À peine sorti de chez lui, voici S. D. déversé en plein grand Central Parkway, l'autoroute qui mène à New York: au fil des souvenirs qui assaillent son réveil, des routes qui sillonnent sa vie, se dit un exil américain, douloureux et énigmatique. Ces fils, où tenter de les dénouer, sinon chez son analyste, au cours d'une longue séance, où ils s'obstinent à s'enrouler autour du personnage du fils. Particulièrement, dans le rêve du monstre marin, surgi du texte de Racine dans l'esprit du critique endormi. L'interprétation du rêve se reversera dans l'explication du texte racinien, dont la nouvelle lecture permettra de relire en retour la vie du narrateur, qu'on aura suivi entre-temps, après la visite au « psy », à travers le tintamarre solitaire de New York, les silences calfeutrés de l'université, jusqu'à la salle de classe où s'accomplit sa jouissance: le dénouement. Autobiographie? Non. Fiction, d'événements et de faits strictement réels. Si l'on veut, autofiction, d'avoir confié le langage d'une aventure à l'aventure d'un langage en liberté.
Nombre de pages
538
Date de parution
06/09/2001
Poids
250g
Largeur
108mm
Plus d'informations
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EAN
9782070419456
Titre
Fils
Auteur
Doubrovsky Serge
Editeur
FOLIO
Largeur
108
Poids
250
Date de parution
20010906
Nombre de pages
538,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Étrange aventure, pour un universitaire qui enseigne confortablement Proust à New York, lorsqu'il découvre un jour que Swann, c'est soi. Qu'un amour tenace s'est tissé en lui, malgré lui, autour d'une femme « qui n'était pas son genre ». Toutes ses analyses de Proust, toutes ses courses affolées chez son propre analyste ne lui sont d'aucune assistance. Il assiste au déroulement inéluctable de la passion qui va bouleverser son existence. Faute d'avoir pu se maîtriser, il entend du moins, à la différence de Swann, s'écrire. Rattraper ainsi sa vie, se rattraper. En notre fin de siècle, les élégances raffinées des années Swann ont disparu: on bat désormais sa coulpe, rageusement, ironiquement, à tripe ouverte.
L'auteur s'est proposé d'utiliser une méthode moderne pour comprendre Corneille, sans négliger l'approche historique. Une lecture systématique lui permet de dégager les thèmes centraux, de suivre leur articulation et leur développement. Alors surgit et se précise, de pièce en pièce, une silhouette méconnue : le héros cornélien. Loin d'être cet exemple éclatant du triomphe humain, cet exercice souverain de la volonté que nous présente la critique traditionnelle, le dessein de reprise en main totale de notre condition, qui est au c'ur du projet héroïque, se révèle, au terme d'une immense dramaturgie, une impossibilité insurmontable. Cet échec, sans cesse repoussé et finalement assumé, dû non aux lois d'un fatum transcendant mais à une autodestruction interne, fait apparaître une figure inattendue de Corneille, contraire à nos habitudes : un auteur tragique.
Entre mes mains, mon livre s'est brisé, comme ma vie. Je me suis alors aperçu, avec horreur, que je l'avais écrit à l'envers. Pendant quatre ans, j'ai cru raconter, de difficultés en difficultés, le déroulement de notre vie, jusqu'à la réconciliation finale. Mon livre, lui, à mon insu, racontait, d'avortements en beuveries, l'avènement de la mort
Après avoir raconté, dans le premier tome de ses Mémoires, son enfance dans le Maroc d'avant-guerre et son arrivée en France en 1945, Driss Chraïbi reprend le fil de son récit autobiographique. Au début des années 50, il découvre une autre planète, l'Alsace, et s'y installe avec sa femme dans une sorte d'ermitage amoureux voué à l'écriture. Puis ses premiers succès d'écrivain le ramènent à Paris et la communauté maghrébine trouve en lui l'une de ses premières voix dans le milieu littéraire. Défilent ensuite les années France Culture, les années canadiennes, les années à l'Ile d'Yeu, les amis et les rencontres (François Mitterrand, Lucien Bodard...), les paysages, les livres et les femmes de sa vie.
Oui, j'y avais repensé. Qu'est-ce qu'il s'imaginait. Je n'avais pratiquement fait que penser à ça depuis ce matin, mais y penser avait fini par prendre la forme d'une ville, d'un premier amour, la forme d'un porte-conteneurs." Le corps d'un homme est retrouvé au pied de la digue Nord du Havre, avec, dans sa poche, griffonné sur un ticket de cinéma, un numéro de téléphone, celui de la narratrice. Convoquée par la police, elle prend le train pour Le Havre, ville de son enfance, de sa jeunesse, qu'elle a quittée il y a longtemps. Durant ce jour de retour, cherchant à comprendre ce qui la lie à ce mort dont elle ignore tout, elle va exhumer ses souvenirs mais aussi la mémoire de cette ville traumatisée par la guerre, ce qui a disparu, ce qui a survécu, et raviver les vestiges d'un amour adolescent.
Dans l'East Texas profond de la Grande Dépression, la pauvreté règne et dévaste la région comme une tornade. Le jeune Harry Crane découvre le corps mutilé d'une femme noire sur le bord de la rivière Sabine. Il est convaincu que le meurtre est l'oeuvre de l'Homme-chèvre, un monstre de légende. Le nombre de victimes s'alourdit, un homme est lynché et le père de Harry, l'homme de loi local, enquête.
Brontë Emily ; Bellour Raymond ; Lacretelle Jacque
Emily Brontë possède donc le plus singulier des pouvoirs : celui de sa dépendance à l'égard des faits. Avec quelques touches, elle sait évoquer l'âme d'un visage et rendre le corps superflu ; en parlant de la lande, elle fait souffler le vent et gronder le tonnerre. Virginia Woolf. Quand, parmi tous les arbres, je cherche celui dont la forme s'harmonise le mieux avec le cadre du roman tragique d'Emily Brontë, c'est l'image d'un vieux robinier tortueux qui me vient à l'esprit, d'un vieux robinier tordu par le vent qui souffle toujours dans la même direction ; l'écorce est noire, le tronc est creux et, dans ce creux, la pluie a formé une petite flaque où baignent quelques feuilles mortes. John Cowper Powys