La frontière épaisse. Aux origines des politiques soviétiques (1920-1940)
Dullin Sabine
EHESS
24,00 €
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EAN :9782713224560
Pour ne pas perdre l'Ukraine, Staline exige en 1932 que l'on en fasse une "forteresse". L'obsession des frontières est une constante de l'histoire de l'URSS. Animés par la volonté d'exporter la révolution tout en étant hantés par la vulnérabilité de leur territoire, Lénine puis Staline n'auront de cesse d'épaissir leur frontière. Création de zones tampons et de zones interdites, instrumentalisation des minorités nationales, consécration du garde-frontière en héros patriotique : comprendre ce qui se joue à la frontière dans l'entre-deux-guerres, c'est éclairer les évolutions ultérieures de la guerre froide, du bloc soviétique et du rideau de fer. Cette étude, enrichie de nombreuses cartes inédites, saisit les multiples facettes des frontières, lieu de confrontation et de coopération où interagissent individus, administrations et idéologies. Sabine Dullin y décrit une double relation, celle d'un régime politique à son territoire et celle d'un Etat à ses voisins, dans le contexte d'un projet politique subversif et déstabilisateur. Son livre offre une contribution majeure à une autre histoire, transnationale, de la Russie au XXe siècle.
Nombre de pages
355
Date de parution
23/10/2014
Poids
578g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782713224560
Titre
La frontière épaisse. Aux origines des politiques soviétiques (1920-1940)
Auteur
Dullin Sabine
Editeur
EHESS
Largeur
160
Poids
578
Date de parution
20141023
Nombre de pages
355,00 €
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L'ironie du destin, pour les dirigeants de l'Empire russe puis soviétique, ce fut de lancer des politiques qui débouchèrent le plus souvent sur des résultats contraires. En huit dates clés, de la guerre de Crimée à l'effondrement de l'URSS, un essai pour comprendre ce qui motive notre plus puissant voisin depuis deux siècles. Une lecture très utile à l'heure de la "nouvelle guerre froide" et de l'alliance de la Russie avec la Chine ; et une question au programme des prépas ENS (Ulm et Lyon) 2022-2023.
Comment l'Union des républiques socialistes soviétiques est-elle née? Comment comprendre qu'un Etat qui se proclamait le défenseur des classes opprimées ait pu mener une véritable guerre contre son peuple? Quel était le degré d'interventionnisme d'un dirigeant comme Staline? Quels rapports les Soviétiques ont-ils entretenu avec le pouvoir? Quels sont les liens entre la construction du totalitarisme à l'intérieur et la construction d'une puissance à l'extérieur? Quelle a été la part soviétique dans le déclenchement et l'entretien de la guerre froide? Quelles sont les origines de la perestroïka? Comment l'URSS s'est-elle désintégrée...
Un despote et une vision impériale : telle est la prison où l'identité russe est enfermée depuis des siècles. Et ce n'est pas Vladimir Poutine, au pouvoir depuis vingt-cinq ans et artisan de la guerre en Ukraine, qui le démentira ! Il ne fait pas de doute qu'un régime pluraliste et ouvert ne peut émerger durablement en Russie tant que les Russes ne tournent pas aussi le dos à cette identité impériale qui se drape dans un faux anti-impérialisme et une fausse défense existentielle. Telle est la thèse audacieuse de cet essai qui se poursuit par un choix de textes - pour certains peu connus - d'Européens qui, du XVIe au XXIe siècle, ont interrogé le despotisme impérial de la Russie. Leur actualité est troublante. Car ne nous y trompons pas : fascinés et critiques, ces textes sont également un miroir tendu à l'Europe, lui renvoyant ce qu'elle fut : coloniale, impérialiste et fasciste - et ce qu'elle pourrait bien devenir : antidémocratique.
Marseille est un laboratoire privilégié. La crise actuelle de son modèle de développement économique est aussi celle de son territoire. Aussi la mise en cause de ses équilibres spatiaux appelait-elle tant une lecture historique de la genèse des structures urbaines qu'une lecture géographique des distributions sociales et spatiales d'aujourd'hui. C'est à cette double démarche que répond ce livre. D'une part, en analysant les dimensions synchroniques des activités économiques et démographiques inscrites dans une morphologie urbaine socialement structurée. D'autre part, en construisant le modèle génétique de l'articulation entre division sociale et trame matérielle de la ville : un modèle " libéral ", fruit de stratégies et de conduites, tôt établi au XIXe siècle, porteur d'effets de longue durée, et qu'échoue à altérer une haussmannisation manquée. L'interaction entre modes d'agir et formes urbaines, entre continuités et discontinuités temporelles, a fait de Marseille un cas d'école : division sociale, morphologie, croissance y sont étroitement liées, dans l'espace comme dans l'histoire. La ville se lit dans les principes tant de sa construction sociale que de sa division sociale. La première est le produit d'une création urbaine portée par des groupes, propriétaires, négociants, entrepreneurs immobiliers, animés par des projets mais aussi soumis à des contraintes, des compromis et des ratages. La seconde dessine des oppositions, entre équerre des beaux quartiers, de Longchamp au Prado, et faubourgs industriels, ville et port, nord et sud, avec la Canebière comme frontière, oppositions qui sont autant de composantes historiquement situées d'une structuration sociale du territoire, Dans un double refus du postulat écologique, pour qui la conduite des hommes est subordonnée à l'influence du milieu, et du postulat sociologiste, pour qui la société se projette simplement et immédiatement sur un sol quasiment vierge, l'ouvrage de Marcel Roncayolo est ainsi exemplaire pour les trois modèles qu'il propose, de genèse historique de la ville contemporaine, d'interprétation des relations entre territoire et société, et de mobilisation croisée des démarches de la géographie et de l'histoire.