Le livre " La maison Chypre, 2009-2013 " est proposé dans une version fac-similé, tel un ouvrage déjà paru indéfiniment voué à sa propre reproductibilité. Au coeur de la répétition arrive, charriée par son propre sujet, la question de la découverte archéologique. Centrale dans le livre à travers la présence blafarde de ces ossements que l'on exhume du passé, la question d'une archéologie est bien apparue comme un point paradigmatique de l'Histoire de l'île de Chypre. En miroir avec Pompéi et par extension à tous les lieux de charniers du monde, une lente coulée de lave semble avoir recouvert ce paysage insulaire, le figeant pour toujours. L'île de Chypre divisée a représenté un territoire étonnant de complexités qui convenait parfaitement à la poursuite du travail photographique que j'avais engagé à travers des villes aussi différentes que Sarajevo, Odessa, Beyrouth, Kaliningrad.
Nombre de pages
168
Date de parution
01/03/2018
Poids
970g
Largeur
225mm
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EAN
9782350464305
Titre
La maison Chypre. 2009-2013, Edition bilingue français-anglais
Durant l'e?te? 1989, Monique Deregibus rencontre au coeur du de?sert du bassin de Galisteo (Nouveau-Mexique, E?tats-Unis), un lieu spe?cifique, isole? et puissant, charge? d'histoires chamaniques et de re?miniscences indiennes. Pendant dix anne?es (1989-1999), puis au cours d'un dernier voyage en 2017, elle ne cessera d'y revenir pour toujours photographier ces me?mes paysages, re?pe?te?s jusqu'a? l'usure, ces blocs chaotiques de pierre charge?s de pe?troglyphes indiens, de?pose?s a? la surface, saturant le paysage de si fragiles dess(e)ins.
Il y a dans la relation de la photographie au territoire urbain le lien intime d'une réciprocité ; une mentalité commune contemporaine, une équivalence historique qui les destinaient sans doute à se rencontrer ? La photographie est associée au processus de construction - déconstruction de la ville, à une sorte de vandalisme permanent qui semblerait vouloir tout à la fois l'ausculter et l'écorcher pour tenter d'en extirper une mémoire... Les trois villes (Marseille, France ; Sarajevo, Bosnie ; Odessa, Ukraine) révèlent des temporalités multiples à la fois actuelles et historiques, "résonnant" à partir d'un fonds de réminiscences ouvert ; il émane de ces photographies le souvenir à la fois ténu et persistant de peinture de paysages classiques et de tragédies antiques auquel se mêle la force de l'image documentaire contemporaine.
J'ai toujours eu un faible pour Robert Doisneau et ses photographies qui dégrisent la réalité, comme un lendemain de fête. J'y ai croisé des gens plus ou moins abordables, fréquemment aimables, tantôt embarrassés par leur corps, les soucis, les parapluies, tantôt en harmonie avec cette société d'après-guerre où l'espoir renaissait. En photographiant ces gens ordinaires dans leur décor, souvent en bas de chez eux, Doisneau les a rendus hors du commun. Ce qui n'en fait pas un saint, heureusement, il rie se prenait pas la tête, ce qui l'a sauvé du pire, probablement. Reste le meilleur.