Extrait de l'introduction«Cette fente agrandie par l'imaginaire...»«Il existe une photo qui nous représente, mon père, mon frère et moi, marchant sur un chemin en forêt. Je dois avoir six ans. C'est un petit cliché noir et blanc, aux bords crénelés. Il s'en dégage une joie de novembre. Sans doute ma mère tient-elle l'appareil car elle n'apparaît pas sur la photo. Je n'ai aucun souvenir de cette promenade. C'est pourtant le plus beau souvenir d'enfance que je me sois fabriqué.»GRÉGOIRE BOUILLIER,Rapport sur moiEn 1859 déjà, Baudelaire percevait l'univers comme «un magasin d'images et de signes». Quelle métaphore viendrait à l'esprit du poète, un siècle et demi plus tard, pour décrire un monde sous l'oeil omniscient des satellites, où chacun ou presque peut à tout moment capturer des clichés et les diffuser en temps réel à l'autre bout de la planète?De la caméra obscura qui, dès l'Antiquité, permettait de visualiser l'image inversée des choses placées en face d'elle en focalisant la lumière au travers d'un trou minuscule, jusqu'aux capteurs de nos boîtiers numériques, l'histoire de la photographie est, au premier degré, celle d'une technique.L'annonce officielle, en 1839, de l'invention du daguerréotype en est l'acte de naissance officiel, quoique symbolique, justifiant maints procès en paternité. Le dispositif mis au point par Niépce et Daguerre doit bientôt lui-même s'éclipser face aux progrès de l'optique, de la chimie et de la mécanique: ainsi, de déclic en déclic, l'image photographique devient-elle reproductible, instantanée, jusqu'à prendre des couleurs tant bien que mal fidèles à la réalité, tandis que les «chambres noires» finiront par tenir dans la paume. Car le passage du grain d'argent au pixel n'y change rien: un appareil photographique demeure une variante, plus ou moins sophistiquée, de l'immémoriale caméra obscura.
Nombre de pages
132
Date de parution
18/02/2010
Poids
95g
Largeur
102mm
Plus d'informations
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EAN
9782715229051
Titre
Le goût de la photo
Auteur
Devis Chloé
Editeur
MERCURE DE FRAN
Largeur
102
Poids
95
Date de parution
20100218
Nombre de pages
132,00 €
Disponibilité
Epuisé
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La photographie désigne à la fois un procédé technique, une pratique et l'objet qui en résulte. Petite-fille de la camera obscura de Léonard de Vinci et fille de la révolution industrielle, la photo a investi la plupart des champs de l'activité humaine. Comme l'anticipait déjà Baudelaire, notre monde est devenu "un vaste magasin d'images". Il est à la merci de la panoplie toujours plus étendue de nos appareils photo : aujourd'hui les pixels ont remplacé le bitume de Judée et autres sels d'argent. La photographie a toujours séduit et fasciné, elle a suscité des débats et généré des oeuvres de fiction. Partons donc à la découverte de cet art, qui épouse et suspend simultanément le cours du temps, sur les traces d'écrivains, de philosophes, de poètes ou de photographes...
Née en même temps que leur histoire d'amour en 1976, la collaboration artistique de Pierre et Gilles n'a cessé depuis plus de trente ans de mettre en commun leurs émotions et leur créativité au service d'une oeuvre unique. Reflets intimes de leur univers quotidien, leurs créations se déploient, tel un vaste album de famille, mettant en scène leurs amis anonymes ou célèbres. Elles sont conçues sous la forme de photographies peintes, à travers un processus créatif précis. À partir d'un dessin de leur projet commun, ils créent eux-mêmes le décor de leur mise en scène, usant d'artifices divers et d'accessoires rapportés d'un peu partout. Pierre photographie ensuite la scène. Puis Gilles retouche un tirage unique par couches successives de peinture. L'oeuvre n'est achevée qu'une fois le cadre trouvé, celui-ci étant aussi conçu par les artistes. Pierre et Gilles, couple et duo d'artistes, ont d'abord mis leurs talents conjugués de photographe et de peintre au service de la presse avant d'investir les musées et galeries du monde entier. Leur travail, qui se nourrit de leurs rencontres, est centré sur le portrait d'anonymes et de personnalités du monde des arts, du spectacle ou de la mode. Parmi les traits caractéristiques de leur oeuvre, le motif de l'icône et autres emprunts à l'art sacré, des décors soignés, une lumière très travaillée, un penchant pour les univers enchantés et les couleurs... N'ayant que faire d'un prétendu " bon goût ", ils cultivent celui du décalage, de l'humour, du paradoxe et des contrastes. Dans cet ouvrage, ils nous convient dans l'intimité de leur atelier en commentant une centaine de photographies emblématiques de leur parcours. Certaines sont des " classiques ", d'autres sont inédites ou reflètent des aspects méconnus de leur univers. Où l'on découvre que les prises de vue sont encore et toujours réalisées en argentique, les retouches effectuées au pinceau, et les décors construits de manière artisanale chez eux dans la tradition de Méliès. Pierre et Gilles retracent les étapes de la création en révélant leurs secrets de fabrication, le contexte d'une prise de vue, son intention ou encore leurs nombreuses références, éclairant ainsi leur art d'un jour nouveau.
