Pourquoi n'aurait-on assassiné? Mon corps, curieux de lui-même, s'étonne de ne porter aucune trace de la violence qu'il est susceptible d'avoir subie. je pense pouvoir avancer qu'on ne m'a pas décapité. Sinon il azurait. fallu que la mort, qui doit avoir un carnet de rendez-vous surchargé (comment a-t-elle pu songer à moi, je me le demande), ait pris la peine de me replacer la tête entre les épaules, tout ça pour me mettre à part, comme une araignée, au cas où elle aurait plus tard une petite faim. Le narrateur de ce livre est déjà passé dans l'au-delà. Est-il mort, est-il vivant: Encombré d'un corps qui ne lui sert plus à rien, absent au monde et pourtant hanté par l'existence, il parle depuis son étrange solitude. Un numéro de vertige entre la vie et la mort, dans une langue chargée de poésie et d'humour (noir). Biographie de l'auteur Daniel Depland vit aujourd'hui à Londres. Il est l'auteur de nombreux romans dont Le Cirque des tempêtes (1981), L'Homme vêtu de lin (1983), La Sirène de Redcliff (1984) et Mes putains sacrées (2005).
Nombre de pages
84
Date de parution
08/01/2009
Poids
142g
Largeur
141mm
Plus d'informations
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EAN
9782207260975
Titre
En voie de disparition
Auteur
Depland Daniel
Editeur
DENOEL
Largeur
141
Poids
142
Date de parution
20090108
Nombre de pages
84,00 €
Disponibilité
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Berthe Caramel trône derrière la caisse d'un café et monologue intarissablement. C'est un long défilé de portraits, de jugements à l'emporte-pièce, de descriptions féroces, drôles, lyriques, tout le monde y passe. Elle s'exprime dans une langue émaillée de tournures originales et personnelles. Mais elle est méfiante et garde toujours son quant-à-soi. Telle la mouche verte, Berthe Caramel bourdonne, crée et anime tous les ressorts de la société grotesque et pourrissante dont elle fait partie.
Antony, l'amant du narrateur, l'a prévenu téléphoniquement le matin même qu'il débarquait à Orly à 17 heures par le vol d'Air France 810 en provenance de Londres où il vit. Fou de passion, le narrateur se rend en taxi à l'aéroport pour l'y accueiilir. Mais Antony ne se trouve pas dans le flot des voyageurs. Peut-être a-t-il raté cet avion-là ? peut-être arrivera-t-il par le vol suivant ? ou celui d'après ? ou plus tard encore ? L'immense bâtiment au vertigineux transit devient pour le jeune homme le théâtre fixe de son attente. D'abord théâtre d'espoir, puis d'angoisse, puis de haine, et finalement de folie désespérée.
Rolland, facteur de son état, ne trompe pas Dorothée, il l'ignore, il la nie, jusqu'à lui interdire d'enfanter. C'est qu'il lui préfère sa voiture. Une belle voiture rouge. Une "bête écarlate". Que peut un corps de femme fatigué contre une carrosserie rutilante ? Le miroir brisé d'un amour évanoui contre le miroir étincelant du machisme ? A tout le moins, la concurrence est déloyale. Mais au pays de Rolland et Dorothée, le nôtre, le vôtre, la justice n'existe guère. La "bête écarlate", c'est le meurtre de l'homme par la machine, c'est la folie du monde déguisée en élégance de vie. Tantôt baroque jusqu'au délire, tantôt clinique jusqu'à la chirurgie mentale, Daniel Depland est le peintre impitoyable de cette nouvelle forme d'esclavage : la passion des choses, qui renvoie aux temps préhistoriques l'amour des êtres. La "bête écarlate" règne en maîtresse sur un univers d'animaux en costumes trois-pièces. Daniel Depland, lui, ne sait pas conduire.
