Cet ouvrage entend proposer un cheminement au c'ur du thème de l'éternel retour, en littérature et en philosophie. A partir d'une lecture de la Peau de chagrin de Balzac, où le personnage principal Raphaël Valentin se trouve invité à un banquet « dionysiaque », nous choisissons de convier les lecteurs et lectrices à ce cortège « où pas un des membres n'est ivre », comme l'écrivait Hegel dans la préface de sa Phénoménologie de l'esprit. Nous commençons par interroger les fondements présocratiques et stoïciens de l'éternel retour, puis ses prolongements romantiques qui invitent à questionner l'hypothèse d'un réenchantement du monde. La thématisation nietzschéenne de l'éternel retour est alors réenvisagée à partir de la présence de Don Quichotte dans la Généalogie de la morale, en dialogue avec d'autres approches comme celles de Khalil Gibran et d'Hermann Hesse. L'éternel retour est envisagé comme une pensée héroïque, au sens de Nietzsche, contre toute forme d'aliénation, au sens que Artaud prêtera à ce terme. L'objectif de ce livre est d'offrir une poétique de l'éternel retour, qui vise à se préserver de toute logique seulement décadentiste, et déployer ainsi une pensée véritablement ardente, que nous retrouverons à la fin de cet ouvrage à travers l'étude de quelques aspects de la poésie d'Anna de Noailles.
Nombre de pages
120
Date de parution
14/06/2024
Poids
170g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782380721393
Titre
Palingenesia. Une poétique de l'éternel retour
Auteur
Dreidemie Guillaume ; Garcia Tristan
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
170
Date de parution
20240614
Nombre de pages
120,00 €
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Le poème de Guillaume Dreidemie vient à nous comme une peinture : Difficile de croire en nous / lorsqu'on nous regarde Le matin du regard dans le coeur des pierres esseulées, le poète suit la lumière qui nous dévoile, nous fait don de l'immobilité du paysage, du tremblement dans le passage. Les poèmes se déroulent autour du Refrain, Murmure, Vertèbres et Retour
En instaurant un écart transcendantal entre la subjectivité et son monde, en dépouillant l'idée de toute fondation (Grund) transcendante ou rationnelle, Kant invite la philosophie à abandonner tout regard objectivant et totalisateur et à poser le problème d'une habitation pétrie de finitude. Loin de prétendre à l'exhaustivité, le présent volume explore des postures diverses d'habitation au monde par la pensée. Réparti en trois temps, il permet de cheminer dans l'histoire de la pensée et de rendre sensible la manière dont diverses épistémè ont oeuvré à déjouer, à dépasser, voire même à subvertir l'interdit avancé par la Critique. Les acquis de la Critique ne cessent de hanter notre vision de la phénoménalité, du monde et de la subjectivité. La pensée kantienne a durablement imprégné la phénoménologie : le monde se décloisonne en un horizon - celui, latent, de notre expérience - qui ne cesse de relancer notre désir d'écrire le monde. Chaque proposition avance donc une manière de penser, d'habiter le monde en flirtant avec son impossible idéalisation, avec le rêve de sa totalisation. Chaque article témoigne, à sa manière, du désir qui est au coeur même de la philosophie - de cet élan qui ne cesse d'unir en séparant la pensée et son monde.
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.