Les objets composés. Agencements, dispositifs, assemblages
Dodier Nicolas ; Stavrianakis Anthony
EHESS
27,00 €
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EAN :9782713227653
L'hétérogénéité profonde des réalités dont les sciences sociales ont à se saisir crée du trouble, mais elle laisse surtout entrevoir de nouvelles lignes de recherche. Ce que nous pointons, ce n'est pas la variabilité qui émerge nécessairement d'une enquête empirique, et qu'un chercheur s'attache en partie à réduire. Ce ne sont pas non plus les interdépendances entre des formes de matérialité non sociales et les objets que les sciences sociales ont placés au coeur de leur investigation (cultures, groupes, institutions, interactions sociales, dispositions). Par hétérogénéité profonde nous entendons cette consistance particulière des objets qui, associant les unes aux autres des entités aux capacités modulables relevant de catégories différentes, parfois au-delà de dualités fortement établies (matière et langage, nature et culture, technique et politique), obligent les chercheurs à imaginer les notions et les méthodes propres à les appréhender. En somme, des objets " composés ". Pointer cette hétérogénéité et s'y affronter a été une préoccupation de Michel Foucault, Gilles Deleuze et Félix Guattari, puis de la théorie de l'acteur-réseau, de la sociologie des régimes d'engagement, et plus récemment de l'anthropologie des agencements globaux. Mais les fronts aujourd'hui se déplacent. Venant de différents horizons de l'anthropologie et de la sociologie, issus des mondes anglophones et francophones, des chercheurs éprouvent le besoin de re-conceptualiser les notions et de redéfinir les enquêtes qui leur sont associées. Trois directions s'en dégagent, autour de trois concepts clefs ? agencements, dispositifs, assemblages ?, qui forgent un regard inédit sur les lieux où règnent les objets composés : des expériences de la vulnérabilité aux lieux d'énonciation du droit, des laboratoires scientifiques à l'expression des impératifs religieux, des milieux urbains, industriels et agricoles à l'exercice du pouvoir politique. Ainsi émerge un espace de recherches, dont ce numéro met en évidence les choix, les éclairages et les manières de faire.
Nombre de pages
393
Date de parution
15/11/2018
Poids
650g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782713227653
Titre
Les objets composés. Agencements, dispositifs, assemblages
Auteur
Dodier Nicolas ; Stavrianakis Anthony
Editeur
EHESS
Largeur
150
Poids
650
Date de parution
20181115
Nombre de pages
393,00 €
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La complexité de la pratique et le l'expertise médicales tient à la combinaison de la clinique classique avec d'autres activités dans lesquelles la médecine contemporaine est désormais engagée, comme le respect des règles administratives et la confection d'avis sur les risques de santé publique. A partir d'une enquête ethnographique sur la médecine du travail, Nocolas Dodier montre que les formes de jugement exercées par les médecins, leurs manières contrastées de construire leur avis, de prendre une décision, engagent des conceptions variées de l'individu. Il met en évidence la dimension à la fois cognitive et morale du travail médical, en particulier autour de questions cruciales comme la singularité des individus, le statut de leurs plaintes et les limites de leur autonomie de décision. Cette recherche propose quelques réponses à l'énigme du jugement, activité qui n'est pas pure sans être arbitraire, qui ne consiste pas à appliquer des règles mais se réfère à des règles, qui n'est pas formelle sans être informelle, qui n'est pas contingente tout en étant soumise à la singularité des cas.
Thévenot Laurent ; Dodier Nicolas ; Conein Bernard
En quoi les objets méritent-ils la sollicitude dont ils bénéficient aujourd'hui de la part des sciences sociales et des sciences cognitives ? Longtemps, l'analyse sociale et l'analyse psychologique ont été peu disposées à leur concéder les titres qu'elles conféraient à des entités plus distinguées - les personnes, l'esprit, les systèmes symboliques, les structures sociales, la culture, etc. Elles les ont traités sous les catégories de l'instrumentalité, de la contrainte naturelle ou de la symbolisation, sous-estimant ainsi leur potentiel cognitif et pratique. Ces dernières années, la situation s'est modifiée. Le renouvellement des approches de l'action, le développement de la recherche sur la " cognition située ", l'application, par l'anthropologie des sciences, d'un principe de symétrie dans l'étude des associations entre humains et non-humains, l'esquisse d'une pragmatique du jugement... toutes ces démarches contribuent à faire découvrir l'importance du rôle médiateur des objets et invitent à renouveler les catégories de leur analyse. C'est de cette évolution que les auteurs de ce volume ont cherché à rendre compte.
