Les Publications de la Sorbonne reprennent la publication de la revue Socio-anthropologie. Cette revue aborde les déstructurations et les recompositions qui sont au coeur de ce tournant de millénaire. La "socio-anthropologie", démarche originale à la croisée interdisciplinaire, s'inscrit dans les débats actuels. Les perspectives et les résultats qu'elle propose permettent de mieux saisir le contemporain dans ses continuités et ses mutations. Chaque numéro est construit autour de trois éléments : textes classiques, réflexions méthodologiques et études sur des pratiques et des représentations contemporaines. Ce numéro fort se situe dans le prolongement d?un colloque organisé conjointement par le Centre des Techniques, des Connaissances et des Pratiques (CETCOPRA/Université Paris 1) et le Centre de Sociologie de l?Innovation à l?Ecole des Mines de Paris, en janvier 2012. Cet ouvrage part d?un constat commun : les chercheurs en sciences sociales travaillant sur le terrain se trouvent souvent dans la situation d?être "embarqués". Dans bien des cas, ils sont embarqués parce qu?ils sont liés par un contrat avec l?organisme commanditaire de l?enquête. Mais il arrive aussi qu?ils soient embarqués du fait de leur engagement associatif, ou de la souffrance à laquelle ils se trouvent confrontés sur le terrain, de la confrontation à des activités illégales, dangereuses ou physiquement exigeantes. Toutes ces situations se ressemblent en ce qu?elles mettent leurs convictions personnelles, leurs valeurs, voire leur courage à l?épreuve. Devant l?adversité, et la multiplicité des façons d?y répondre, la présence sur le terrain, ou au terrain, s?est peu à peu précisée comme manière d?être au monde, indissociablement théorique et pratique. Cette manière d?être au monde, commune à de nombreux chercheurs en sciences sociales et humaines, se revendiquant ou non de la socio-anthropologie, se lit d?abord dans le refus d?occuper une position en surplomb et d?objectiver l?autre depuis cette position. Elle consiste encore en cette relation qui consiste à se laisser affecter par autrui et qui se tisse au fil du temps, au travers d?expériences, d?attentes partagées et peut-être surtout, par l?attachement à une langue commune.
Date de parution
04/07/2013
Poids
212g
Largeur
135mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782859447496
Titre
EMBARQUES
ISBN
2859447490
Auteur
DUBEY
Editeur
PUB SORBONNE
Largeur
135
Poids
212
Date de parution
20130704
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison à domiciledès 5,10 €
Résumé : L'action de l'électricité se révèle dans trois domaines principaux : la lumière, la force, l'information. Une telle immatérialité la fait passer pour innocente. Pourtant, son efficacité repose essentiellement sur le pouvoir du feu, elle n'est qu'un vecteur énergétique. Dégâts et déchets sont cachés en amont ou en aval de son utilisation. A travers un parcours historique d'Ampère à Bill Gates, les auteurs démontent les coulisses et les travers du mythe électrique et de la numérisation de nos existences. Non, le tout-électrique-tout-numérique ne sauvera pas la planète ! Avant qu'ils ne nous emprisonnent totalement, arrachons-nous à leur pouvoir de séduction et sortons de la Matrix. Gérard Dubey est sociologue, professeur à l'Institut Mines-Telecom Business School. Il est l'auteur de Le Lien social à l'ère du virtuel (PUF, 2001), Dans la peau d'un pilote de chasse (PUF, 2016, avec C. Moricot) et Mauvais temps (Dehors, 2018, avec P. de Jouvancourt). Alain Gras est professeur émérite de socio-anthropologie des techniques à l'université Paris 1-Sorbonne. Il a publié Les Macro-systèmes techniques (PUF, 1997), Fragilité de la puissance (Fayard, 2003), Le Choix du feu (Fayard, 2007) et Oil (B2, 2015). Tous deux sont chercheurs au Centre d'études des techniques, des connaissances et des pratiques (UFR de Philosophie) fondé par Alain Gras.
