Ce livre n'a pas été écrit pour défendre un individu ou un régime. Au moment où des énormités et des choses erronées sont écrites sur la crise ivoirienne, il veut faire entendre un autre son de cloche, aider le lecteur à voir un peu plus clair dans la guerre injuste et abjecte que subit la Côte d'Ivoire depuis la nuit du 18 septembre 2002. C'est aussi un réquisitoire contre ceux qui refusent la révolution démocratique qui s'opère dans le pays depuis 1990, contre ceux qui veulent instrumentaliser l'ethnie, la religion et les étrangers pour arriver au pouvoir, contre ceux qui ne tolèrent pas en Afrique des chefs d'état lucides, indépendants d'esprit et désireux avant tout de travailler au bien-être de leur peuple.
Nombre de pages
184
Date de parution
01/11/2003
Poids
254g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782747550635
Titre
Fallait-il prendre les armes en Côte d'Ivoire ?
ISBN
274755063X
Auteur
Djéréké Jean-Claude
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
254
Date de parution
20031101
Nombre de pages
184,00 €
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Malgré son silence sur le parti unique et sur certains événements politiques (emprisonnement des étudiants et enseignants de l'université d'Abidjan, violente répression de la tentative de sécession dans le Sanwi en 1969, massacres dans le Guébié en 1970, arrestation des officiers en juin 1973, etc.), même s'il prit moins de risques que M Raymond-Marie Tchidimbo (Guinée) ou le cardinal Joseph Malula (dans l'ancien Zaïre), le cardinal Bernard Yago eut une réelle liberté de ton vis-à-vis du pouvoir politique. Un pouvoir pour lequel il priait constamment afin qu'il s'exerce selon le droit et la justice mais qui était loin de l'intéresser car, pour lui, l'essentiel était de proclamer la Parole de Dieu "à temps et à contretemps" (2 Ti 4, 2), de mettre ses pas dans ceux du Christ "venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité" (Jn 18, 37). Pour cela, il était nécessaire que lui-même et l'Eglise catholique - dont il fut le premier responsable jusqu'en 1993 - soient libres vis-à-vis du pouvoir politique. Biographie de l'auteur Né en 1962, Jean-Claude Djéréké est prêtre de l'archidiocèse de Gagnoa (Côte d'Ivoire). Docteur en histoire et en sociologie des religions (EPHE-Sorbonne) et collaborateur au Centre de recherches politiques Raymond Aron de l'Ecole des Hautes études en Sciences sociales (Paris), il a publié, entre autres ouvrages, L'engagement politique du clergé catholique en Afrique noire (Paris, Karthala, 2001) et L'Afrique refuse-t-elle vraiment le développement? (Paris, L'Harmattan, 2007).
Les années 1980, qui sont étudiées dans cet ouvrage, nous font voir premièrement l'entrée en scène de la conférence épiscopale aussitôt après la première visite de Jean-Paul II, visite au cours de laquelle les évêques avaient été invités à la fois à la loyauté et à la liberté vis-à-vis du pouvoir politique. Ce qui frappe en second lieu, pendant ces années, ce sont les difficultés économiques du pays - difficultés dont les causes sont la chute des prix des matières premières, le gaspillage et le détournement des fonds publics, les réalisations pharaoniques, etc. - malgré une timide ouverture sur le plan politique. Pour la première fois, en effet, députés et conseillers municipaux ne sont plus nommés par le président de la République mais obligés de solliciter directement les suffrages des électeurs. C'est aussi, au cours de cette période, que la capitale politique est transférée d'Abidjan à Yamoussoukro, le village natal d'Houphouet-Boigny. Lorsqu'ils se prononcent sur ces évènements, les prélats ivoiriens donnent l'impression d'être timorés et trop prudents comme s'ils redoutaient de déplaire au pouvoir politique. Or, affirme J.-B. Metz, " notre temps a besoin d'hommes attentifs à ce qui se passe marginalement et capables d'un discernement des esprits d'où la peur est exclue, qui se donnent de manière si conséquente à la suite de Jésus qu'ils se sentent contraints de rejoindre la foule de ceux qui souffrent dans l'histoire et la société humaines "
Fin avril 1990, sous la pression de la rue, la Côte d'Ivoire renoue avec le multipartisme. C'est dans ce contexte, où la parole est désormais libérée, que certains évêques osent donner leur avis sur la restauration du multipartisme, la construction et la consécration de la basilique de Yamoussoukro, la première élection multipartite de 1990, la crise économique, la guerre de succession entre Alassane Oattara et Konan Bédié, le "boycott actif" de 1995, l'arrivée des militaires au pouvoir le 24 décembre 1999...
Les lettres pastorales publiées entre 2000 et 2005 portent sur la transition militaire en Côte d'ivoire (décembre 1999-octobre 2000), les élections de 2000, le Forum national de réconciliation (9 octobre-18 décembre 2001), le coup d'Etat manqué du 19 septembre 2002, la Table ronde de Marcoussis (France) en janvier 2003, les violences de novembre 2004, la proposition de l'ancien président sud-africain Thabo Mbeki d'admettre tous les signataires de Pretoria (3-6 avril 2005) à participer à la prochaine présidentielle, etc. Le présent essai présente et analyse ces lettres où les politiciens sont ouvertement accusés de ne pas dire la vérité, de se battre avant tout pour des intérêts égoïstes, de voir dans la politique un moyen d'enrichissement rapide, d'avoir pris le peuple en otage, de vivre dans le luxe alors que le peuple qu'ils aspirent à servir croupit dans la misère.