Il faut partir loin pour rentrer à la maison mais il faut voguer sur des eaux troubles mais indéfiniment pour s'arracher d'où l'on vient et découvrir un autre soi. Un soi dont les jambes aux muscles déployés ne trahissent point ce que le corps modifié cache. Il faut beaucoup de résignation pour se refaire la peau ailleurs, là où l'océan de la vie nous aura rejetés au hasard des fluctuations des fluides qui la composent. Il faut la dent dure et la couenne épaisse pour faire d'un champ de glace son nouveau foyer et décomposer et recomposer les bonhommes de neige gris et rocailleux que sont les habitants de ce champ, joyeux et triste à la fois. La langue de grêle de ces autres que sont ces hôtes qui nous reçoivent en leur demeure d'hiver, il faut dans la bouche se casser les dents pour dans la gorge se la faire descendre pour la digérer avec tout ce que cela implique de maux de ventre, de tête, de mots d'alphabet râpeux à faire sien.Extrait de la préface de Christian Lapointe.
Nombre de pages
112
Date de parution
15/01/2012
Poids
110g
Largeur
100mm
Plus d'informations
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EAN
9782916834313
Auteur
Quéinnec Jean-Paul ; Lapointe Christian
Editeur
QUARTETT EDIT
Largeur
100
Date de parution
20120115
Nombre de pages
112,00 €
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Un jour il y a eu une fille qui c'était cette fille ça une fille comme moi qui parle comme moi qu'est ce que c'était qu'elle disait c'était la fille de qui celle là c'était ma fille ma fille c'était moi non pas moi j'étais grosse une fois pour une fille deux fois ou trois ou huit fois huit filles c'est ça huit fois ça je sais pas qu'est ce que j'ai dit.
il revient à pied il va à se reconnaître regardez il boîte il a quitté l'eau le bateau comme un rescapé le migrant revient encore à l'hiver quand la glace le vent recouvrent le lac c'est dur comme une terre c'est blanc regardez tontons tatas l'eau la terre l'air tout laisse des traces et lui boîte il arrive du nord après là-haut personne n'y va que des comme lui fuyards qui courent les disparus
et un jour sous l'eau je volerai un rafiot/je le détacherai du môle/le ferai couler pour moi et tata tout un pétrolier avec des cuves immenses/pour/je sais pas pour essayer de se croire tiens/faudrait que tata vienne nager pour arrêter la télé/on nagerait nagerait elle me dirait sois pas gênée de pas être communiste/tata je n'arrive pas à pas être gênée/pas communiste moi c'est gênant faudrait tata raymonde faudrait que je t'écoute. Jean-Paul Quéinnec est auteur et universitaire au Canada. Il a écrit plusieurs pièces dont Dragage, La mi-temps ou Les tigres maritimes."
Cet ouvrage résulte d'un constat aussi simple que déconcertant : alors que le son joue au théâtre un rôle généralement aussi important que le visuel, il est à peu près absent des travaux critiques, historiques et théoriques. Et pourtant, cet univers sonore en est un très complexe et étonnant, et vaut la peine qu'on s'y attarde. L'émergence de ce qu'il est aujourd'hui convenu d'appeler les études sonores en théâtre fait de l'auralité de la représentation - ce qu'on y entend et comment on l'entend - une question majeure au sein de la recherche universitaire qui se consacre aux arts vivants. Ce "tournant sonore" touche autant la conception du spectacle que sa représentation, sa réception que son archivage. L'ouvrage repose sur deux dimensions : d'abord, celle de la réflexion théorique, plus générale ; puis, celle de l'expérimentation, qui ancre progressivement la pensée dans une réalité sonore particulière. Les quatorze textes de théoriciens et d'artistes, en passant de l'abstraction des concepts au concret de leur réalisation, témoignent de la fluidité et de la diversité qui concernent autant les agencements dynamiques et mouvants appelés ici "dispositifs" que les réalités sonores qu'ils engendrent.
Il peut exister, dans l'étendue, des formes de n'importe quoi. La forme de tout ce qui peut jaillir. Car la forêt s'élance. Je marche entre les arbres. La forme entre les arbres. Quelque chose bouge. Quelque chose pleure.