Au cœur de la Révolution scientifique, philosophes et naturalistes tentent de concevoir les modèles les plus aptes à rendre compte du vivant. Les schèmes hérités de l'Antiquité médicale et philosophique sous-tendent encore les théories originales de Van Helmont et de Harvey. Si le mécanisme s'instaure avec le modèle de l'animal-machine chez Descartes, les audaces et les limites du projet cartésien infléchiront toute démarche ultérieure, comme en témoigne la notion spinoziste d'intégration corporelle. Gassendi suggère, pour sa part, d'associer la modélisation mécaniste et la téléologie immanente des processus. Les néo-platoniciens More et Cudworth évoquent le " principe hylarchique " ou la " nature plastique ", afin de traduire, par-delà les insuffisances du mécanisme, l'émergence des organisations vitales. Lorsque le débat se transpose aux microstructures, Malpighi promeut l'analyse physiologique selon le modèle de " petites machines " diversement combinées et emboîtées ; Glisson attribue la perception et la réactivité aux fibres élémentaires. Les phénomènes de la génération, que l'on a d'abord expliqués par l'épigenèse, s'interprètent principalement en termes de préformation et de préexistence des germes. Mais, à l'encontre de toute construction hypothétique, Locke privilégie une médecine limitée à l'observation des seuls phénomènes vitaux. La critique du mécanisme suscite en outre les modèles " animistes " de Perrault et de Stahl. En une remarquable tentative, Leibniz repense alors les concepts fondamentaux de la théorie physiologique et suggère les voies d'analyse pour une science de " l'organisme ".
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Date de parution
03/05/2000
Poids
550g
Largeur
215mm
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EAN
9782711613366
Titre
LES MODELES DU VIVANT DE DESCARTES A LEIBNIZ
ISBN
2711613364
Auteur
DUCHESNEAU
Editeur
VRIN
Largeur
215
Poids
550
Date de parution
20000503
Nombre de pages
0,00 €
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Les notions relatives au vivant jouent un rôle central dans l'économie interne du système de la nature selon Leibniz. Elles ont aussi influé sur les théories qui ont ponctué le développement des sciences de la vie. Le dessein de cet ouvrage est de traiter de ce double objet. Comment Leibniz dessine-t-il le profil d'une science des vivants suivant un modèle en partie inspiré de Malpighi? Comment la théorie leibnizienne de la substance influe-t-elle sur la détermination du concept de vivant comme "machine de la nature"? Quel rôle charnière la dynamique joue-t-elle dans la conception leibnizienne de 1"" organisme ". concept scientifique nouveau en son temps? Echangeant avec des figures majeures de la science et de la médecine de cette époque, Hartsoeker, Stahl, Hoffmann, Johann Bernoulli, Michelotti et d'autres, comment Leibniz développe-t-il la vision d'une" physique spéciale "dont le vivant serait l'objet spécifique? De quelle manière le modèle leibnizien s'intègre-t-il d'emblée dans des théories sur la génération que développent Conti et Vallisneri, puis Bourguet? Ainsi une exploitation multiforme d'idées leibniziennes sur le vivant pourra-t-elle s'amorcer au siècle des Lumières."
Dans ses phases initiales, la théorie cellulaire suscite l'intérêt de l'épistémologue. Avec Schwann, puis avec Remak et Virchow, se développe un puissant programme de recherche. Dès le milieu du 19e siècle, la théorie cellulaire sert de clé de voûte à l'édifice de la biologie : elle oriente observations et analyses, délimite le champ des hypothèses à contrôler, et constitue la trame des modèles analytiques qui s'en inspirent pour la dépasser. C'est le point de départ obligé pour toute recherche sur les micro-structures intégrées de l'être vivant. Or comment cette remarquable théorie se forme-t-elle ? Quelle combinaison de concepts, principes, analogies et modèles empiriques définit sa structure ? Par quels mécanismes évolue-t-elle dès ses premières formulations ? Prenant appui sur les instruments d'analyse fournis par l'embryologie de von Baer et par la physiologie de Müller, Schwann se libère de la conception synthétique de l'organisme que ces disciplines d'école présupposaient. Il retrouve et modifie en profondeur les schèmes de théorisation réductionniste que Raspail et Dutrochet avaient ébauchés. En 1839, il tente une démonstration analytique sur la provenance cellulaire de tous les tissus animaux. Mais sa propre synthèse réductionniste sur la reproduction des cellules suscite critiques et réaménagements chez Müller et nombre de ses disciples, en particulier Kölliker, Remak et Virchow. A partir de 1855, l'axiome "Toute cellule provient d'une cellule" et le schème d'une reproduction par division de cellules préexistantes vont peu à peu réorganiser le programme schwannien. Ce système théorique, apte à rendre compte des processus se déroulant dans et par l'individualité cellulaire, suffit désormais à assurer le développement de recherches analytiques et la formation de modèles analogiques.
