Le 6 juin 2001, six mois avant sa mort, Jean-Toussaint Desanti prononçait à l'Ecole des Beaux-Arts une conférence intitulée " Voir ensemble ". Elle traitait des liens qui se tissent entre les sujets - leurs corps, leurs regards, leurs paroles - chaque fois que surgissent, dans le monde, des signes qui s'adressent à eux et auxquels ils répondent. Ce livre ne se contente pas de porter ce grand texte à la connaissance de tous. Il vise, conformément à ce que fut l'exercice dialogué de la philosophie durant toute la vie de Jean-Toussaint Desanti, à rassembler autour de lui une polyphonie de voix. Marie José Mondzain a réuni des personnalités du monde de la création et de la pensée (les cinéastes BenoîtJacquot, Nicolas Philibert, Olivier Assayas et Jean-Louis Comolli, les hommes de théâtre Alain Françon et Robert Cantarella, le plasticien Ernest Pignon-Ernest, les philosophes Myriam Revault d'Allonnes et Patrice Loraux, la médecin haptonomiste Catherine Dolto, le critique Jean-Michel Frodon) pour réfléchir ensemble aux exigences éthiques et politiques qui soutiennent non seulement le regard sur le monde, mais les gestes de ceux qui font voir. Dans un monde où règnent ensemble la solitude et la fusion, voir ensemble et montrer à une assemblée sont deux démarches qui ont en charge de construire l'espace d'un vrai partage...
Nombre de pages
295
Date de parution
16/10/2003
Poids
308g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070734450
Titre
Voir ensemble
Auteur
Desanti Jean-Toussaint
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
308
Date de parution
20031016
Nombre de pages
295,00 €
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Est-il possible de pratiquer encore la méthode phénoménologique ? Le projet husserlien ne peut-il être repris et prolongé ? Ne faut-il pas dire plutôt que cette tâche infinie d'éclaircissement et de réflexion que Husserl assignait au philosophe se perd dans les sables et qu'il importe alors d'aborder d'autres continents ? En suivant le fil des Méditations cartésiennes, l'exposé le plus compact que Husserl ait consacré aux idées directrices de sa philosophie, Jean Toussaint Desanti s'efforce, dans le présent ouvrage, de répondre brièvement à de telles questions.
En publiant cet essai, notre intention a été de montrer en quoi consiste, en matière d'histoire de la philosophie, la mise en oeuvre de la méthode marxiste du matérialisme historique" précise dans son avant-propos J. T. Desanti au moment de la première publication de cet essai en 1956, présenté par l'éditeur "La nouvelle critique" comme un essai militant. Dans une préface écrite pour la réimpression de cet ouvrage en 2006, Dominique Desanti précise que cela n'entrait nullement dans les intentions de son mari, mais que cela restait "un livre écrit en un temps où son auteur croyait encore en une possible transformation de la société selon la raison". Cette préface est passionnante car elle resitue la publication de ce livre dans l'époque et explique les dissensions puis les ruptures d'avec le PCF.
Si la mathématique n'est ni du Ciel ni de la Terre, il importe de chercher le lieu où elle réside. Il devient alors nécessaire de s'installer au c'ur des textes mathématiques eux-mêmes, pour mettre en lumière la nature du discours qui les constitue. Ce discours enchaîne des idéalités explicites ; mais, par-delà l'explicite, et le soutenant, vit un système de relations non exprimées dont la présence et les connexions entraînent et dirigent les gestes du mathématicien créateur. Apprendre à déchiffrer ces connexions, dégager la structure du domaine où elles s'engendrent, constitue alors une démarche préalable à une épistémologie valide des mathématiques. On s'efforce, à ce moment, d'écouter un autre discours que celui de la mathématique écrite, de tisser un autre espace que celui où s'enchaînent les opérations immédiatement perceptibles.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.