Résumé : L'auteur interroge la notion de société virtuelle en confrontant l'abondance des discours aux données du terrain. Il en ressort que, loin d'engendrer de nouvelles formes de socialité, la virtualisation des rapports sociaux conduit à un mouvement de déréalisation et à une crise de confiance. Le décalage observé entre société réelle et société virtuelle met en effet en lumière l'irréductibilité du lien social aux dispositifs techniques : ce qui apparaît alors c'est que la société virtuelle ne peut exister qu'en dissimulant les rapports sociaux sur lesquels elle repose. Mais la technique pourrait-elle générer de nouvelles manières de se rapporter à autrui ? Telle est la question de fond que pose cet ouvrage.
Résumé : Alors que l'hybridation des hommes et des machines est le plus souvent abordée sous un angle technologique et à la seule lumière de critères de performance, la parole est ici donnée à ceux qui habitent les machines. Sur la base d'un important matériau empirique recueilli dans les escadrons de chasse et de drone de l'armée de l'air, cet ouvrage établit une approche concrète des questions de société en lien avec les évolutions technologiques et les enjeux soulevés par la guerre à distance.
Dubey Anne-Sophie ; Granier Caroline ; Sánchez Res
Imaginez que l'opérateur de l'usine du futur travaille avec un robot. En sera-t-il le maître ou l'assistant ? Quel contact physique peut-il avoir avec lui tout en étant en sécurité ? Comment peut-il se synchroniser avec lui ? Comment leur collaboration peut-elle être le reflet d'une complémentarité entre les qualités de l'un et de l'autre ? C'est à ces questions que ce Doc de La Fabrique propose de répondre à partir d'avancées technologiques appliquées ou en cours d'application dans le domaine de la robotique collaborative. Le Doc met notamment en avant les travaux de Susana Sânchez Restrepo, co-lauréate de l'édition 2019 du concours pour étudiants et jeunes chercheurs organisé par La Fabrique de l'industrie. Il met en évidence de nouveaux modes d'interaction possibles entre l'humain et le robot collaboratif en distinguant le cas du cobot-outil du cobot-collègue. Il présente aussi les diverses manières dont le robot collaboratif peut apprendre à travailler avec l'opérateur, grâce à l'intelligence artificielle ou à des interfaces de programmation intuitives. Cette collaboration répond à de multiples enjeux : augmenter la productivité, gagner en flexibilité et améliorer l'ergonomie des postes de travail. Ce Doc de La Fabrique s'adresse à toutes les personnes intéressées par les nouvelles modalités de travail offertes par la robotique collaborative.
La musique a-t-elle un genre ? " : dans les milieux autorisés, la question soulève encore souvent indifférence polie, sinon hilarité, voire mépris. Et pourtant ! Comme la littérature et la peinture, la musique n'échappe pas aux catégorisations genrées et encore moins aux inégalités de genre qui relèguent dans l'ombre les femmes artistes. Ce volume examine sur la longue durée ce phénomène d'invisibilisation des musiciennes à l oeuvre tant dans l'historiographie que dans l'imaginaire social, tant dans les discours que dans les pratiques de création et les programmations. Repérant les différentes voies de disqualification des talents féminins, les seize études réunies ici scrutent les indices de l'enfouissement des musiciennes dans les traités philosophiques et esthétiques, dans les manuels d'éducation, dans les témoignages du public, dans les récits de vie, comme dans les écrits savants et la critique musicale, y compris la plus récente. Surgissent ainsi autant de jalons pour débusquer et mieux déconstruire les stéréotypes de genre dans les écrits sur la musique et les pratiques musicales d'hier et d'aujourd'hui.
