En mars 1998, Suzanne Gloria Lyall, dix-neuf ans, disparaît dans l'état de New York. Je prends connaissance de cette disparition au travers du travail photographique de Virginie Rebetez, publié chez MetaBooks. Ces images me marquent durablement. Je recueille des informations autour de ce fait divers, et j'écris. Je me passionne pour les forums internet consacrés au true crime, pour les nombreux podcasts américains qui traitent de disparitions et d'affaires irrésolues. Ils enrichissent l'aspect documentaire de Disparue. Le fait divers mérite qu'on lui accorde une attention particulière, en tant que témoignage d'un lieu, d'une époque, en tant qu'interrogation sur l'individu et l'identité. Travailler cette matière de façon poétique permet de transmettre, par la structure et la musique du texte, la recherche d'identité perdue, les tâtonnements de l'enquête, la tentative d'approcher au plus juste la vie et les derniers instants connus de la disparue, et enfin de faire percevoir le vide envahissant de l'absence de Suzanne. L'enquête poétique offre au lecteur de trouver son propre chemin parmi les bribes de souvenirs et indices, de fabriquer sa propre idée du destin de Suzanne. Le recueil interroge aussi, de manière plus générale, notre rapport à l'enfance et à l'adolescence. ? Catherine Barsics
Nombre de pages
82
Date de parution
30/10/2019
Poids
310g
Largeur
120mm
Plus d'informations
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EAN
9782874066870
Auteur
Barsics Catherine
Editeur
ARBRE A PAROLES
Largeur
120
Date de parution
20191030
Nombre de pages
82,00 €
Disponibilité
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Après avoir inventé le récit d'enquête poétique dans Disparue, Catherine Barsics, dans ce nouveau livre, repousse encore plus loin les limites du genre. D'un ton faussement naïf, elle dépeint des scènes de plage en Italie, la lumière et les corps, les vagues, le travail des UV, et crée un album rempli d'instantanés qui nous renvoient à nos propres expériences de l'été. Nous sommes dans de la poésie, c'est évident, mais de la poésie capable d'humour et de désappointement, de la poésie qui nous raconte tel.les que nous sommes, sans jamais se regarder écrire, même si chaque mot est à sa place et parfaitement pesé. Entre étude comportementale, chronique d'une monotonie ordinaire et esquisse d'une philosophie du grain de sable, Catherine Barsics nous emmène en voyage, mais un double voyage, puisqu'une fois que la mer se retire et que l'été est loin, commence la saison solitaire, froide, celle de l'écrit. Celle de la page.
Avec un sens de l'autodérision et un humour qui n'appartiennent qu'à lui, Carino Bucciarelli nous entraîne dans un tourbillon de situations insolites qui visent à stigmatiser l'arrogance déplacée de nos petites personnes occupées ; mieux, porté par l'absurde de Beckett et « l'impuissance à se conformer » de Michaux, il dresse le tableau de nos folies ordinaires, met en évidence le manque qui nous ronge, questionne les apparences et au final, réduit en cendres ce que nous croyons être. Bref, Poussière est un livre qu'on ne peut considérer sans vertige tant il transgresse la raison commune, chante pour des images inconnues et ouvre une voie singulière dans la découverte du fondement des choses et de nous-mêmes.
La première chose qui m'est venue à l'esprit, c'était le souvenir de mon père qui m'apprenait à lire quand j'avais cinq ans, lui qui n'était pas allé plus de trois ou quatre ans à l'école primaire, lui pour qui l'écriture était «utile ». Assise sur ses genoux, sage, docile, désireuse de savoir ce que cachaient ces signes mystérieux, je suivais le chemin de ses larges doigts sur les lignes de la La petite chèvre turbulente. Il dissipait, avec le dévoilement de ce premier livre, la brume qui me cachait l'autre sens des mots quand ils sont fixés sur le papier. Il ouvrait les portes de mon émancipation. Il me montrait le chemin de mes futures évasions.
Elle est noire. La quarantaine. Féline divine. Puissante. Elle gueule. Cri de femme. Femme-enfant. Femme-mère. Femme fatale. Femme aux mots qui percent. Acérés. Lisette Lombé - du moins son héroïne - dévoile son cul, sa dentelle, ses fantasmes. Sans pudeur. Une venus ardente dans sa cité, une chatte brûlante et moite qui raconte ses quarante années. Son corps de femme. Les doigts qui effleurent, les doigts qui serrent, les doigts qui montrent, les doigts qui écrivent, les doigts qui pleurent à poings fermés. Et tu te retrouves, toi, dans cette danse syncopée, dans ces couvertures souillées de soir d'été, dans ces fantasmes inavoués, dans ce corps blessé de machine à téter, dans ces ébats cachés de puberté. Ce livre, c'est l'histoire de toutes les femmes. De tous les clitoris de la terre. (Nastasja Caneve)