Dans ce petit livre, Philippe Denis a réuni les poèmes que lui ont inspiré sa fréquentation, depuis les années 70 des poètes japonais réunis dans les quatre volumes de la célèbre anthologie de Haiku publiée en 1949-52 aux Etats-Unis par R. H. Blyth. N'ayant pas accès à la langue d'origine, l'auteur avoue humblement que "traduire une traduction c'est à peu près emprunter la canne d'un aveugle pour saisir ce qu'il ne peut voir" , d'où le titre, Inventions, qui dit à quel point ces textes - qui sont à l'origine des haiku de Matsuo Nachô, de Yosa Buson, de Kobaiashi Issa, et, pour les Notes sur des pivoines de Masoka Shiki -, ont été réinventés par Philippe Denis avec tout l'art qui est né de sa pratique personnelle de la poésie. Les poètes japonais du Haïku sont des maîtres dans l'art de "la saisie de l'instant dans son intégralité et dans son imperceptibilité, sans aucune fioriture" . C'est donc bien parce que, comme l'écrit Florian Rodari, Philippe Denis n'a lui-même jamais cessé de recueillir au vol et sans impatience les innombrables aspects du réel pour les distiller ensuite dans le confinement de la chambre "comme une eau qui soit enfin de vie" , qu'il a pu ainsi acquérir la précision du regard et la concision verbale qui lui permettent de nous offrir aujourd'hui, par delà l'ignorance de la langue de départ, ces poèmes de ses auteurs de chevet, comme autant de "pures merveilles" : Allume la bougie, je te montrerai pure merveille, une poignée de neige !
Nombre de pages
85
Date de parution
19/03/2021
Poids
96g
Largeur
117mm
Plus d'informations
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EAN
9782358731607
Titre
Inventions. Suivi de Notes sur des pivoines
Auteur
Denis Philippe
Editeur
BRUIT DU TEMPS
Largeur
117
Poids
96
Date de parution
20210319
Nombre de pages
85,00 €
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Pourquoi certains secteurs des Eglises rwandaises ont-ils adopté une attitude ambiguë face au génocide des Tutsi en 1994 qui a coûté la vie à près d'un million de personnes ? Quelle part de responsabilité portent-elles dans ce gigantesque et effroyable massacre ? Comment ont-elles géré ensuite la mémoire du génocide ? En explorant ces questions pour la première fois en profondeur, ce livre révèle plus de diversité au sein des Eglises qu'on ne le reconnait généralement. Certains chrétiens ont pris des risques pour sauver des vies ; d'autres ont adopté sans réserve le point de vue du gouvernement intérimaire selon lequel les Tutsi étaient des ennemis du peuple, certains prêtres fournissant même une assistance aux assassins. Philippe Denis examine l'attitude de l'Eglise catholique, la plus importante et la plus complexe, et de l'Eglise presbytérienne, qui demandèrent publiquement pardon en décembre 1996 pour son silence durant le génocide. L'auteur propose une étude de cas sur le prêtre catholique français Gabriel Maindron, curé d'une paroisse de l'ouest du Rwanda, que les rescapés du génocide ont accusé ne pas avoir utilisé l'autorité morale dont il bénéficiait auprès des responsables et de certains des tueurs pour tenter d'arrêter les massacres. Les relations entre l'Eglise et l'Etat, très tendues sans qu'on puisse cependant parler de persécution, se sont progressivement apaisées, surtout après le synode de l'Eglise catholique préparatoire à la célébration du Jubilé de l'an 2000. Il reste que la mémoire du génocide des Tutsi demeure douloureuse et controversée dans les Eglises comme dans le reste de la société rwandaise.
Philippe Denis, poète et traducteur, est né en 1947. Ses premiers livres paraissent au Mercure de France: Cahier d'ombres (1974), Eglogues (1986), Divertimenti (1991). II édite parallèlement des livres d'artiste illustrés par Miro, Gisèle Celan Lestrange, Tal Coat, Jacques Capdeville. Demozay... Depuis Notes lentes, paru en 1996, ses principaux recueils sont publiés par les éditions La Dogana: Nugae, avant-propos de Yves Bonnefoy, en 2003, Alimentation générale, suivi de Maintenance, et Sur une hauteur obstinée, en 2010.
Les Mémoires poétiques d'Ukyô no Daibu (1152-1235), dame d'honneur de l'impératrice Kenreimon-in, pour la première fois traduits en français, sont la mise en forme qu'elle effectua à la fin de sa vie de ce qu'elle considérait comme le meilleur, le plus représentatif, le plus émouvant, de sa production poétique (on y compte pas moins de 359 waka) et de ses mémoires. "Ici, j'ai simplement noté pour mon usage personnel, au moment où je les revivais en mon coeur et telles qu'elles me revenaient en mémoire, les choses que je trouvais touchantes, tristes, ou qui pour une raison indéfinissable me semblaient difficiles à oublier." Ukyô no Daibu, Mémoires poétiques, 1233.
Je n'ai pas envie de parler de moi, mais d'épier les pas du siècle, le bruit et la germination du temps..." Même s'il s'en défend, avec Le Bruit du temps, publié en 1925 et rédigé en Crimée dès 1923, Mandelstam signe son livre le plus autobiogaphique et donc la meilleure introduction qui soit à son oeuvre. Il y évoque le Pétersbourg d'avant la révolution et sa formation de poète: de la bibliothèque (russe et juive) de son enfance à l'étonnant professeur de lettres, V. V. Gippius, qui lui a enseigné et transmis la "rage littéraire". Mais le livre est aussi une éblouissante prose de poète, qui annonce Le Timbre égyptien. Une prose où le monde sonore du temps (concerts publics, mais aussi intonations d'acteurs, chuintements de la langue russe) constitue la base du récit, une prose qui jaillit d'un regard à travers lequel le monde semble vu pour la première fois, avec une étonnante intensité. Mandelstam compose ainsi une suite de tableaux d'une exposition sur la préhistoire de la révolution. Le livre s'achève au présent sous une chape d'hiver et de nuit ("le terrible édifice de l'Etat est comme un poële d'où s'exhale de la glace"), face à quoi la littérature apparaît "parée d'un je ne sais quoi de seigneurial" dont Mandelstam affirme crânement, à contre-courant, qu'il n'y a aucune raison d'avoir honte ni de se sentir coupable. Pourquoi traduire une nouvelle fois Le Bruit du temps alors qu'il existe déjà deux traductions en français, l'une, médiocre, dans une anthologie de proses de Mandelstam intitulée La Rage littéraire chez Gallimard, jamais rééditée; l'autre, extrêmement précise, par Edith Scherer, à L'Age d'homme, reprise dans la collection "Titres" chez Christian Bourgois? Sans doute parce qu'il fallait faire appel à un poète pour donner à entendre dans une langue d'une grande richesse, la musique et l'éclat si particuliers de cette prose. Nous avons commandé cette traduction nouvelle à Jean-Claude Schneider, admiré de poètes allemands comme Hölderlin, Trakl, Bobrowski, qui avait déjà traduit de Mandelstam, à La Dogana, des poèmes de Simple promesse et surtout le magnifique Entretien sur Dante, précédé de La Pelisse.
II est terrible de penser que notre vie est un roman, sans intrigue et sans héros, fait de vide et de verre, du chaud balbutiement des seules digressions et du délire de l'influenza pétersbourgeoise. L'Aurore aux doigts de rose a cassé ses crayons de couleur. Ils gisent aujourd'hui comme de jeunes oiseaux, avec des becs béants et vides. Cependant, tout absolument me semble contenir les arrhes de mon délire favori en prose."