Mais c'est tout éveillé qu'il nous faudrait craquer comme la graine crie et se fend, jaillir au-dessus des insectes, des épis, des grands arbres, des grands rocs, des grands nuages oublieux, de la nuit froide et creuse sous qui les astres pendent, enfoncer la croûte du ciel et marcher dans les chemins où nous rencontrerons nos fruits." L'Apprentissage de la ville reprend en 1942 la confession entamée sept ans plus tôt avec Le Bonheur des tristes. Ce deuxième "roman" que Dietrich mit au service d'une intransigeante et éclatante quête de soi devait également témoigner de l'aveuglement et de la veulerie de la société chavirée de l'entre-deux-guerres, incapable de s'éveiller et de regarder dans son propre tumulte. L'auteur y est, écrira Jacques Madaule, le "témoin incorruptible de sa propre corruption, de la nôtre et de celle du siècle".
Nombre de pages
352
Date de parution
19/05/1998
Poids
562g
Largeur
151mm
Plus d'informations
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EAN
9782868532381
Titre
L'apprentissage de la ville
Auteur
Dietrich Luc
Editeur
TEMPS IL FAIT
Largeur
151
Poids
562
Date de parution
19980519
Nombre de pages
352,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Je savais bien deux choses pour les avoir vues moi-même, je savais les fleurs et les étoiles. J'avais pris un pot de géranium et planté les fleurs dans la terre et les racines vers le haut. Mais lui s'était tordu la tête comme quelqu'un qui se bat et était remonté par-dessus ses racines. "Les fleurs remontent vers les étoiles parce que les étoiles leur donnent à boire. On voit les étoiles dans les puits, mais au contraire les étoiles sont des puits et la pluie et la rosée tombent de là."
De la même manière qu?autrefois il nous avait rapporté les noces d?écume des escargots ou l?étreinte tentaculaire de la seiche, Jean-Pierre Otte s?attache cette fois aux singularités des amours humaines. D?une écriture allègre, il démêle le manège de la sylphide solaire et la stratégie de l?allumeuse, s?émeut d?un fétichiste en arrêt devant le tabernacle d?un porte-jarretelles et d?une culotte de dentelles, salue le retour en grâce de l?obsédé tripoteur et de l?onaniste radieux, et se montre partisan de l?adultère domestique, tout en nous invitant au passage à partager des galanteries étranges et des dégustations intimes. Et il y a aussi des yeux dans l?ombre et quelques claquements de fouet sur une croupe bellement rebondie... Un jeu dangereux, compensé par des traits d?humour, la liberté sans morale d?un regard amusé, et un réel bonheur dans l?expression.