Duchesneau François ; Kupiec Jean-Jacques ; Morang
En 2013, à l'heure de l'essor d'une biologie post - génomique et systémique, de nombreux aspects de l'oeuvre de Claude Bernard sont encore d'actualité pour penser le renouveau de la biologie. Né il y a deux siècles, il a marqué le développement de toute la physiologie moderne. Entre science et philosophie, déterminisme et vitalisme, théorie cellulaire et synthèse morphologique - ce livre lui rend hommage.
Afin de se prémunir contre le risque de devenir un jour savant, tout jeune chercheur devrait, à titre d'antidote, avoir lu ce classique de Gaston Bachelard. L'originalité de l'ouvrage consiste non seulement à dégager les conditions psychologiques propices à la formation de l'esprit scientifique mais aussi à mettre au jour celles de son dépérissement. Ainsi, la connaissance scientifique s'institue en s'opposant à la connaissance vulgaire, issue de l'expérience commune. Cependant, elle se corrompt et se stérilise dès lors qu'elle prétend fournir des réponses définitives. L'attachement à ses propres certitudes, qu'elles soient d'ordre sensible ou scientifique, contrarie les progrès de la recherche. La science tout autant que l'opinion constituent ainsi ce que Bachelard appelle un obstacle épistémologique. Toute découverte suppose donc la capacité de résister à "cette tendance conservatrice de l'esprit humain" qui le porte à ramener l'inconnu au connu, par une sorte de goût inné pour la cohérence. L'épistémologie à portée des débutants. --Paul Klein
Rien que dans ce petit coin du monde, il y a quatre principes, la raison, l'instinct, la génération, la végétation, qui sont semblables les uns aux autres et sont les causes d'effets semblables. Combien d'autres principes ne pourrions-nous pas naturellement supposer dans l'immense étendue et l'immense variété de l'univers, si nous étions capables de voyager de planète en planète et de système en système, afin d'examiner chaque partie de ce vaste agencement? L'un quelconque des quatre principes mentionnés ci-dessus (et de cent autres qui s'offrent à notre conjecture) peut nous fournir une théorie par laquelle juger de l'origine du monde; et c'est une preuve palpable et insigne de partialité que limiter entièrement notre vue au principe par lequel nos propres esprits opèrent. Si ce principe était plus intelligible pour cela, une telle partialité pourrait dans une certaine mesure s'excuser; mais la raison, dans son agencement et sa structure interne, nous est en réalité aussi peu connue que l'instinct ou la végétation".
Quand on a pris les soins nécessaires pour conserver au corps sa force et sa vigueur, pour le mettre en état d'obéir aux ordres de l'âme elle-même, afin que en toute occasion, elle ne donne son consentement qu'à ce qui est conforme à la dignité et à l'excellence d'une créature raisonnable"
Résumé : Les religions ont une histoire, qui n'est pas celle de la Bible. Elles trouvent leur origine dans les passions des hommes. De là, on conclut aisément qu'en matière de religion le culte importe plus que le dogme, que le polythéisme précéda le théisme qui en dériva, et que les maux générés par celui-ci sont pires que ceux causés par celui-là. La question d'une " pure " religion reste en suspens, sachant qu'aucune religion révélée ne peut invoquer en sa faveur un témoignage assez fort ni aucune religion philosophique se reposer sur une démonstration qui soit certaine.