Les valises de Jean Genet. Rompre, disparaître, écrire
Dichy Albert
IMEC
30,00 €
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EAN :9782359430318
Que contiennent les valises d'un écrivain ? Après les malles légendaires de Fernando Pessoa, Raymond Roussel ou Antonin Artaud, voici les valises de Jean Genet, écrivain vagabond, sans domicile, sans bureau, sans bibliothèque. Entré par effraction en poésie avec la publication du Condamné à mort en 1942, Genet rédige ses premiers livres en prison, mais se retire de la scène littéraire au moment même où son théâtre le fait connaître dans le monde entier. Il dit alors avoir renoncé à écrire. Et pourtant, durant près de vingt ans, d'une chambre d'hôtel à l'autre, du camp de Chatila à la Goutte d'Or, des ghettos noirs d'Amérique à la petite ville de Larache au Maroc, il transporte dans ses minces bagages les matériaux d'une oeuvre rêvée où sa vie entière est consignée, de sa jeunesse perdue à ses dernières péripéties politiques. En avril 1986, quelques jours avant sa mort, Jean Genet confie à Roland Dumas, son avocat rencontré pendant la guerre d'Algérie, deux valises de manuscrits. Un mois plus tard, paraît son ultime chef-d'oeuvre, Un captif amoureux. Durant trente-quatre ans, ces valises ont dormi dans le secret du cabinet de l'avocat, avant que celui-ci ne décide d'en faire don à l'Imec. Ce livre, qui accompagne l'exposition présentée à l'abbaye d'Ardenne, révèle pour la première fois les trésors qu'elles abritent. C'est la matière vive d'un véritable atelier d'écrivain qui est ici mise à jour : un extraordinaire fouillis de manuscrits, de notes personnelles, d'esquisses, de coupures de presse annotées, de pages arrachées dans des livres, de lettres, de dessins. On y trouve aussi bien les avant-textes de son dernier chef-d'oeuvre qu'une foule d'écrits totalement inédits sur son enfance, le Japon ou le jazz, des scénarios de film non réalisés, des projets de livres sur les mouvements qui ont secoué le monde des années 1970 et 1980, que ce soit Fraction Armée rouge, la révolte dans les prisons, les Black Panthers ou les combattants palestiniens. Chacune de ces pièces raconte une histoire singulière et toutes portent la marque d'une des plus surprenantes aventures littéraires de notre temps.
Commandé avant 16h, livré demain
Nombre de pages
213
Date de parution
29/10/2020
Poids
693g
Largeur
198mm
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EAN
9782359430318
Titre
Les valises de Jean Genet. Rompre, disparaître, écrire
Auteur
Dichy Albert
Editeur
IMEC
Largeur
198
Poids
693
Date de parution
20201029
Nombre de pages
213,00 €
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Écrire sur Genet est peut-être encore une façon de poursuivre le voleur. Ce vieux désir d'arrestation qui anime toujours les entreprises critiques ou biographiques, comment ne serait-il pas exacerbé par le statut d'un écrivain en perpétuelle fuite, échappant toujours à ses propres images, vagabond littéraire "sans profession" ni "domicile fixe" - comme disent si bien, à son propos, les divers rapports de police ou minutes de jugement que vous lirez ici? Ace soupçon, ce livre, d'évidence, ne saurait se dérober. Il offre à la lecture les résultats d'une enquête menée, avec une patience bénédictine, sur les traces de Genet de sa naissance en 1910 jusqu'à sa sortie définitive de prison en 1944. Enquête non policière cependant: elle ne s'érige nullement en instance de vérité, ne donne lieu à aucune interprétation, ne tire aucune conclusion. Avec le moins de commentaires possible, elle livre les éléments et les pièces de la dernière fiction de l'auteur: celle de sa vie. Dernière précision. Ce livre ne vise guère à la destruction de la "légende" dont Genet se serait entouré et encore moins au rétablissement d'une vérité dont l'oeuvre serait le masque. Si elle existe, cette "légende" a la forme exacte de l'oeuvre qui la développe et, en cela, demeure irréductible, échappe à toute révélation.
Articles, entretiens, préfaces ou discours, les textes des interventions de Genet, ici rassemblés, témoignent d'un paradoxe: celui qui fut l'écrivain le plus solitaire, le plus retranché de son temps fut aussi, durant les vingt dernières années de sa vie, l'un des plus présents sur la scène publique. De Chartres à Chicago, de la Goutte d'Or au camp de Chatila, des rives du Jourdain aux ghettos noirs d'Amérique, ce livre retrace l'aventure littéraire et politique, menée aux frontières de l'Occident, aux côtés des exclus du monde et des peuples en révolte, d'un poète qui n'a jamais revendiqué d'autre titre que celui de vagabond.
Fils de peintre, Jean Tardieu a humé dès l'enfance "la bonne odeur de l'huile et des couleurs". Sa vie entière, qui coïncide avec le XXe siècle (1903-1995), a été "ponctuée d'images": de ses premiers poèmes en prose sur des peintres jusqu'à ses toutes dernières publications, il a multiplié les approches du fait artistique, en particulier de la peinture. D'abord inspiré par les maîtres du passé, il se tourne ensuite vers ses contemporains, bien souvent ses amis (Pol Bure. Jean Bazaine. Max Ernst ou flans Hartung par exemple), dont il commente ou transpose les ?uvres, et avec lesquels il élabore non seulement de très beaux livres, mais encore des ?uvres d'une forme plus inattendue, comme la Rotonde du palais Bourbon, réalisée en étroite complicité avec Pierre Alechinsky. Si les tableaux ont été à la source de son écriture poétique, celle-ci, à son tour, est à l'origine d'?uvres plastiques qui lui répondent. Le rapport entre Jean Tardieu et les artistes est fondé sur cette réciprocité: une création partagée. Originale et diverse, la quête menée par Jean Tardieu dans ce domaine est en même temps exemplaire d'une démarche commune à nombre d'auteurs au XXe siècle: ses "poèmes traduits des arts" rendent particulièrement perceptible une double approche de ce champ d'investigation poétique, qui attire le tableau dans le poème - peinture à lire, ou le poème vers le tableau - poésie à voir. L'ouvrage de Frédérique Martin-Scherrer retrace cet itinéraire poétique placé sous le signe de l'attachement à l'?uvre du père, le peintre Victor Tardieu, et de l'amitié des plus grands peintres contemporains dont une centaine d'?uvres est ici reproduite.