Voici le conte des mille et une nuits des Juifs, des Espagnols, des Italiens qui ont jadis abordé en Argentine - le roman qui témoigne de leur geste. Nombreuses sont les histoires de la Gitane - incarnation de la mémoire d'une race -, mais elles pendent, toutes, des branches du même arbre généalogique : celui de la narratrice elle-même. Aussi remonte-t-on à ses ancêtres : l'ambassadeur génois, ami de Christophe Colomb ; le hassid moldave qui chante et danse pour ne pas succomber au péché de tristesse ; la créole du Río de la Plata, encore siège de la vice-royauté, qui évoque conquistadores et inquisiteurs ; le marin qui effectue des aller et retour entre Buenos Aires et le Paraguay, du temps du tyran Francia ; le maître d'école qui fuit sa Moldavie natale pour se retrouver dans la plaine argentine où, finalement, il se suicide parce que "la pampa est trop grande" ; enfin, le fils de ce dernier, fondateur du Parti communiste argentin, qui se rend en Union soviétique pour rencontrer Lénine... Il est le père de la narratrice, dont les aventures de l'exil à l'envers qu'elle vit depuis douze ans en Europe fournissent un contrepoint à la saga familiale. L'humour juif-portègne - c'est-à-dire l'humour même de Buenos Aires - l'emporte sur la désolation, et la mélopée immémoriale prend des cadences de tango et de milonga.
Nombre de pages
312
Date de parution
21/02/1991
Poids
304g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070721283
Titre
L'arbre de la gitane
Auteur
DUJOVNE ORTIZ ALICIA
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
304
Date de parution
19910221
Nombre de pages
312,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Eva Peron est née en 1919 dans un bled de la Pampa, enfant illégitime, comme ses deux soeurs et son frère, de don Juan Duarte, riche propriétaire terrien. A quinze ans elle part pour Buenos Aires, voulant réaliser son rêve : être actrice. Comédienne médiocre au théâtre et au cinéma, elle deviendra une star des feuilletons radiophoniques, si prisés à l'époque en Argentine. C'est alors qu'elle rencontre Peron, se consacrant totalement à lui, se mettant au service de son ascension politique. Ignare, maniaque de son image, grandiose aussi, monstre pour certains et sainte pour d'autres, elle meurt en 1952 à trente-trois ans, pleurée par des foules entières de déshérités.
Femme couleur tango incarne un des rêves de julio Cortàzar : la Mireya chantée dans les tangos argentins et la Mireille peinte par Toulouse-Lautrec ne font qu'une. Celle-ci est différente des autres filles de Madame. Elle vient d'Albi et en a le parler rocailleux, elle ne se corsète pas, elle est naturelle et, vraie rousse, elle rayonne. Quand monsieur Henri, lui aussi originaire d'Albi, fait sa connaissance, il tombe amoureux et la prend pour modèle. Cette belle amitié prendra fin lorsque Mireille suivra un bel Argentin ténébreux qui lui promet la fortune. Elle ne sait pas qu'elle emprunte le tristement célèbre " chemin de Buenos Aires ", celui de la traite des Blanches. Là-bas, elle découvre ce que l'Argentine a créé de plus authentique: le tango. Elle en devient une danseuse légendaire pour laquelle s'entre-tuent des hommes ambigus à chapeau noir et regard sombre. Elle initie aux secrets de l'amour un petit Toulousain qui deviendra un chanteur célèbre : Carlos Gardel. En 1935, l'année tragique où Gardel meurt dans un accident d'avion, le gouvernement argentin ferme les bordels de Buenos Aires. Mireille rentre à Albi, sa ville natale, celle aussi du peintre qu'elle a un jour aimé. Au musée Toulouse-Lautrec de cette petite ville du sud-ouest français, elle se retrouve elle-même avec sa robe verte, régnant dans son tableau vieux de cinquante ans.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.