Quelle place nos sociétés doivent-elles accorder aux victimes, qu'il s'agisse d'abus sexuels, d'attentats terroristes, d'accidents collectifs, ou de catastrophes sanitaires ... Comment penser politiquement le malheur d'autrui ... Quelles réparations attribuer aux victimes ... Ces préoccupations profondes font l'objet depuis les années 1980 d'intenses controverses qui impliquent professionnels du droit, intellectuels et journalistes. L'ouvrage se penche sur ces polémiques en partant de l'expérience des victimes. Il prend comme terrain d'investigation les mobilisations qui ont suivi les décès d'une centaine d'enfants de la maladie de Creutzfeldt-Jakob après administration d'un traitement par hormone de croissance et retrace sur plusieurs décennies les parcours des personnes touchées par le drame. Ainsi l'ouvrage donne-t-il les clefs d'une intelligibilité générale de la question de victimes en pensant les dispositifs (fonds d'indemnisation, procès, manifestations mémorielles, supports associatifs, soins) destinés à réparer les torts et les souffrances. Ces préoccupations profondes font l'objet depuis les années 1980 d'intenses controverses qui impliquent professionnels du droit, intellectuels et journalistes. L'ouvrage se penche sur ces polémiques en partant de l'expérience des victimes. Il prend comme terrain d'investigation les mobilisations qui ont suivi les décès d'une centaine d'enfants de la maladie de Creutzfeldt-Jakob après administration d'un traitement par hormone de croissance et retrace les parcours qui, en plusieurs décennies, ont conduit à la réparation des personnes touchées par le drame. Ainsi l'ouvrage donne-t-il les clefs d'une intelligibilité plus générale de la question de victimes en pensant les dispositifs (fonds d'indemnisation, procès civils ou pénaux, manifestations mémorielles, supports associatifs, soins, etc.) destinés à prendre en charge les torts et les souffrances.
Marseille est un laboratoire privilégié. La crise actuelle de son modèle de développement économique est aussi celle de son territoire. Aussi la mise en cause de ses équilibres spatiaux appelait-elle tant une lecture historique de la genèse des structures urbaines qu'une lecture géographique des distributions sociales et spatiales d'aujourd'hui. C'est à cette double démarche que répond ce livre. D'une part, en analysant les dimensions synchroniques des activités économiques et démographiques inscrites dans une morphologie urbaine socialement structurée. D'autre part, en construisant le modèle génétique de l'articulation entre division sociale et trame matérielle de la ville : un modèle " libéral ", fruit de stratégies et de conduites, tôt établi au XIXe siècle, porteur d'effets de longue durée, et qu'échoue à altérer une haussmannisation manquée. L'interaction entre modes d'agir et formes urbaines, entre continuités et discontinuités temporelles, a fait de Marseille un cas d'école : division sociale, morphologie, croissance y sont étroitement liées, dans l'espace comme dans l'histoire. La ville se lit dans les principes tant de sa construction sociale que de sa division sociale. La première est le produit d'une création urbaine portée par des groupes, propriétaires, négociants, entrepreneurs immobiliers, animés par des projets mais aussi soumis à des contraintes, des compromis et des ratages. La seconde dessine des oppositions, entre équerre des beaux quartiers, de Longchamp au Prado, et faubourgs industriels, ville et port, nord et sud, avec la Canebière comme frontière, oppositions qui sont autant de composantes historiquement situées d'une structuration sociale du territoire, Dans un double refus du postulat écologique, pour qui la conduite des hommes est subordonnée à l'influence du milieu, et du postulat sociologiste, pour qui la société se projette simplement et immédiatement sur un sol quasiment vierge, l'ouvrage de Marcel Roncayolo est ainsi exemplaire pour les trois modèles qu'il propose, de genèse historique de la ville contemporaine, d'interprétation des relations entre territoire et société, et de mobilisation croisée des démarches de la géographie et de l'histoire.