Le corps de l'écrivain ou de l'artiste est réputé ne pas entretenir de rapports "essentiels" avec son oeuvre. C'est plutôt dans ses échanges épistolaires qu'il expose sa corporéité, en évoquant son état de santé, ses affects ou les effets de son travail sur son corps. Les caractéristiques matérielles (type de papier, calligraphie, etc.) ou digitales de ces correspondances révèlent des traits tout sauf anodins de ce corps et de ses modes d'expression. Tout cela est à l'ordre du jour dans une première partie des études réunies dans le présent livre, où se croisent des corps d'écrivains tels que Joe Bousquet, Georges Perros, Albert Camus ou Anise Koltz, et des corps d'artistes comme Maria Casarès, Chen Zhen ou Antoine d'Agata. A y regarder de près, on s'aperçoit que ces données apparemment accessoires éclairent bel et bien les oeuvres - et pour cause : celles-ci sont autant de traces du même corps qui, certes, est à l'oeuvre dans des situations sociodis-cursives différentes. L'autre partie du volume prend le mot "correspondances" dans un sens plus statistique : elle se penche sur les corrélations entre les caractéristiques sociales des corps d'une population d'écrivains et le lexique corporel de leurs textes. Ainsi ce livre bat en brèche par deux fois la dichotomie entre le texte et le contexte liée à la séparation entre l'oeuvre "spirituelle" et le corps "matériel", dont l'oeuvre est pourtant issue. Il contribue de la sorte à une déconstruction en plein essor, celle du dualisme corps-esprit, persistant dans bon nombre d'études en lettres et en arts. Il le fait en s'intéressant, pour la première fois, au corps de l'écrivain ou de l'artiste tel que le dévoilent ses correspondances- épistolaires ou structurales - avec ceux et celles dont il se nourrit.
Nombre de pages
215
Date de parution
22/01/2025
Poids
356g
Largeur
166mm
Plus d'informations
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EAN
9782385191153
Titre
Corps et correspondances
Auteur
Dirkx Paul
Editeur
BORD DE L EAU
Largeur
166
Poids
356
Date de parution
20250122
Nombre de pages
215,00 €
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Résumé : La sociologie de la littérature, moins bien établie dans le domaine francophone que dans d'autres aires linguistiques, est encore trop souvent réduite à l'étude de certains aspects " extralittéraires " des textes (production, diffusion, consommation). Ou alors elle est considérée comme une forme de critique textuelle, que l'on désigne volontiers par le mot vague " sociocritique ". En réalité, elle réunit des approches qui traitent de tous les aspects littéraires, les plus " extratextuels " comme les plus " intratextuels ". On verra même que cette opposition entre texte et hors-texte, entre littérature et société, est au c?ur de ses préoccupations et que les choses ne sont pas aussi simples. En fin de compte, il apparaît que les questions que pose cette discipline conduisent le lecteur, qu'il soit étudiant, lecteur professionnel ou lecteur occasionnel, à mettre à son tour en question certaines évidences s'agissant de cet art dont il reste beaucoup à dire. Cet ouvrage retrace l'évolution d'une discipline peu instituée, et ce pour mieux en comprendre les hypothèses majeures. Il expose les diverses approches dans l'espace francophone en dégageant leurs points communs et leurs divergences. Il s'appuie sur des exemples qui montrent que la lecture des ?uvres gagne à tenir compte de leur mode de fonctionnement éminemment social.
Depuis plusieurs années, les " problèmes entre Flamands et Wallons " sont devenus tellement aigus qu'ils semblent hypothéquer le fonctionnement de l'Etat en Belgique. Pourtant, ils ne sont qu'une fiction dont les auteurs politiques, économiques et médiatiques ne clarifient jamais les enjeux et fournissent encore moins les clefs d'analyse. Ce livre montre que ces " problèmes " demeurent incompréhensibles si on ne les rapporte pas à la politique très spéciale de l'Etat belge depuis sa fondation. Ses inlassables efforts en faveur d'un ordre mondial libéral se sont accompagnés sur le plan intérieur d'une fédéralisation économique et communautariste, faisant de cet Etat un pionnier de l'ethnolibéralisme dont on trouvera plus tard des variantes en Espagne, en Italie, en Grande-Bretagne, etc. Un peu partout sur le continent, l'affirmation identitaire et le dogme néolibéral du " dégraissage " de l'Etat se renforcent mutuellement en vertu du fameux " principe de subsidiarîté " bien fait pour désarticuler les Etats-nations et leurs systèmes de sécurité sociale. Jamais l'imbroglio belge n'a confirmé de manière aussi flagrante et à la fois aussi méconnue l'alliance objective entre (néo)libéraux et ethnonationalistes, incarnée par les séparatistes de la N-VA, désormais premier parti du pays qui trahit à peu près tous les idéaux du mouvement flamand originel. Et jamais la " construction européenne " ne s'est avérée aussi compatible avec la déconstruction d'un Etat membre. Ce livre entend ainsi donner de nouvelles armes à ceux qui, en Belgique comme ailleurs, entendent mieux comprendre et donc combattre ce qui fait que l'opinion des citoyens est encore et toujours un détail de l'histoire belge et européenne.
