Iris Clert : peu de noms de galeristes aimantent autant que celui-ci. Pour des générations d'amateurs d'art, elle demeure l'icône flamboyante de l'effervescence artistique parisienne de l'après-guerre. Active du milieu des années 1950 au début des années 1980, elle accueille dans ses galeries successives, Rive gauche puis Rive droite, des expositions mythiques tels Le Vide d'Yves Klein en 1958 et Le Plein d'Arman en 1960, ainsi que certains des artistes les plus importants du XXe siècle comme Pol Bury, Gaston Chaissac, Bill Copley, Lucio Fontana, Leon Golub, Raymond Hains, Ad Reinhardt, Takis et Jean Tinguely. Si cette liste d'artistes, non exhaustive, lui confère évidemment une place de choix dans l'histoire de l'art contemporain, Iris Clert fut aussi - et c'est l'un de ses grands apports - l'inventrice de formats d'exposition et de communication inédits, comme en témoigne sa revue iris. time unlimited. Conçu pour renouveler sa manière de communiquer alors qu'elle emménage Rive droite au début des années 1960, Iris Clert publie pendant treize ans un feuillet de quatre pages, régi par une double ligne rédactionnelle : d'un côté, annoncer et promouvoir les expositions de la galerie et, plus généralement, informer sur le monde de l'art contemporain et son actualité ; de l'autre, proposer un espace de création propice à des interventions comiques, absurdes et polémiques. Le premier numéro paraît le 6 octobre 1962, le dernier numéro en avril 1975. La longévité de la revue est à noter dans un milieu où les expériences de ce type sont généralement éphémères. Chaque numéro présente des caractéristiques communes, tant au niveau du contenu que de la maquette. Reprenant le principe des unes de France-Soir, celles d'iris. time unlimited présentent le titre du journal encadré par deux oreilles, le portrait de la galeriste à gauche et celui de l'artiste de l'exposition annoncée à droite, une tribune ou gros titre et une photographie d'oeuvre en grand format, sous un bandeau d'informations légales. Le tirage oscille entre 4 000 et 6 000 exemplaires tandis que la liste des abonnés contient près de 450 noms. La fréquence de parution est variable, tributaire du rythme des expositions et des séjours d'Iris Clert à l'étranger. La publication accueille des collaborateurs plus ou moins réguliers, des rubriques plus ou moins récurrentes. Parmi celles-ci, des chroniques sur la vie artistique parisienne, des revues de presse, des jeux, des publicités, des présentations de critiques, le " Point de vue d'Iris ", des billets d'humeur, les " Ragots de la galerie ", des petites annonces loufoques et, bien sûr, un horoscope réalisé par la voyante d'Iris Clert. " Mon petit journal, commencé à la blague, deviendra une oeuvre d'art en soi. C'est une symbiose de mystification et de démystification où l'humour a tous ses droits ", résume Iris Clert dans ses mémoires. Bien plus qu'une curiosité de bibliophiles, iris. time unlimited demeure aujourd'hui une référence pour de nombreux éditeurs et galeristes. Collectionné par les bibliothèques universitaires américaines et européennes spécialisées en histoire de l'art et les centres de documentation des musées du monde entier, iris. time unlimited incarne le style qu'Iris Clert a imprimé dans le monde de l'art, mélange de sociabilité, d'humour, d'excentricité et de créativité. Grâce à cette nouvelle impression en fac-similé, au papier et format identiques à l'original, cet ovni éditorial est désormais à la portée de tous. La reproduction complète des 46 numéros est accompagnée d'un livret contenant un texte du critique et historien d'art Clément Dirié, auteur de l'ouvrage remarqué Iris Clert. L'Astre ambigu de l'avant-garde (2021), de photographies ainsi que des biographies des contributeurs et d'un index des abonnés. Sa publication célèbre au jour près le soixantième anniversaire de la parution du premier numéro d'iris. time unlimited.
L'artiste Salvatore Arancio revêt avec élégance l'habit de rock star que le fanzine de luxe Pleased to meet you lui prête. De la psyché au psychédélisme, ses mages intérieures remontent à la surface sous forme d'hallucinations éveillées et précipitent les certitudes loin dans les limbes. Totalement fantasmagorique, son oeuvre en quatre dimensions poursuit ses obsessions aux confins de l'espace, du temps et de la matière en s'inspirant des débuts de la science illustrée, lorsque le fantastique étayait la raison pour éclaircir les zones d'ombre. Arancio subvertit la nature à son tour par un surplus de naturel et, ce faisant, forge les objets d'un rituel nouveau dédié à une Gaia fécondée par l'imaginaire.
