Nul ne connaît Drieu La Rochelle sans avoir lu le Journal d'un homme trompé, ses Notes pour un roman sur la sexualité, ou encore L'Homme couvert de femmes. Dans les douze nouvelles qui composent le Journal d'un homme trompé, Drieu dépeint de la manière crue la réalité de l'amour dans l'entre-deux-guerres. En sociologue des moeurs, et adpte de la sociologie participante, Drieu La Rochelle insère dans chacun des ses ouvrages des traits autobiographiques. Si son roman L'Homme couvert de femmes posait la question du sens donné au libertinage, le Journal d'un homme trompé aborde des questions métaphysiques sur la sexualité. Qu'est-ce que l'amour aujourd'hui, passé la tempête physique des premiers jours ? Qu'est-ce qui pousse les hommes et les femmes qui enchaînent les conquêtes et que connaissent-ils finalement de l'amour ? Toutes ces questions se résument en celle-ci : Qu'est-ce que le véritable amour ...
Nombre de pages
220
Date de parution
22/02/2019
Poids
326g
Largeur
148mm
Plus d'informations
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EAN
9782322152414
Titre
Journal d'un homme trompé
Auteur
Drieu La Rochelle Pierre
Editeur
BOOKS ON DEMAND
Largeur
148
Poids
326
Date de parution
20190222
Nombre de pages
220,00 €
Disponibilité
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Pendant que je me déshabillais, je vis Antoine qui fixait mon dos. Il me convoitait, encore, toujours, et il se méfiait de moi. Avec son regard, je me regardai : j'étais belle et menteuse. Je ne me regardai pas au visage, je regardai mon corps. J'avais un beau corps, je l'ai encore. Peu de femmes ont de beaux seins : je suis de ces femmes. Encore moins de femmes ont des seins beaux et émouvants : je suis de ce peu de femmes. Mon corps avait des liens avec cet appartement, et avec Antoine ; il s'était façonné à tout cela. J'avais le corps soigné, aisé, épanoui d'une belle femme riche, de plus flattée par les caresses d'un homme qui avait de belles dents, de la fougue, de l'adresse."
« Je me rappelle deux ans plus tard, en face de moi, ce grand diable d'officier allemand debout dans la tourmente, à Verdun, Fritz von X..., qui était debout, et appelait, et m'appelait. Et je ne lui répondais pas, je le canardais de loin.Dans cette guerre, on s'appelait, on ne se répondait pas. J'ai senti cela, au bout d'un siècle de course. On a senti cela. Je ne faisais plus que gesticulailler, criailler.Je n'avançais plus guère. Je trébuchais, je tombais. Ils trébuchaient, ils tombaient.Je sentais cela. Je sentais l'Homme mourir en moi. »
Maintenant, il savait tout le prix de Dorothy. Au fond de lui-même, il croyait qu'il avait gardé un pouvoir sur elle et qu'il pouvait la reprendre, si enfin il s'en donnait la peine. Et il ne pouvait pas croire que l'émoi qu'il ressentait ne fût pas communicatif. Elle avait l'air si bon, sur cette photo. Sa bouche répétait ce que disaient encore la même chose, et sa peau qui fuyait sous ses doigts, ses mains friables.
Rentrant chez lui en fin de journée avec un cadeau pour ses enfants, David Hall, brillant chercheur et président d'un laboratoire travaillant pour la NSA à Saugus, près de Boston, découvre sa femme et ses trois enfants massacrés et atrocement mutilés. Le choc est tel que David Hall sombrera aussitôt dans une sorte de coma éveillé (Syndrome de Lumley-Wright) qui va le couper du monde. Il ne se souviendra plus qu'il a eu une famille et ne reconnaîtra plus ceux qui l'entourent. Amnésie totale dont il ne pourra pas sortir. L'enquête menée par le FBI à travers les Etats Unis n'aboutira à rien. Le massacre de Saugus, outre le trauma irréversible qu'il a provoqué chez David Hall, aura un impact profond sur tous ceux qui ont participé à cette enquête. Une plongée dans le monde des services secrets, dans l'univers de la psychiatrie et dans celui de la télévision et des médias. Doublée d'une vision lucide de la violence de la rue, barbare, gratuite et aveugle, qui peut tomber sur chacun à tout instant.