Dans un grand appartement agressivement confortable, c'est-à-dire d'une laideur ultra-moderne, se réunissent quatre personnages : Sophie la rousse, Roger son amant gras et mou, Bernard l'élégant taré alcoolique et sa toute jeune épouse Mimi, passive et coupable de naissance. Que vont-ils faire ensemble ? S'empoigner. Se jouer à eux-mêmes autant qu'aux autres un show d'une truculence désespérée qui est le procès même de toute existence. Ils se connaissent. Ils se piègent. D'instinct ils savent que leur hystérie est complaisamment communautaire et qu'aucun d'eux n'en sortira. Enfermés dans le cadre feutré d'un bagne sans limites, ils se battent érotiquement ou haineusement, s'insultent, s'adorent, hurlent sur le rythme d'une musique démente en ne cessant de poser la terrible, la douloureuse, l'ineffable question : "Suis-je un grand acteur ?" À quoi les compagnons répondent en choeur : "Tu es un ignoble cabot." Le langage éclaté de Réjean Ducharme est à la hauteur de ce carnaval burlesque et tragique. Il saisit le lecteur. Il l'embrouille. Il le soumet. Il l'emprisonne à son tour entre les murs d'un abominable huis clos.
Nombre de pages
112
Date de parution
04/06/1982
Poids
133g
Largeur
126mm
Plus d'informations
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EAN
9782070214853
Titre
Ha Ha !...
Auteur
Ducharme Réjean
Editeur
GALLIMARD
Largeur
126
Poids
133
Date de parution
19820604
Nombre de pages
112,00 €
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"Tout m'avale... Je suis avalée par le fleuve trop grand, par le ciel trop haut, par les fleurs trop fragiles, par les papillons trop craintifs, par le visage trop beau de ma mère.
Je suis un joyeux luron. J'aime la vie. Je veux la vie et j'ai la vie. Je prends d'un seul coup toute la vie dans mes bras, et je ris en jetant la tête en arrière, sans compter que les haches dont elle est hérissée font gicler le sang. J'embrasse la vie : on dirait qu'elle est faite pour cela, qu'elle est faite pour me rendre orgueilleux de ma force. Prends une chaise dans tes bras : elle se laissera faire, elle est sans force. La force, tu l'as toute. Comme ce qu'il y a d'écourant en moi et en ce monde s'embrasse bien ! s'enlace bien ! se laisse posséder bien ! Je me fiche pas mal de tout ce que j'ai dit, de tout ce que je t'ai fait : je t'embrasse, je t'emporte, je t'emmène avec moi. Plus on est de fous, mieux c'est. Je ne m'embarque pas. C'est moi, la barque, et j'embarque tout. En avant, maman ! Trêve de bavardise !
Mamie, la femme de Rémi Vavasseur, est partie. Pas parce qu'elle ne l'aime pas, mais parce qu'elle ne s'aime pas. Elle court l'Europe et l'Afrique en compagnie de la dangereuse et blonde Raïa. Pendant ce temps, Rémi, à la campagne, accomplit des travaux surhumains pour remettre en état une ruine, à l'intention de Mamie, si elle revient, "en chair et en noces". Dans son lotissement, appelé la Petite Pologne, Rémi se lie avec des voisines. Puis, tandis que les nouvelles de l'errance de Mamie et Raïa se font de plus en plus désastreuses, le petit monde qui entoure Rémi se défait, se disperse. Comme toujours chez Ducharme, la clownerie des personnages ne sert pas à cacher le désespoir, mais plutôt à le souligner. Ainsi qu'il est dit au début: "Il faut investir ailleurs, la vie il n'y a pas d'avenir là-dedans."
Dans un village du Canada, sur un bateau transformé en maison, la narratrice, une gamine de dix ans, vit avec son beau-père, un Hollandais bossu, sa mère ivrogne, son petit frère débile mental. Dans le manoir voisin, s'installe une tribu de Finlandais : huit garçons et leur petite soeur. Une amitié passionnée naît entre les deux fillettes. Très douées pour l'ubiquité, elles parviennent à vivre la réalité comme des rêves et à rêver comme si elles vivaient. Cette épopée enfantine se déroule dans un monde étrange, où les aventures bizarres et drôles se succèdent sur un rythme effréné, racontées dans une langue superbe, toute façonnée d'images et de couleurs.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.