Décor naturel : Londres ; décor "théâtral" : Zagreb. D'un côté, Nigel, ancien fossoyeur devenu garde du corps et videur dans un bordel ; de l'autre, Eva, qui dix ans auparavant a quitté Nigel, mariée depuis à Guillaume de Vairan, ancien consul de France à Zagreb nommé attaché culturel à Londres. Aux deux pôles du livre, Nigel et Eva sont semblables à deux aimants qui s'attirent irrésistiblement. Que trouve-t-on entre ces deux pôles et qu'est-ce qui va les rapprocher malgré eux ? Du côté de Nigel, le milieu interlope des maisons closes où se mêlent des dissidents yougoslaves ; du côté d'Eva, le milieu diplomatique où se mêlent les mêmes dissidents yougoslaves. C'est ainsi qu'un monde d'exilés à deux faces devient le moteur (comme la fatalité en marche) qui rendra inévitable leurs retrouvailles. Comme une longue partie de cartes dont les règles s'inventent au fur et à mesure de son déroulement - avec, pour jokers, une prophétie et un faucon en diamants - toute l'action du livre est donc prise sous l'ombre du serrurier de Zagreb, détenteur des clés de chaque destinée...
Ce livre fut écrit au jour le jour. Il a duré le temps de l'amour qu'il dit, qui est le temps où cet amour valait d'être dit. Il a commencé comme lui, dans l'émerveillement, il a fini comme lui dans le désabusement. Entre les deux, une vieille histoire : celle du bonheur sans cesse invoqué, sans cesse atermoyé, et en filigrane sa décomposition, mot à mot, puis de geste en geste. Ç'aurait pu être un journal de bord, au bord d'une Absence annoncée. Mais en amour - passion oblige - me quittent mon regard " clinique ", mes envies de lucidité. En somme, j'ai de la tendresse pour mes égarements, et j'en ai pour les " égarantes ". Après tout, c'est déjà bien assez que dans mes écritures qui parlent de la société en général au lieu de parler de la Femme en particulier, je ne puisse m'empêcher d'être impitoyable plus souvent qu'indulgent. Nous, amants au bonheur ne croyant... n'est donc pas un livre qui désespère de l'amour. C'en est un qui, pour désespérer de l'amour heureux, n'en sait peut-être pas moins, même confusément, pourquoi sa vraie grandeur, à l'amour, secrète, inexplicable, c'est de ne l'être pas, heureux, mais surtout de ne point vouloir à tout prix l'être.
Donc, jadis, je suis allé vers les mots pour leur odeur, leur chair et pour le bruit très érotique qu'émettaient leurs enjambées sur les pages de tel livre, sur les lèvres de telle bouche. Donc, j'ai commencé à écrire d'instinct ce que ma conscience espérait pour son agrandissement et mon esprit pour sa libération. Donc, ce donc est l'autre nom que je donne au rythme qui m'a mis dans l'impérieuse nécessité de faire oeuvre littéraire des mouvements les plus intimes de ma vie organique. Donc, c'est ainsi que mon corps a écrit ce qu'il a écrit à la température des sensations et des désirs que lui inspirait sa relation amoureuse ou polémique avec les fondements de l'être, selon que cet être puisait l'essentiel de sa respiration dans un souffle d'avant le cadastre ou selon qu'il l'abandonnait à la mécanique des inhalations de concepts. Donc, ce livre fait monter le son d'une existence passée à rendre sa musique familière à l'obscur tonnerre du dernier des crescendos, celui-là même qui a sans doute manqué au Boléro de Ravel pour être assourdissant tout en demeurant indiciblement mélodieux. Donc. Marcel Moreau Biographie de l'auteur Né en 1933 en Belgique, Marcel Moreau a construit une oeuvre majeure dont quatre grands titres, Quintes, L'Ivre Livre, Le Sacre de la femme et Discours contre les entraves, ont récemment été réédités. Dans Des hallalis dans les alléluias, l'auteur se soumet à une bouleversante et ultime interview avec la femme de son dernier souffle...