Etat membre de l'C.E., dont 37 %: du territoire est occupé par un pays tiers, qui y a imposé son armée, sa monnaie et ses ressortissants, Chypre est dans une situation très particulière, entre l'Europe et la Turquie. La ligne de cessez-le-feu qui traverse l'île est devenue de facto une des limites externes de l'U.E., où la gestion des échanges, la circulation des personnes deviennent une source de complications inextricables. Cette occupation, qui remonte à 1974, est-elle destinée à perdurer indéfiniment? La Turquie étant elle-même candidate à l'U.E., elle ne devrait pas avoir de plus importante priorité que d'appliquer le droit communautaire, ne serait-ce que pour accélérer son intégration, comme l'ont fait les pays d'Europe centrale. Or la négociation d'adhésion ouverte en 2005 est partiellement suspendue depuis 2006 en raison du refus d'Ankara de se conformer à ses obligations, notamment en ce qui concerne Chypre. Sur le fond, la Turquie conteste le bien-fondé des critères démocratiques de 1'L.E. et ne se presse pas de s'y conformer. Avec les réticences de plusieurs gouvernements et d'une partie importante de l'opinion publique européenne. cela fait beaucoup d'obstacles à surmonter. Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, la Communauté puis l'Union européenne ont fait prévaloir un mode de relations internationales fondé sur le respect du droit et la solution pacifique des conflits, les différends entre les Etats membres ne pouvant être gérés ailleurs que dans les salles capitonnées du Conseil européen à Bruxelles. En développant ses interventions dans le bassin oriental de la Méditerranée, où les conflits sont anciens et nombreux, l"U.E. s'efforce de défendre les valeurs qui ont fait son succès dans les autres parties de l'Europe. Dans cette logique, Chypre est à réunifier dans des conditions conformes au droit européen, cc qui implique de trouver une solution à un problème complexe, aussi bien pour l'île que pour son environnement international, et à le faire accepter par toutes les parties en présence. La candidature de la Turquie est aussi à traiter en fonction de ses mérites propres, suivant la même méthode qu'avec les pays d'Europe centrale, dans le respect de la démocratie et de l'Etat de droit. Le présent ouvrage analyse les différentes composantes de ces problèmes, en recherchant les éléments d'une solution pour Chypre et par contrecoup pour la Turquie. II rappelle leur évolution depuis 1999, notamment la gestation du plan Annan et les raisons de son échec, avant de présenter les principaux aspects du dossier turc à Bruxelles."
Nombre de pages
252
Date de parution
20/10/2011
Poids
340g
Largeur
165mm
Plus d'informations
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EAN
9782811105518
Auteur
Drevet Jean-François
Editeur
KARTHALA
Largeur
165
Date de parution
20111020
Nombre de pages
252,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Depuis le dépôt de sa candidature en 1990, aucun pays n'attend davantage que Chypre de son entrée dans l'Union européenne. Car en dépit de tous ses charmes, l'île est toujours divisée par une ligne de démarcation hermétique. Analysant d'abord les origines du conflit, l'auteur s'est ensuite penché sur les événements des années 1963-1974, en particulier sur la séparation tragique de l'été 1974. Il reprend enfin quelques éléments utilisables en vue d'un règlement politique du problème chypriote, tenant compte des aspects nouveaux apportés par la candidature turque à l'Union européenne et de l'amélioration des relations entre Athènes et Ankara.
Depuis 2000, l'Union européenne (UE) est engagée dans des négociations d'adhésion avec douze pays candidats : une opération sans précédent, d'une taille supérieure à la somme des élargissements antérieurs, sans compter la pression de la Turquie pour entrer à son tour dans le processus. En outre, d'autres pays sont candidats à la candidature et n'attendent qu'une occasion favorable pour déposer officiellement leur demande. L'élargissement de PUE a cessé d'être une suite d'événements ponctuels pour devenir un processus continu d'extension. Le nombre d'Etats membres, qui passera de 15 à 27 avant 2010, oscillera peut-être entre 30 et 40 au cours de la décennie suivante. L'UE élargie est-elle prête au grand bond en avant que représente un passage de 15 à 27 en moins d'une décennie ? Est-il possible de maîtriser cette évolution, qui n'est actuellement limitée, ni dans le temps, ni dans l'espace ? Peut-on fixer des limites à la construction initiée à Rome en 1957 ... Depuis Maastricht, l'Europe à la carte a réduit l'homogénéité de la construction initiale. Le traité est appliqué dans des territoires à géographie variable, regroupant des Etats membres différents. Comment organiser une intégration opérationnelle et si possible harmonieuse des pays candidats dans cette Europe en gradins, à participations inégales ... Sur le fond, ce paysage complexe masque un désaccord persistant entre les Etats membres concernant les finalités de l'Union. Pour les uns, l'achèvement du marché unique doit apporter un point final à la construction européenne, dont ils n'acceptent même pas le couvercle monétaire. Pour les autres, il n'y aura pas d'Europe unie, aussi longtemps qu'elle n'aura pas une dimension politique explicite. Quelle place peuvent occuper les pays candidats dans ce débat fondamental ...
Un peu plus d'un an après la victoire des "non" français et néerlandais au projet de traité constitutionnel, et malgré la ratification de ce traité par une majorité d'Etats membres, l'Europe semble être en panne. Difficile, dans ces conditions, d'appréhender de la manière la plus juste ce que la construction européenne a su réaliser et ce qu'elle recèle encore de perspectives, sans évoquer les questions pour l'heure sans réponse qui la paralysent. L'enjeu de ce dossier consiste donc à présenter les points de vue qui s'affrontent sur les grands questionnements communautaires (des "empoignades budgétaires" à la réforme de la PAC), à analyser les amalgames et polémiques facilités par une matière complexe (sur le "plombier polonais" ou l'euro), à mettre en perspective, enfin, les débats qui traversent aujourd'hui une Union apparemment sans boussole.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
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Cent ans ont passé depuis la fondation de la République de Turquie. Les différents partis politiques qui se sont succédé au pouvoir, au rythme des élections et des coups d'Etat, ont imposé leurs politiques mémorielles. Dans le même temps, on a assisté à la publication quasi ininterrompue de mémoires des chefs du Comité Union et Progrès qui prirent le pouvoir dans l'Empire ottoman à la veille du Premier conflit mondial et furent les principaux responsables du génocide des Arméniens. Aujourd'hui, plus que jamais, ces livres constituent des succès de librairie, et leurs auteurs sont largement considérés en Turquie comme des héros, pères fondateurs de la nation. Duygu Tasalp propose de considérer ces ouvrages comme supports de la construction d'une mémoire publique en Turquie. La mise en contexte des différentes vagues de publications au cours du XXe siècle, associée à une analyse de discours, permet de repérer trois tournants - dans les années 1920, 1940 et 1990 correspondant à l'avènement de trois grands régimes mémoriels : kémaliste, inönüiste et, enfin, islamiste, qui se succèdent et se superposent. Le rôle fondamental des mémoires d'unionistes dans l'élaboration du discours officiel sur le passé témoigne de la force et de la persistance du négationnisme au fil des décennies. Au-delà de la Turquie, ce livre apporte une réflexion de sciences sociales sur les notions de secret et de mensonge, comme sur les effets durables des violences exterminatrices sur leurs auteurs et leurs descendants.