Ce recueil de dessins aurait pu avoir comme titre " Animots " tant le bestiaire si poétique de Desclozeaux nous évoque jeux de mots, comptines enfantines et fabulistes intemporels. En fait il n'aime pas les zoos, le spectacle de ces animaux neurasthéniques n'a rien à voir avec le naturel espiègle et malicieux de ses créatures. Desclozeaux est trop épris de liberté pour que les fenêtres de son arche aient des barreaux... Même si les " parcs animaliers " ont changé, lui, reste le même, fidèle, en amitiés comme en convictions. Et comme ce grand gars de Sernhac, élevé à l'ombre du verger familial, qui débarque dans l'atelier de Paul Colin à Paris dans les années 1960 et qui, en 1967, fonde à Avignon la S.P.H. (Société Protectrice de l'Humour).
Nombre de pages
143
Date de parution
05/12/2013
Poids
662g
Largeur
221mm
Plus d'informations
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EAN
9782862746937
Titre
Charivari
Auteur
Desclozeaux Jean-Pierre
Editeur
CHERCHE MIDI
Largeur
221
Poids
662
Date de parution
20131205
Nombre de pages
143,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Amor... Amor... Amor... " Mon c'ur entendait les mots À mort et mes tripes entendaient le mot Amour. " Amor... Amor... Amor... " Mes tripes entendaient le mot Amour et mon c'ur entendait les mots À mort. Mais c'est d'un commun accord que mon c'ur et mes tripes décidèrent que cette voix, c'était trop. Trop vivant pour un corps qui n'est plus que poussière. Alors j'ai rembobiné la face A. Et décidé que je l'écouterai une seule et dernière fois. C'est pourquoi je la retranscrirai dans ce journal. Mais je vais commencer par aller m'acheter un concombre.
120 dessins de Desclozeaux: une variation subtile et drôle sur le thème du vin, de la convivialité à l'ivresse, par un formidable dessinateur dont Savignac dit "Desclozeaux, c'est le viticulteur du rêve!"
Ainsi donc, je mourrai là où je loge. Dans une boîte. Cela s'est imposé à moi alors qu'à l'aube, depuis le minuscule balcon sur lequel donne mon conteneur placé en bout de rangée avec une paroi à pic au-dessus de la mer, je guettais l'apparition du soleil. Lorsqu'il se lève sur ma gauche et que la nuit précédente, nous avons largué les amarres dans un port greffé sur le désert, je sais que nous avons mis le cap sur l'Asie. Et j'aurai beau attendre midi, un soleil à l'aplomb du radar qui coiffe le château et espérer une journée sans brume, jamais je ne parviendrai ne serait-ce qu'à deviner ce qui se trouve à bâbord. Un porte-conteneur ne fait pas de cabotage et ses occupants ont ainsi toute latitude, comme moi aujourd'hui, pour imaginer un lent déroulé de plages sablonneuses. La locataire de l'un des dix mille conteneurs du Ship Flowers entreprend, pour résilier son bail, de contacter son propriétaire domicilié dans un paradis fiscal. C'est le début d'une correspondance au long cours, rassemblée dans ce roman épistolaire.
Un portrait vivant et enlevé de Pierre Desproges, homme empli de contradictions et si attachant, dont l'humour politiquement incorrect manque cruellement à notre époque. En 1976, Pierre Desproges (1939-1988) décide de claquer la porte du légendaire Petit Rapporteur pour se laisser aller à des circonlocutions langagières capables de percuter le sens commun. Et c'est ainsi que surgit, il y a exactement un demi-siècle, la figure de proue du politiquement incorrect . La satire de haut vol, le stand up et la grande littérature révèlent alors chez ce " fils " de Pierre Dac, d'Alexandre Vialatte et de Michel Audiard une incarnation aboutie de l'humour noir jubilatoire. Desproges, c'est notre mauvaise conscience qui s'encanaille. Étonnant, non ... Ce même artiste, devenu plus tard procureur au Tribunal des flagrants délires , invente une rhétorique radiophonique ravageuse en nous gratifiant de mots taillés comme des diamants pour écorcher les bienpensants. Avec, en prime, le sentiment aigu de posséder une bouille d'enfant pour s'attirer toutes les indulgences. D'une plume vive et sensible, Jean-Michel Djian nous croque ici, plus qu'un saltimbanque torturé, la figure libre et emblématique d'une génération pour qui la montée en puissance de la bêtise humaine et de l' absurdité du monde justifiait tous les excès de langage.
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