Agone N° 41/42, 2009 : Les intellectuels, la critique & le pouvoir
Discepolo Thierry ; Jacquier Charles ; Olivera Phi
AGONE
22,40 €
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EAN :9782748900811
Je suis au regret de vous informer que je ne souhaite pas recevoir ce prix (ni d'ailleurs aucun autre), et ceci pour les raisons suivantes. 1. Mon salaire de professeur est beaucoup plus que suffisant pour mes besoins matériels ; donc je n'ai aucun besoin d'argent. Pour ce qui est de la distinction accordée à certains de mes travaux, je suis persuadé que la seule épreuve décisive pour la fécondité d'idées est celle du temps. La fécondité se reconnaît à la progéniture, et non par les honneurs. 2. Je constate par ailleurs que les chercheurs de haut niveau auxquels s'adresse un prix prestigieux sont tous d'un statut social tel qu'ils ont déjà en abondance et le bien-être matériel et le prestige scientifique, ainsi que tous les pouvoirs et prérogatives qui vont avec. Mais n'est-il pas clair que la surabondance des uns ne peut se faire qu'aux dépens du nécessaire des autres ? 3. Les travaux qui me valent votre bienveillante attention datent d'une époque où je faisais partie du milieu scientifique et où je partageais pour l'essentiel son esprit et ses valeurs. J'ai quitté ce milieu et, sans renoncer pour autant à la recherche, je m'en suis éloigné intérieurement de plus en plus. Or, l'éthique du métier scientifique s'est dégradée à un degré tel que le pillage pur et simple entre confrères (et surtout aux dépens de ceux qui ne sont pas en position de pouvoir se défendre) est devenu quasiment une règle générale, et qu'il est en tout cas toléré par tous. Dans ces conditions, accepter d'entrer dans le jeu des prix et des récompenses serait aussi donner ma caution à un esprit et à une évolution que je reconnais comme profondément malsains. C'est cette troisième raison qui est pour moi, et de loin, la plus sérieuse.
Nombre de pages
273
Date de parution
06/10/2009
Poids
386g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782748900811
Titre
Agone N° 41/42, 2009 : Les intellectuels, la critique & le pouvoir
Auteur
Discepolo Thierry ; Jacquier Charles ; Olivera Phi
Editeur
AGONE
Largeur
150
Poids
386
Date de parution
20091006
Nombre de pages
273,00 €
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L'édition est la grande absente des analyses du rôle de l'industrie des relations publiques dans l'"éternel combat pour le contrôle des esprits". Pourtant, comme les autres médias, l'édition est depuis longtemps aux mains de grands groupes, souvent les mêmes. Et elle remplit la même fonction dans le maintien de l'ordre idéologique. Suivant la même logique de croissance par acquisition qui prépare la suivante, les grands éditeurs perpétuent l'existence d'un type d'acteur qui, du seul fait de sa taille et de son mode d'organisation, forge un monde social et économique face auquel les idées de changement ne pèsent pas grand-chose. La distinction artificielle entre "groupes de communication" et "groupes éditoriaux" occulte le rôle de ces entreprises dans une société à caractère de masse: transformer les lecteurs en consommateurs et limiter la capacité d'agir du plus grand nombre. Ecrit par un éditeur, ce livre propose à la fois une antilégende de l'édition et les bases d'une réflexion sur les responsabilités sociales et politiques de tout métier. Un questionnement qui prend une forme plus directe lorsqu'il touche à la diffusion d'idées: de quelles manières et sous quelles bannières défendre quels projets de société.
Résumé : Orienter ses efforts contre tout ce qu'il peut y avoir de prestigieux et d'ensorcelant dans certaines productions de l'intellect. S'appliquer avec une sorte de génie de la destruction à combattre toute espèce d'enthousiasme théorique et spéculatif. Parce que l'entendement humain est en quelque sorte perpétuellement malade de ses propres succès, il ne connaît le plus souvent que pour méconnaître, il ne produit guère de lumières qui ne finissent par le rendre quelque peu aveugle ni de solutions qui ne constituent en même temps des problèmes...
