La confusion des corps. Les risques du tout-scientifique en médecine
Du Puy-Montbrun Thierry ; Magnard Pierre
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EAN :9782753904675
La pratique médicale montre que la maladie se substitue au malade, que le corps n'est plus qu'un objet de science, oubliant que c'est l'homme lui-même dans son entièreté qu'on abandonne à ce processus réducteur. Le corps n'est pas entendu : la science est sourde à son langage. Elle ne peut concevoir qu'aucun moule - fut-il celui de la raison triomphante - ne puisse jamais contenir ce corps qui nous appelle non pour être vu - la science s'en charge - mais pour nous signifier qu'il porte en lui la totalité de l'être de l'homme, d'un homme que la médecine laisse sur le bas-côté de sa route sans comprendre que, victime d'une étrange confusion, elle prend, alors, pour réalité le mirage de la toute-puissance. Comment en est-on arrivé là, à cette exterritorialité radicale du corps qui va, aujourd'hui, jusqu'à remettre en question le fondement même de notre humanité ? C'est ici qu'il faut interroger la philosophie pour essayer de mettre à jour les conditions et circonstances d'élaboration d'une pensée dont l'aboutissement sera l'affirmation du primat de l'âme sur le corps. Il faut montrer que c'est à la doctrine dualiste qu'on doit ce clivage radical, et plus précisément à ses représentants les plus illustres que sont Platon, qui fit du corps "un tombeau" et Descartes, qui en fit "une machine", son dualisme perdurant encore aujourd'hui tant il fut nécessaire à l'éclosion de la science. S'il est vrai que sans lui l'Occident n'aurait pas connu de révolution scientifique, il n'en demeure pas moins que le corps en paye un lourd tribut car notre modernité, confondant réel scientifique et totalité du réel a, dans un effet d'entraînement, pris pour seule référence le "corps-donné-par-la science", méconnaissant le "corps-chair", "corps-de-vie" qui spécifie l'être au monde de chacun dans sa singularité radicale. Cette confusion conforte le concept d'un homme dont le corps n'est plus qu'une extériorité réduite à la seule matière, à une somme d'organes, au point que le malade n'a plus pour seule présence que celle de sa maladie.
Nombre de pages
268
Date de parution
28/04/2017
Poids
330g
Largeur
148mm
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EAN
9782753904675
Auteur
Du Puy-Montbrun Thierry ; Magnard Pierre
Editeur
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148
Date de parution
20170428
Nombre de pages
268,00 €
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Il est des thèmes dont l'étude est pleine de périls, où l'auteur est guetté par l'ignorance, l'idéologie - favorable ou défavorable - voire à la mauvaise foi. Le sujet retenu par Monsieur l'Abbé Bernard du Puy-Montbrun, La détermination du secret chez les ministres du culte, est assurément de ceux-là. Il fallait avoir une double culture pour traiter un pareil sujet qui, à l'instar de Janus bifrons des romains, est duel. Le secret pastoral intéresse en effet et le droit canonique et le droit français, chacun de ces deux versants du problème étant lui-même fort complexe comme le démontre l'auteur avec clarté. Côté canonique, le profane voit dans le secret du prêtre le secret de la confession et rien d'autre. Or la notion de secret canonique est surchargée ; coexiste à partir de ce secret, sorte de noyau dur, le secret pontifical, le secret du conclave, le secret de l'office à la Curie diocésaine et romaine, le secret scripturaire et d'autres encore. Du côté du droit positif, le secret du prêtre, surtout celui de la confession, pose des difficultés redoutables, sans doute plus redoutables encore que celles qui appartiennent au droit canonique. Il est vrai que la loi civile, depuis 1905, a laïcisé notre droit. Il n'empêche que la doctrine et les institutions religieuses sont un fait, une donnée sociologique que ni le législateur ni le juge ne peuvent ignorer. Un ministère a même pour intitulé "ministère de l'intérieur et des cultes", (Extrait de la préface du professeur Jean Pradel).