Le regard, qu'il soit insensible ou insistant, discret ou fuyant, semble être inhérent à l'écriture littéraire, quels que soient l'époque, l'aire géographique, le genre ou le type d'écrivain considérés. Toutes les strates textuelles recèlent quelque dispositif optique, du coup d'oeil de tel personnage à la visualisation par l'auteur de fragments de son texte en passant par les figures de style imagé ou la focalisation du narrateur. Ecriture littéraire et perception visuelle apparaissent comme naturellement coextensives. A telle enseigne que cette relation passe souvent pour une évidence qui ne demande plus vraiment à être examinée. En dix chapitres consacrés à autant de corpus relevant des principaux genres et couvrant les XVIIe-XXIe siècles, ce livre fait le point sur la question, tout en ouvrant de nouvelles pistes de recherche. Ainsi, l'écriture littéraire entendue comme "écriture-vision" permet de réévaluer le rôle de la lecture en termes de "lecture-vision" plus ou moins compatible. Véritable matrice de vision spécifiquement littéraire, cet "oeil littéraire" est également un révélateur singulier des options poétiques ou éthiques qui travaillent le texte. Il permet d'avoir une perspective enrichissante sur l'oeuvre d'auteurs aussi différents que La Bruyère, Diderot, Woolf ou Bonnefoy, mais aussi sur les logiques et l'évolution du champ littéraire dans son ensemble, espace de points de vue sur la littérature.
Dirkx Paul ; Détrez Christine ; Fabre Gérard ; Dub
Le dossier "Le corps de l'écrivain" de la revue "Sociologie de Art" réunit un ensemble d'études dont chacune met en valeur une ou plusieurs caractéristiques sociohistoriques du corps de l'écrivain - ou plutôt, car il faut se garder d'essentialiser ce phénomène, des corps des écrivains Le point de départ est à chaque fois un terrain bien délimité, composé de textes, de métatextes et/ou d'entretiens. Le présent volume (Opus 19) se concentre sur "Le corps en amont", c'est-à-dire que l'accent est mis sur le corps de l'écrivain avant et pendant l'acte d'écriture. Dans une première contribution, Christine Détrez montre à quel point ce corps écrivant détermine l'écriture littéraire dans ses conditions d'existence même, en prenant comme exemple le discours des écrivains féminins maghrébins sur leurs propres pratiques scripturales. Ecrire en tant que femme en Algérie et au Maroc continue d'avoir un coût social et physique élevé. Gérard Fabre offre une version plus textuelle de certaines des observations faites par Détrez, sous forme d'une analyse d'un poème du Québécois Gérald Godin, où celui-ci évoque son incarcération en 1970 pour agitation indépendantiste. Le corps écrivant y est central : non seulement la forme singulière du poème s'éclaire-t-elle en la rapportant au corps captif du poète, mais ce n'est qu'en établissant ce lien que l'on voit le poème livrer une part insoupçonnée de sa signification. L'expérience somatique de l'écrivain est ici manifestement au fondement de l'acte littéraire. A travers le cas du dramaturge français Bernard-Marie Koltès, Jérôme Dubois entend montrer ensuite qu'une sociologie du corps de l'écrivain gagnerait à relier la poétique d'un écrivain et la façon dont celui-ci envisage le corps en général et le sien en particulier. Il s'agit d'examiner le corps de l'écrivain comme source d'inspiration ou, plus exactement, d'imagination. A cet effet sont convoqués des outils sociologiques et psychanalytiques.
Les élections ne se gagnent plus dans les urnes, mais dans les flux d'informations qui façonnent nos opinions. Steve Bannon le conseiller de Trump (lors du 1er mandat) ne disait-il pas : "La véritable opposition, ce sont les médias. Et la façon de gérer ça, c'est d'inonder la zone de merde". Nous en sommes là. Chaque jour, des milliards de données sont analysées, triées, amplifiées ou invisibilisées par des algorithmes qui orientent le débat public sans que nous en ayons conscience. L'intelligence artificielle n'est plus seulement un outil : elle redessine les règles du jeu démocratique. Ce livre retrace l'ascension fulgurante de l'IA politique et montre comment la vérité elle-même devient une variable d'ajustement. Cette dérive qui partout met en exergue les "passions tristes" est-elle une fatalité ? Serions-nous condamnés à jamais aux vigueurs orientées des algorithmes ?
Pourquoi un Nouveau manifeste convivialiste ? Parce que, on le voit bien, les conflits qui embrasent désormais le monde, autant ou plus que des conflits économiques, sont des conflits identitaires. Chaque Etat, chaque culture, chaque religion, chaque genre, chaque individu veut être reconnu comme ayant plus ou au moins autant de valeur que les autres. Ces luttes de reconnaissance, par lesquelles chacun veut affirmer une valeur déniée ou retrouver une grandeur perdue (Make America, or Russia, or China etc. great again), sont en train de détruire tous les équilibres moraux et démocratiques hérités. Ils mènent le monde vers une nouvelle lutte de tous contre tous. Vers la barbarie. Le Nouveau Manifeste convivialiste qui, comme les précédents, va être traduit dans de nombreuses langues, se veut une contribution à la préparation d'un grand symposium qui réunira à l'Unesco une centaine de plus hautes autorités intellectuelles, morales et religieuses de notre temps à qui il sera demandé de dire ce qui est autorisé et ce qui est interdit aux humains alors que la survie même de l'humanité est maintenant en jeu.