Il n'y a pas de grève salariale : dans 95% des cas, elle n'est que symptomatique de dysfonctionnements managériaux. Lorsqu'un salarié entre en grève, généralement, ce n'est pas parce qu'il adhère aux revendications. Il entre en grève parce qu'il y a eu une série de petits irritants qui font qu'il a eu besoin d'exprimer son ras-le-bol. C'est après que les revendications sont formulées par les syndicats...
Quand vous portez un habit et que vous êtes sur un cheval, déjà vous ne voyez pas les choses de la même façon. Quand on est à cheval, on ne voit pas le chemin de la même façon, on ne voit pas la forêt de la même façon, on ne voit donc pas les gens de la même façon non plus. Et je pense qu'il faut être infiniment plus attentif et plus prudent quand on a justement et l'autorité et le cheval et le chapeau à plume et la trompe et le machin... Vous voyez, je caricature un peu mais il faut faire beaucoup plus attention aux réactions des gens. Il faut pouvoir assumer une certaine légitimité. Et dans la chasse à courre, la légitimité, hé bien, c'est la culture, c'est l'éducation, c'est savoir sonner", Jean Rives, maître d'équipage du Rallye du Rocher.
Thomas Frank écrit régulièrement pour Le Monde diplomatique des articles d'analyse sociale et politique de la situation américaine. Déjà paru en français: Le Marché de droit divin (Agone, 2003).
En 1841, dans son discours de réception à l'Académie française, Victor Hugo avait évoqué la " populace " pour désigner le peuple des quartiers pauvres de Paris. Vinçard ayant vigoureusement protesté dans un article de La Ruche populaire, Hugo fut très embarrassé. Il prit conscience à ce moment-là qu'il avait des lecteurs dans les milieux populaires et que ceux-ci se sentaient humiliés par son vocabulaire dévalorisant. Progressivement le mot " misérable ", qu'il utilisait au début de ses romans pour décrire les criminels, changea de sens et désigna le petit peuple des malheureux. Le même glissement de sens se retrouve dans Les Mystères de Paris d'Eugène Sue. Grâce au courrier volumineux que lui adressèrent ses lecteurs des classes populaires, l'auteur découvrit les réalités du monde social qu'il évoquait dans son roman. L'ancien légitimiste se transforma ainsi en porte-parole des milieux populaires. Le petit peuple de Paris cessa alors d'être décrit comme une race pour devenir une classe sociale. La France, c'est ici l'ensemble des territoires (colonies comprises) qui ont été placés, à un moment ou un autre, sous la coupe de l'Etat français. Dans cette somme, l'auteur a voulu éclairer la place et le rôle du peuple dans tous les grands événements et les grandes luttes qui ont scandé l'histoire depuis la fin du Moyen Age les guerres, l'affirmation de l'Etat, les révoltes et les révolutions, les mutations économiques et les crises, l'esclavage et la colonisation, les migrations, les questions sociale et nationale.
Je ne peux que suivre Emma Goldman quand elle déclare ne pas vouloir d'une révolution où elle ne pourrait pas danser. Mais au moins voulait-elle une révolution, sans laquelle de telles fins esthétiques et psychologiques ne bénéficieraient qu'à quelques-uns. Or les objectifs révolutionnaires et sociaux de l'anarchisme aujourd'hui souffrent d'une telle dégradation que le mot "anarchie" fera bientôt partie intégrante du vocabulaire chic bourgeois du siècle à venir : une chose quelque peu polissonne, rebelle, insouciante, mais délicieusement inoffensive.
Aux Forges de Clabecq, usine sidérurgique située près de Bruxelles, pour Silvio et ses collègues, le quotidien, c'est d'abord le combat contre les attitudes de résignation et de peur. Rapidement élu délégué syndical en charge des questions d'hygiène et de sécurité, Silvio témoigne de trente ans de luttes pour améliorer les conditions de travail, pour combattre le racisme et pour empêcher la fermeture annoncée du site. Son mandat syndical, Silvio le voit comme un moyen de faire vivre "esprit de Clabecq". Pour mener leurs combats, c'est sur leurs propres forces et sur leur connaissance de leur métier que les ouvriers de Clabecq s'appuient. Quitte à mettre de côté l'appareil syndical sitôt qu'il déclare ne plus rien pouvoir pour eux. Par sa confiance jamais démentie dans le potentiel émancipateur de sa classe, Silvio donne une leçon salvatrice d'optimisme militant.