Résumé : La différence sexuelle de l'homme et de la femme est-elle un fait physiologique ou un effet des normes sociales ? En 1990, dans Trouble dans le genre, Judith Butler soutient que la catégorie de " sexe " ne décrit pas la différence naturelle de l'homme et de la femme mais la produit, par la répétition des normes du genre que nos discours et nos pratiques sociales véhiculent sans cesse. Pour déconstruire ces catégories naturalisantes d'homme et de femme, Butler inscrit sa critique du sexisme dans une critique globale de l'hétéro-sexisme, c'est-à dire de l'injonction sociale à l'hétérosexualité obligatoire. Trouble dans la matière part du contexte polémique de la réception de Butler en France, dans les cercles où l'on reproche aux études de genre de semer le trouble dans la lutte des classes. L'ouvrage entreprend de mettre en lumière la dimension matérialiste de la thèse butlerienne de la construction discursive du sexe, mais aussi d'interroger, en retour, la fécondité de son analyse du pouvoir des mots pour la critique sociale d'inspiration marxiste. L'exploration de la postérité inédite de Marx qui se dessine entre Althusser et Foucault, au prisme de l'épistémologie de Canguilhem, fait de la construction du " sexe " le point de départ d'une réflexion générale sur la production de la réalité sociale par les discours qui la ressaisissent. L'ouvrage envisage ainsi de penser la matérialité discursive de l'existence sociale, c'est-à-dire la manière dont le discours, esquissant les contours des sujets et des objets qu'il nomme, les constitue socialement comme tels. Il vise, à partir du problème de la construction discursive du sexe, à proposer des éléments pour une épistémologie matérialiste qui considère le pouvoir du discours de produire et de transformer la réalité sociale, et non simplement de la décrire ou de la refléter.
Résumé : En mêlant réflexion théorique et perspectives opérationnelles, ce livre souhaite questionner les transformations urbaines occasionnées sur le temps long par l'émergence des mobilités partagées mises en oeuvre par de grandes firmes privées mondialisées. Dans quelle mesure la participation de ces nouveaux acteurs aux politiques de mobilité des villes transforme-t-elle le rôle des institutions publiques dans la gestion urbaine ? Ces systèmes de mobilité peuvent-ils répondre aux enjeux écologiques du XXIe siècle ? Quels sont les gagnants et les perdants de ces recompositions dans l'économie des transports, les institutions et les structures sociales urbaines ? Ces questions sont abordées à partir de l'analyse du développement récent des systèmes de vélos en libre-service et d'autopartage, en proposant une réflexion plus générale sur la place du capitalisme dans l'innovation en matière de mobilité et dans la fabrique de la ville. L'ouvrage permet de saisir les contours des nouvelles économies collaboratives en interrogeant la gouvernance "public-privé" des mobilités partagées. Cette seconde édition souhaite actualiser le développement de l'auteur à travers l'introduction d'une étude de cas de l'évolution historique des mobilités partagées à Paris, la prise en compte de l'arrivée des dispositifs de mobilité en free floating dans les grandes villes et l'intégration de nombreux éléments d'actualité (changement d'opérateur, nouveaux acteurs, etc.). Le livre souhaite offrir des outils de réflexion aux différents acteurs de la ville avant les élections municipales de 2020, période au cours de laquelle les mobilités partagées seront au coeur des débats politiques et citoyens.
Hobbes nous dit que le mot "liberté" est spécieux. Il existe de fait un contraste frappant entre la plénitude que peut donner l'énonciation du mot, comme dans le célèbre poème d'Eluard, et le sentiment de vide provoqué par la désolante diversité des usages concrets, parfois ouvertement contradictoires. Tôt ou tard, la réflexion bute sur la polarité de la liberté comme affirmation de l'ordre censé nous protéger de la licence, de l'anarchie ou du nihilisme, c'est-à-dire de la "fausse" liberté, ou comme négation de l'ordre dont les contraintes sont suspectées d'être oppressives et incompatibles avec la "vraie" liberté. Les contradictions entre les conceptions de l'ordre associées à la liberté donnent une justification à la conception de la liberté comme négation. Mais celle-ci est également difficile à tenir car elle risque de nier son objet en basculant dans la licence illimitée. Le conflit entre la liberté comme affirmation et la liberté comme négation n'est pas un défaut du concept. Il faut plutôt dire : la liberté est l'un des concepts qui servent à penser la production historique d'objets par l'activité collective et conflictuelle des hommes. L'oscillation entre ces deux pôles, qui peut être embarrassante au point d'inciter à n'en plus parler, montre que de tels concepts ont une structure ludique, au sens de ce qui fait l'intérêt de jeux intellectuels aussi futiles que les échecs. Ce livre peut se lire comme une introduction au jeu conceptuel de la liberté.