Brejon de Lavergnée Arnauld ; Vlieghe Hans ; Devis
Quatre questions à Peter Paul Rubens par Arnauld Brejon de Lavergnée A. B. L. - Quelques renseignements sur vous ? P. P. R. - J'aime écrire et correspondre avec mes amis " Je suis un homme de caractère et de goût pacifiques et résolument hostile aux guerres, procès, incidents et querelles publiques et privations ". A. B. L. - N'avez-vous pas été collectionneur ? P. P. R. - " Je n'ai jamais négligé, au courant de mes voyages, d'observer et d'étudier les antiquités des collections publiques et privées et d'acheter des objets curieux à deniers comptants ". A. B. L. - Pour quelles cours européennes avez-vous travaillé ? P. P. R. - Pour l'Angleterre, l'Espagne, la France... " Je suis frappé par la détresse des princes. Je ne peux me l'expliquer que par la répartition, entre les mains d'un très grand nombre de particuliers, des richesses de l'univers ". " Je ne suis pas mécontent de visiter, au cours de mes pérégrinations, tant de pays différents... ". A. B. L. - Quel souvenir gardez-vous de la France ? P. P. R. - Je ne comprends pas les Français avec leur manie des duels. Certaines Parisiennes sont très belles, " retenez pour moi pour la IIIe semaine les deux dames Capaïo de la rue du Vertbois car je compte faire en grandeur naturelle trois études de sirènes et ces trois [sic] personnes me seront d'un grand secours tant à cause des expressions superbes de leurs visages, mais encore pour leurs superbes chevelures noires... ". Citations extraites de Rubens, Correspondance.
Penser global, agir local " cette formule employée lors du premier sommet sur l'environnement en 1972, semble synthétiser l'esprit du développement durable. A l'heure d'Internet comment une vision globale du Monde influence-t-elle l'action locale que représente l'enseignement des sciences ? Pour rendre compte de ce que pourrait être la vie d'un enseignant de science à l'heure du numérique, nous avons mené une étude ethnographique participante en redevenant professeur de physique-chimie dans un collège du Haut-Var. Durant ces années, tout en occupant une vraie place dans la vie de l'établissement, nous avons interrogé l'objet science, son histoire, ses acteurs, sa médiatisation, sa présence dans notre environnement, à l'école, et des enjeux de société qu'il représente. Et bien sûr, époque et moyens obligent, en s'inspirant de ce qui existait sur le Web, nous avons mis en place et entretenu un blog pédagogique de science : Découvrir et mesurer le Monde. " Il ressort de cette oeuvre un discours vivant qui est un hommage à la littérature de vulgarisation scientifique et à l'encyclopédisme*. " * Extrait du rapport de soutenance de la thèse de doctorat de Sciences de l'éducation qui est à l'origine de ce livre.