Chauvin Laëtitia ; Porcher Benoît ; Atkinson Chris
Présenter l'artiste comme une rock star " résume la ligne éditoriale de la collection Pleased to meet you qui souhaite offrir une approche la plus intime et inédite possible de l'artiste et de son oeuvre. Le choix du format " magazine ", à la structure plus libre et décontractée qu'un catalogue, est décisif pour susciter la proximité et l'empathie. Au sommaire de chacun des titres monographiques : un essai, un entretien inédit avec l'artiste, des pages illustrées comme dans la presse magazine afin de permettre la découverte de la démarche et de l'univers artistique au moyen de vues d'atelier, de tournages, de documents préparatoires, ainsi qu'un portfolio dense et dynamique, traité à la manière d'une découverte de l'oeuvre. Le onzième numéro de la collection Pleased to meet you est consacré à Derek Jarman (1942-1994), figure majeure du cinéma britannique des années 1970 et 1980 mais surtout artiste polyvalent, peintre, dessinateur, concepteur de costumes et de décors, écrivain et jardinier. Jusqu'à sa mort prématurée des suites du sida à l'âge de 52 ans, Derek Jarman développe une oeuvre où une esthétique foisonnante le dispute à une vision radicale de la société anglaise. Méconnu en France, il est considéré outre-Manche comme la figure de proue de la scène underground britannique. Au sommaire de ce titre de Pleased to meet you, qui est aussi le premier ouvrage en français sur l'oeuvre de Derek Jarman : un essai de Claire Le Restif, commissaire d'exposition et directrice du Crédac à Ivry-sur-Seine, centre d'art qui lui consacre une exposition personnelle à l'automne 2021 et co-éditeur de ce numéro, un entretien de l'artiste, des pages illustrées de portraits et vues de tournages, d'atelier, du jardin de Prospect Cottage, etc. , ainsi qu'un portfolio dense regroupant dessins, peintures et sculptures dévoilant une vue resserrée et inédite sur l'oeuvre plastique, menée pendant trente-cinq ans.
Quoi de plus naturel que de présenter un sculpteur sur pierre en rock star, comme le veut la vocation de ce fanzine de luxe ? Stefan Rinck donne naissance à des créatures revenues du passé ou échappées du futur, affreusement attachantes, délicieusement diaboliques. Tous les oxymores de la littérature ne suffisent pas à décrire l'hybridité du petit peuple de Rinck, qui va sur deux ou quatre pattes, recouvert de poils ou d'écailles. Fermement ancrées dans le sol, ces sculptures drôles et bonhommes paraissent aussi légères que l'éther malgré leur poids de pierre. Exactement à l'image de leur créateur, massif comme une montagne et tendre comme la rosée ! Sous le règne de la pierre, Rinck rock !
Résumé : Présenter l'artiste comme une rock star résume l'ambition de ce fanzine de luxe dont le troisième opus met à l'honneur une artiste auréolée du prestige d'une déesse. Dorothy lannone livre depuis les années 1960 une oeuvre émancipatrice et fascinante où l'intime s'accouple à l'universel, où la réalisation de soi s'harmonise avec le grand récit mythologique. Sur un ton de confidence désarmant et candide, les dessins de son (Ta)Rot Pack - inédits et reproduits ici en intégralité - vibrent d'un ardent message d'amour et d'une salutaire philosophie hédoniste. "Pleased to meet you ; Hope you guess my name : Dorothy lannone".
Inspiré par l'engouement récent pour les cahiers de coloriages mais aussi déçu par la qualité souvent médiocre des dessins proposés au public, Semiose éditions a eu l'envie de faire appel à des artistes confirmés pour dessiner spécialement des motifs à colorier pour les enfants ? et les grands enfants, évidemment ! Ces albums Color me s'inscrivent dans la plus pure tradition du cahier de coloriage : petit format (A5), pelliculage brillant de la couverture sur papier cartonné, dessin en ligne claire. La série a débuté en octobre 2016 avec 6 premiers albums. Chaque dessin est une création originale et véhicule une histoire, un trait d'esprit, dans un goût partagé pour l'humour, l'absurde et l'imaginaire. Un court texte en quatrième de couverture situe l'?uvre de l'artiste et le rend familier au jeune public. Surtout, la valeur pédagogique de l'exercice n'est plus à démontrer : en exprimant leur libre talent pour la couleur, les enfants observent et se familiarisent avec la manière dont un dessin est construit. Généreuse, pédagogique et ludique, cette petite collection se dévore comme de bons bonbons ! Depuis plus de vingt ans, Claude Closky examine les systèmes d'information, de représentation et d'organisation du monde. Poussant leurs logiques internes jusqu'à leur propre point d'effondrement et d'anéantissement, il agence, classe, répertorie, ordonne et désordonne. Sa réponse à une commande de cahier de coloriages suit ce même principe de retournement : tous les objets à colorier sont blancs par nature et se rendent visibles grâce au fond noir.
