Bien que vivant au quotidien dans l'existence, nous n'avons que très rarement le "sentiment" de l'existence: nous faisons quelque chose, nous allons et venons, et par là faisons partie de ce tout qu'est l'existence sans toutefois y penser véritablement. A de rares moments cependant, contemplant un paysage du haut d'une montagne, regardant le ciel étoilé, nous réalisons non sans frissonner qu'une chose comme l'existence existe. Nous nous extirpons alors de l'affairement pour nous plonger dans l'intégralité de cette vaste existence : nous existons avec l'existence, non parce que le champ de notre vision se trouverait être considérablement élargi, mais parce que c'est le fait même d'embrasser l'espace qui nous libère et nous permet d'" entendre" ce passage de l'existence, son écoulement.
Date de parution
22/11/2010
Poids
454g
Largeur
180mm
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EAN
9782711622238
Titre
CAHIERS DU TEMPS
ISBN
2711622231
Auteur
DRAGOMIR
Editeur
VRIN
Largeur
180
Poids
454
Date de parution
20101122
Nombre de pages
0,00 €
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Ancien élève de Heidegger, Alexandru Dragomir (1916-2002) est une figure atypique de la philosophie. Abandonnant l'idée d'une carrière universitaire après la Seconde guerre mondiale, il navigua d'un métier à un autre, refusant catégoriquement d'être publié de son vivant. Il laisse aujourdh'ui à nos curiosités ses Banalités métaphysiques, extraits des cahiers dans lesquels il griffonait des notes à sa propre intention. Banalités métaphysiques est la première publication de ce philosophe hors norme, tiré malgré lui de son retrait volontaire.
Cet ouvrage choisit d'observer le rapport entre la littérature et la politique sous le communisme, à travers le cas roumain, replacé dans le contexte des évolutions des autres pays socialistes. L'auteur combine une analyse des contraintes et des stratégies diverses auxquelles le pouvoir fait appel pour mettre au pas les écrivains, à celle des choix littéraires et politiques des écrivains. Les stratégies développées par ceux-là face au projet communiste sont finement étudiées, tout particulièrement les tensions et les luttes concurrentielles des écrivains entre eux et avec les divers représentants du régime. L'auteur conclut à un affaiblissement de l'autonomie de l'espace littéraire mais aussi à sa reconquête partielle. L'Union des Ecrivains, institution monopolistique des espaces littéraires nationaux et médiateur entre le pouvoir et les écrivains, constitue ainsi un lieu d'observation privilégié du statut de l'écrivain et, plus largement, des conditions de création artistique dans les dictatures communistes.
Norman McLaren oeuvre dans le domaine onirique de l'animation. David Cronenberg est maître du genre de l'horreur intérieure. Que peuvent donc partager ces deux cinéastes canadiens aux univers si distincts ? Chacun a construit une relation à long terme avec un compositeur - respectivement Maurice Blackburn et Howard Shore. D'un duo à l'autre, le musicien occupe une place centrale au sein de la création collective ; sa musique se révèle comme une composante fondamentale. Quels processus créatifs lui permettent de se déployer ? Le livre fait la lumière sur les mécanismes collaboratifs et la pensée de ces duos. Plus généralement, il établit une poïétique de la création musico-filmique, décrit et comprend les processus créateurs filmique et musical qui déterminent la composition d'une musique de film et, plus encore, une musicalité de tout le complexe audiovisuel. Du cinéma d'animation expérimental (A Phantasy) au long-métrage de fiction (Crash, A Dangerous Method) en passant par le documentaire engagé (Jour après jour), l'auteure offre un portait inédit de pratiques musico-filmiques novatrices tout en proposant de nouvelles approches analytiques pour la musique de film.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.