme éloquent.
Résumé : * Cet ouvrage est une introduction à la pratique des textes dramatiques de la Rome ancienne, comédies et tragédies. Après un exposé préliminaire sur le théâtre à Rome, sa nature et son histoire, l'essentiel du livre est une méthode de lecture. * Le théâtre romain ne peut être interprété sans qu'on reconstitue le contexte de sa réception. En effet, à Rome, les représentations théâtrales ont toujours lieu dans le cadre d'un rituel spécifique : les jeux. Le théâtre se dit en latin ludi scaenici, "jeux scéniques". Les valeurs qui organisent cet espace ludique ne sont pas celles du civisme mais de la musique, le plaisir, l'oubli, la licence. C'est pourquoi le théâtre latin, volontairement coupé des réalités extra-théâtrales, n'est pas un théâtre de la mimèsis, c'est un spectacle de l'émotion et des sens. La tragédie romaine est plus proche de l'opéra napolitain que de la tragédie grecque, et la comédie de la commedia dell'arte que des comédies de Molière. Le théâtre romain n'a pas d'autre but que lui-même, c'est un théâtre du jeu. * À partir de cette reconstitution de la parole comique et de la parole tragique à Rome, ce livre propose trois analyses de pièces romaines, une tragédie, Médée de Sénèque, et deux comédies, Phormion de Térence et Les Bacchides de Plaute. * Cette introduction est destinée aux étudiants de lettres classiques et modernes, et d'études théâtrales, des 1er et 2e cycles, ainsi qu'aux élèves des classes préparatoires littéraires.
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.