Inspiré par la vogue récente pour les cahiers de coloriages mais aussi déçu par la qualité souvent médiocre des dessins proposés, Semiose a eu l'envie de faire appel à des artistes confirmés pour dessiner spécialement des motifs à colorier pour les enfants ? et les grands enfants, évidemment ! Chaque dessin est une création originale et véhicule une histoire, un trait d'esprit, dans un goût partagé pour l'humour, l'absurde et l'imaginaire. La valeur pédagogique du coloriage n'est plus à démontrer : en exprimant leur libre talent pour la couleur, les enfants observent et se familiarisent avec la manière dont un dessin est construit. Ces albums Color me s'inscrivent dans la plus pure tradition du cahier de coloriage : petit format (A5), pelliculage brillant de la couverture sur papier cartonné, dessin en ligne claire. La série a débuté en octobre 2016 et s'enrichit régulièrement de nouveaux albums. Généreuse, pédagogique et ludique, cette petite collection se dévore comme de bons bonbons ! Le cahier de coloriages de Piero Gilardi ouvre l'appétit : son dessin d'une nature simple et familière, régale l'oeil, au point de donner à sentir l'agrume et l'humus, voire de faire picorer son raisin par les oiseaux, comme jadis le peintre Zeuxis ! Ecologiste avant l'heure, Piero réconcilie nature et culture, qu'il célèbre comme deux soeurs jumelles.
Présenter l'artiste comme une rock star " résume le motto de ce fanzine de luxe qui souhaite offrir une approche la plus intime et inédite possible de son sujet. Le choix du format " magazine ", à la structure plus libre et décontractée qu'un catalogue, est décisif pour susciter la proximité et l'empathie. " ? Enchanté de faire votre connaissance... " Steve Gianakos (né en 1938, vit à NY) est le quatrième artiste invité de la revue Pleased to meet you. à l'instar de ses confrères ? John Wesley, Robert Crumb, Peter Saul ? tout aussi joueurs que lui, Gianakos pratique le mauvais goût et les " interdits " comme rempart contre une récupération de l'establishment. Depuis la fin des années 1960, ses dessins, collages et peintures combinent l'innocence et la luxure, la vulgarité et la sophistication, comme pour mieux révéler l'absurde mixtion de sexualité et d'anxiété au c?ur de la condition humaine. Ses ?uvres ont l'apparence de BD vintage qui auraient dérapé : portraits de pin-ups se fardant avec une lame de rasoir, petites filles aux genoux cagneux et jupes relevées. Grâce à un humour exempt de cynisme ou de cruauté, Gianakos désarme son spectateur en lui soumettant sa vision délicieusement sombre et subversive de la psyché humaine. Ce numéro spécial reproduira des ?uvres des années 1960 jamais montrées en France et surtout des portraits inédits de l'artiste, récents et vintage.
Quand le pinceau épouse la plume, ou inversement, pour partager l'art des confidences de la Muse qui ne manque aucun rendez-vous dans l'aventure. En route donc sur les sentiers des clins d'oeil poétiques et par-delà quelques versants historiques où se jouent et se confondent épopées, contes et mythes. Avec joie, Xavier
Figuratif autant qu'abstrait, abstrait autant que figuratif, travaillant souvent au corps à corps avec la nature et dans la nature, Vincent Bebert, né en 1980, témoigne des ressources que la peinture offre de nouveau aux artistes pour s'exprimer. Intense, vibrante, tourmentée et cependant apprivoisée et raffinée, la peinture de Vincent Bebert étonne et fascine. Des artistes aussi reconnus que Alexandre Hollan et Sam Szafran, des critiques comme Alain Madeleine-Perdrillat, Yves Michaud et Bernard Léon se sont réunis dans cette première monographie pour introduire l'oeuvre de Vincent Bebert et dire l'estime qu'ils lui portent.