Pendant des années j'ai vécu dans un mythe. J'écrivais sur lui un texte sans cesse remis en chantier. Tout ce que je vivais y entrait, hommes, villes, livres, saisons en enfer, jouissances, colères, tout y passait, à la fois structure vitale et machine romanesque le mythe accueillait tout. Un jour, j'ai mis ce manuscrit de côté pour écrire d'autres romans : ils n'ont jamais fait que le crypter. Alors je suis revenue à cette matrice, redescendue dans le souterrain. Perséphone 2014, c'est un nouveau point d'intersection entre cette histoire (cette vieille histoire folle) et la mienne, entre l'archaïque et l'ultra-contemporain. Que se passe-t-il quand un mythe s'empare d'une vie ? Quand il la pulvérise en passions brutes, en événements élémentaires ? Ce que j'entends de Perséphone, de cette voix très ancienne, très chantante, c'est ça : le désir d'être matière, d'un moi chaviré et d'un monde à l'envers. Mais aussi : comment sortir de ce désir - revenir des Enfers ? D'ailleurs, faut-il en sortir ? Et où est l'enfer ? Du côté des racines, des somptueux ravages et des incendies muets ? Ou dans les règnes de surface, les formes lisses, les ordres licites, les rites institués ? Reprendre Perséphone, c'est continuer, obstinée, à interroger le secret qui noue ensemble, très serrées, la jouissance, la mort et l'écriture. " G. A.
Ces entretiens inédits ont précédé la chute du communisme dont Eugène Ionesco a eu avant d'autres la prémonition. Mais ils engagent le lecteur d'aujourd'hui bien au-delà de ce séisme politique. Les Ruptures de silence éclairent les limites de l'engagement politique pour les artistes et préviennent de nouvelles trahisons possibles. Elles annoncent aux clercs du troisième millénaire qu'il ne leur reste que la pauvreté de Job en fait d'idéologie et, partant, la liberté totale d'expression. Nos échanges ont eu lieu dans une "traversée du désert" du créateur qui le mettait dans un état de lucidité extrême. La force émotionnelle qui se dégage de son interrogation sur la condition humaine nous rend la voix de Ionesco présente et fraternelle. André Coutin.
Henri, huitième marquis de Breteuil, qui inspira le personnage du marquis de Breteuil à Marcel Proust, trouve tout naturellement sa place dans la collection du "Temps retrouvé". Mais avec lui, nous pénétrons dans la réalité d'un univers que l'écrivain ne connaissait que de l'extérieur. Nous sommes là au c?ur de la société aristocratique de "l'avant-siècle", dont on découvre les aspirations et la vie quotidienne. De cet important manuscrit, nous avons choisi d'éditer les années 1886-1889, marquées par l'affaire Boulanger qui mit en péril la fragile IIIe République. Par sa position sociale et son goût prononcé pour la politique, Henri de Breteuil dévoile les dessous d'un conflit au cours duquel s'affrontent républicains, bonapartistes et royalistes. Intime des petits-fils de Louis-Philippe, il souhaite une restauration monarchique, mais se rend compte que le général n'est pas l'homme providentiel espéré. Tout en suivant les rebondissements d'une crise de régime qui se déroule comme un excellent scénario, il brosse un tableau souvent mordant de la vie mondaine où têtes couronnées, princes, gentilshommes, grands bourgeois et hommes de pouvoir se croisent à la manière d'une comédie de m?urs.
Connais-toi toi-même" , "deviens ce que tu es" ... Publicités et réseaux sociaux regorgent aujourd'hui de ces aphorismes et on ne compte plus les livres colorés autour du bonheur, de l'amour et de la construction de soi - thèmes philosophiques par excellence. Pourtant la philosophie reste souvent perçue comme une matière aride. Platon, Nietzsche, Descartes, Kant intimident encore. Revenir aux sources, savoir pourquoi et comment les grands auteurs ont décidé de consacrer chaque jour de leur vie à cette discipline pour trouver des sources infinies de consolation et de joie, depuis l'Antiquité, jusqu'à mourir pour elle, telle est l'une des missions de cette anthologie. Les grands philosophes côtoient ici les romanciers, artistes, cinéastes ou chanteurs qui évoquent, à la première personne, le plaisir de philosopher. Balade en compagnie de Socrate, Aristote, Epictète, Voltaire, Bergson, Marcel Proust, Montaigne, Albert Camus, Simone Weil, Charlie Chaplin, René Magritte, Michel Houellebecq, Bob Dylan, Woody Allen et bien d'autres...